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La réalité de la recherche (argumentaires)

le 10 février 2004

A. Dotations des laboratoires :

1. En 2002-2003, les sommes allouées aux laboratoires de recherche ont chuté de :
- 33.8 % pour le CNRS
- 28.2 % pour l’INSERM
- 26.3 % pour l’INRA
(Source : Le Monde)

2. Le budget alloué par le Ministère de la Recherche en 2004 est en augmentation de 3.9 %. Effectivement, mais ce calcul est effectué sur le budget 2003 amputé des crédits non versés après annulation. Par rapport à la loi de finance initiale de 2003, il s’agit d’un budget en forte diminution. Dans les laboratoires, les dotations réellement allouées cette année sont en recul de 18 à 80 % selon les cas, et si l’on cumule les annulations de crédits des deux dernières années, il manque alors environ 618 millions d’euros pour atteindre en 2004 le budget de la Recherche de 2002.
Les laboratoires qui pouvaient le faire ont puisé largement dans les autres financements (associations caritatives, privés) pour combler les sommes gelées en 2002-2003. De nombreux équipements, indispensables à une recherche compétitive, et pour lesquels un co-financement de la Région, du Conseil Général, etc.. a été obtenu, ont dû être différés sine die, faute de co-financement sur crédit de Recherche.

3. Effectivement, la France investit 1% de son PIB à la Recherche, ce qui la place en tête des pays industrialisés (à égalité avec les USA, et en avance par rapport aux pays européens)

MAIS
Ce calcul est totalement biaisé pour les raisons suivantes :

- a) contrairement aux USA et en Europe, ce budget de la Recherche publique ne recouvre pas seulement la Recherche Publique Civile (RPC) mais inclut aussi les Grands Programmes Technologiques que sont le nucléaire civil (énergie), l’aérospatiale et l’aéronautique (transports). Aux USA, la NSF et le NIH ne financent que la RPC.
- b) contrairement aux USA et en Europe, le salaire des chercheurs est prélevé sur le budget de la Recherche (ce qui représente 70-80% du budget alloué aux EPST), alors qu’aux USA, la grande majorité des chercheurs sont universitaires et donc leur salaire principal provient du budget de l’Education pour les Universités d’Etats ou du budget propre des Universités privées.
- c) contrairement aux USA et en Europe, l’état finance les jeunes entreprises (start-up,...)., dans un but louable de valorisation de la Recherche, sur le même budget de la Recherche.
- d) contrairement aux USA et en Europe, 30% du Budget Civil de la Recherche et Développement vont à d’autres Ministères pour l’emploi, le plan, la justice, l’environnement,.... Une partie est même versée à l’Anvar.

Bilan : le budget public alloué à la Recherche Française, calculé sur des bases internationales, n’est plus de 1% mais est estimé à 0.5-0.6% du PIB. Nous devrions donc doubler ce budget pour égaler nos compétiteurs internationaux.

4. En plus des finances publiques, nos compétiteurs américains bénéficient des crédits d’impôts consentis au secteur privé ou aux fondations. On peut estimer le montant total de ces crédits - qui correspondent de fait à un effort public de la nation - à 0.3 à 0.4% du PIB américain.

B. Emplois :

1. 550 postes de chercheurs (1/3) et ingénieurs/Techniciens (2/3) ont été supprimés cette année. Sur les 5000 postes de fonctionnaires supprimés en 2004, cela représente 10% des postes annulés alors que la Recherche Publique n’emploie que 1% du nombre total de fonctionnaires. La Recherche n’est donc prioritaire que pour supprimer des postes !
En 2002, 95 postes de chercheurs étaient proposés au Concours Inserm ; 30 en 2004. Lorsque sur 100 candidats, 10 sont excellents et qu’un seul poste est à pourvoir, les critères de sélection sont impossibles.
Cette politique ferme totalement la porte aux jeunes chercheurs talentueux que nos laboratoires ont formés et envoyés aux USA parfaire leur formation et en fait participer activement au développement de la Recherche Publique et Privée Américaine. C’est un investissement lourd (depuis le premier cycle) dont nous ne verrons pas les dividendes.

2. La dégradation des conditions de Recherche (non-attractivité des salaires, quasi-absence de postes et budgets en régression ainsi que le peu de débouchés dans le privé) démotive les jeunes à s’engager vers la recherche (voir graphes en annexe pour l’UNSA des effectifs étudiants en Sciences et des locaux attribués à la Recherche).

La réforme de l’enseignement supérieur en LMD est en soi excellente car elle permettra à nos Universités de s’aligner sur l’Europe et les USA. Le diplôme de Master sera reconnu partout. Les chercheurs soutiennent ce projet. Pour cela, les laboratoires doivent accueillir des étudiants en première et deuxième année de Master pour des stages de 6 à 8 mois. Si les laboratoires n’ont plus les moyens de fonctionner pour leurs projets prioritaires, ce qui est largement le cas aujourd’hui, il sera impossible aux responsables d’équipes d’accueillir ces jeunes étudiants dans des conditions correctes.

A l’Université de Nice Sophia Antipolis, nous estimons que 150 étudiants seront inscrits l’an prochain dans le Master nouvelle formule. Il faudrait en théorie 150 équipes prêtes à les accueillir. Si les conditions actuelles ne changent pas de toute urgence, ce sera impossible.

Résultats prévisibles : nos jeunes français motivés iront dans les universités européennes plus attractives et nous nous engagerons résolument sur la voie du déclin.