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Europe : l’automne 2010 est venteux (M. à Jour)

Par Marie-Pierre Gaviano, le 10 novembre 2010

Actualisé le 27 novembre 2010. Un autre article prend le relais de la chronique au 1er décembre : Europe : après les bourrasques, la tempête (m. à jour)

Autriche —Les étudiants viennois ont réoccupé l’Audimax (le grand amphi de l’université de Vienne) le 24 octobre (évacuation le lendemain) et une manifestation (soutenue par les présidents d’université) contre les coupes budgétaires a réuni le 19 octobre des dizaines de milliers de personnes.

Grèce —La réforme des universités suscite le rejet de l’ensemble de la communauté académique. Plusieurs universités ont été occupées pendant la dernière semaine d’octobre et des heurts avec la police ont eu lieu en Crète. La Conférence des présidents d’université considère que la réforme gouvernementale est « inconstitutionnelle »

Bulgarie —Depuis le 1er novembre, d’importantes manifestations étudiantes, soutenues par les présidents d’université et les enseignants s’opposent aux réductions budgétaires des universités publiques

Italie —La réforme Gelmini (pour l’historique voir iciet ici) a été approuvée par le Sénat malgré d’importantes manifestations et le blocage des enseignements (60% des « chercheurs », refusent désormais d’assurer les enseignements auxquels ils ne sont pas tenus). Début novembre, la Ministre de l’Education Gelmini a annoncé la suppression de 90% du montant des bourses d’études.

Manifestation à Dublin le 3 novembre 2010Irlande — Hausse des droits d’inscription (+3000€) et coupes budgétaires. Le 3 novembre les étudiants irlandais sont descendus en masse dans la rue, la police n’a pas été tendre (vidéo ici).

Royaume-Uni (ici les articles du Guardian pour la crise universitaire de ces derniers mois) — Mercredi 10 novembre, les étudiants britanniques, soutenus par les personnels des universités défileront dans ce qui, s’annonce selon le Times Higher Education comme la manifestation la plus importante de ces dernières décennies. Ils s’insurgent contre les coupes budgétaires et la décision prise il y a quelque jours par le gouvernement d’augmenter les droits d’inscription (entre 6000 et, pour les universités les plus cotées, 9000£). (1)

Le 17 novembre 2010, ce sera l’"International Students’ Day", noyau de la Global Wave of Action for Education. A l’automne dernier, l’International Student day a cristallisé les mouvements universitaires nationaux (qui se succèdent sans discontinuer depuis plusieurs années, synthèse ici) en particulier le vent de révolte qui a secoué les universités autrichiennes et allemandes pendant plusieurs mois (voir ici et ici).

Il n’est pas exclu qu’il en soit de même cette année.

Notes (1) Actualisation le 10 novembre à 20h20 : selon la BBC, la manifestation a effectivement rassemblé beaucoup de monde (50 000 d’après les organisateurs) et des manifestants se sont introduits au siège du Parti conservateur.


Mise à jour du 17 novembre

C’est en Italie que la célébration de l’International Student Day a été la plus spectaculaire. Selon La Repubblica, le « jour du droit aux études » s’est placé sous le signe des étudiants morts pour leurs convictions (en 1939 à Prague, en 1973 à Athènes). Dans plus de 70 villes, 200 000 jeunes, soutenus par des enseignants et des présidents d’université sont descendus dans la rue. Slogan : « Reprenons notre avenir ». Ils clament leur solidarité avec les étudiants français qui ont battu le pavé contre la réforme des retraite et les 50 000 étudiants qui ont défilé à Londres le 10 novembre. Ecoles supérieures et universités sont occupées à Gênes, Turin, Catane etc. Heurts avec la police notamment à Rome où, bravant l’interdiction, le cortège s’est approché de la chambre des députés où la loi Gelmini, votée au Sénat, est en discussion. Les fonds que le Ministre des Fiances Tremonti renonce à supprimer iront uniquement aux universités privées.

Video : à Padoue les étudiants bloquent la circulation (cliquer ici si la vidéo ne s’affiche pas

En Grèce, l’International Student Day coïncide avec l’anniversaire de la révolte qui sonna le glas de la dictature des colonels en 1973. Lala manifestation a réuni 17 000 personnes environ (Reuters). 7000 policiers en tenue anti-émeutes et des affrontements.

En Angleterre, une autre manifestation est prévue pour le 24 novembre. Entre temps, les universités de Manchester et du Sussex ont été occupées. Un rassemblement de soutien aura lieu jeudi 18 novembre à 18h à Paris devant la Sorbonne.

