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La ministre et le triste CIR

le 1er octobre 2010

La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche revient comme chaque automne pour son numéro de prestidigitation budgétaire. Alors que l’OCDE ne voit aucun effort budgétaire de notre pays en matière de recherche depuis son arrivée au ministère, elle continue à faire croire que des milliards se déversent sur notre activité. La première année nous avions eu droit au transfert des retraites de son personnel dans le budget de son ministère, auparavant alloué au ministère de la fonction publique, jeu à somme nulle permettant de gonfler un budget sous les projecteurs sans rien débourser de plus au final. Cette année nous avons droit à la métamorphose d’un emprunt en un crédit, à savoir les partenariats-public-privé qu’il faut immédiatement commencer à rembourser. Ce mauvais calcul ajouté à celui du Grand Emprunt qui emprunte ici pour placer là et promet de distribuer une différence aléatoirement positive, emmène notre pays vers la mésaventure qu’a connue la Grèce. Après moi le déluge. Seul vrai effort financier, le Crédit Impôt Recherche, pour lequel la ministre choisit la « stabilité du dispositif jusqu’en 2013 (sic) pour que l’impact de la réforme 2008 sur la R&D des entreprises puisse être évalué dans de bonnes conditions ». La Cour des Comptes, qui voit dans le CIR une colossale niche fiscale à l’efficacité douteuse, appréciera la disqualitification implicite de son travail et de celui des trois rapports parlementaires concluant dans le même sens.

Tout cela serait risible si les grands perdants de l’histoire n’étaient nos jeunes docteurs : la ministre exalte la revalorisation des carrières de nos métiers en omettant soigneusement de rappeler que son ministère ne crée aucun emploi. Mais qu’importe, du moment qu’on aligne de grands chiffres. L’année prochaine nous aurons certainement une grille indiciaire mirifique, pour des fonctions qui n’existent pas. Plus c’est gros, plus ça marche.