En Allemagne, manifestations à Münich, Ratisbonne (l’université doit économiser 3,7 millions d’euros et 600 séminaires pourraient être supprimés et Würzbourg

Les étudiants autrichiens se concentrent sur le 19 et 27 novembre, où ils manifesteront contre les coupes affectant aussi bien les universités que les familles


Actualisation au 20 novembre

- Pour un autre compte-rendu du mouvement en Italie, voir aussi le site de Papera, et pour des informations détaillées (en italien), celui de l’ANDU
- Au Portugal, 7000 étudiants ont manifesté devant le Parlement, demandant être reçus par les députés.
- Hors Europe, clash à l’université de Californie entre la police et les étudiants protestant contre les droits d’inscription. Une vidéo :


Mise à jour du 24 novembre

Royaume Uni : Selon The GuardianLa journée d’action semble avoir réuni moins de monde mais les lycéens se sont joints aux étudiants et personnels des universités. Violents heurts avec la police (qui a chargé à cheval) et de nombreuses universités occupées. En video : les étudiants occupent le Sénat de l’Université de Cambridge (cliquer ici

Voir aussi en français ici

Italie : le mouvement de révolte s’intensifie, à la suite du coup d’accélérateur donné par le gouvernement à la discussion devant la Chambre des députés (syndicats et associations dénoncent un coup d’état].

Selon La Repubblica du 23 novembre, l’écrasante majorité des universités sont en ébullition, de même que 200 instituts d’enseignement supérieur. Plusieurs universités (Palerme, Florence, Pise…) et de nombreux lycées sont occupés ; à Bologne plusieurs facultés sont arrêtées. La gare de Turin a été bloquée. Ailleurs les "chercheurs" (personnels précaires situés au bas de la hiérarchie universitaire, indispensables à l’enseignement qui assurent souvent gratuitement, et particulièrement visés par la réforme Gelmini) se sont installés sur les toits des bâtiments).

A Rome, le 24 novembre, des manifestants ont réussi à pénétrer dans le Palazzo Madama (siège du Sénat) et ont lancé des oeufs aux cris de "Démission ! Démission !" Video de l’irruption dans le Sénat (cliquer ici si la vidéo ne s’affiche pas

Voir aussi en Français ici


Mise à jour du 25 novembre

C’est le moment qu’ont choisi les étudiants autrichiens pour annoncer la version anglaise du film consacré à leur révolte de l’année dernière. Il s’appelle désormais "The Edukators 2.0. The Days of Ignorance are Numbered". Voici la bande-annonce (cliquer ici si la vidéo ne s’affiche pas).
Tandis que les étudiants italiens occupent la tour de Pise (cliquer ici si la vidéo ne s’affiche pas), ainsi que le Colisée, l’église Saint Antoine de Padoue (l’une des plus célèbres d’Italie) et d’autres monuments symboles, comme l’indique la la Repubblica qui en fait sa Une (pour le détail par ville, photos et video voir ici. La circulation est bloquée dans les rues et les gares, et de nombreuses facultés ou présidences toujours occupées. Et c’est efficace : la Chambre des députés (où la loi Gelmini est en discussion) a voté des amendements qui modifient profondément l’équilibre du texte et mettent en échec le gouvernement. Pendant ce temps les étudiants anglais continuent d’occuper plusieurs universités et annoncent une nouvelle journée d’action globale pour mardi prochain

Mise à jour du 27 novembre

Italie — La presse internationale (en France et en Angleterre par exemple) a répercuté très largement le succès des manifestations d’hier, et les journaux nationaux reviennent en détail sur les enjeux de la réforme Gelmini.Selon La RepubblicaL’opération "Monuments historiques" se poursuit. C’était aujourd’hui, le tour de San Marco à Venise et du campanile de la cathédrale à Messine. Le premier Ministre en visite à Naples est conspué par les manifestants, à Gênes la gare est brièvement bloquée, ailleurs c’est la circulation automobile. A la Sapienza de Rome, l’année universitaire a été reportée. Nombreuses universités toujours occupées.

Royaume-Uni — Une dizaine d’universités toujours occupées en attendant la prochaine grande manifestation. L’intensité du mouvement et sa nature nouvelle inquiète la police et secoue fortement la classe politique : le leader travailliste annonce qu’il soutient la révolte et celui des Lib-dem que son parti (dans la coalition au pouvoir) pourrait ne pas voter l’augmentation des droits d’inscription. La polémique se développe sur la charge à cheval des forces de l’ordre le 24 novembre (The Guardian avec video)

Allemagne— Les Allemands entrent dans le mouvement en ordre dispersé : après la Bavière puis Wurzbourg il y a quelque jours, c’est au tour de Berlin où, selon le Tagespiegel une manifestation d’étudiants et de lycéens a été interrompue par la police. Les forces de l’ordre semblent redouter une évolution à l’anglaise ou à l’italienne.

Autriche — Vienne s’attend à une démonstration de force demain des étudiants associés aux lycéens et aux familles contre les coupes qui affectent l’ensemble de l’éducation aussi bien que les subventions familiales. La police est sur le pied de guerre, prévoyant la plus grande manifestation de l’année en cours et redoutant que le chaos ne s’installe en ce samedi qui marque traditionnellement à Vienne le coup d’envoi des achats de Noël (OE24.at).

Un autre article prend le relais de la chronique au 1er décembre : Europe : après les bourrasques, la tempête (m. à jour)