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La CPU humiliée par le MEDEF

le 25 novembre 2010

La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) vient de signer une convention avec le Medef, qui, avec humour et franchise, s’y définit ainsi : une organisation qui « en toute transparence, mène une action permanente de lobbying auprès de l’ensemble des décideurs (…) afin de faire valoir le point de vue de l’entreprise »

Sur la gouvernance : on lit ceci :`

"La participation de représentants d’entreprises aux conseils des universités et dans les conseils de composantes est prévue par les textes.

Cette participation s’étend également aux conseils de perfectionnement, aux conseils d’orientation stratégique et aux conseils d’administration des fondations (universitaires ou partenariales)

Ainsi, parmi les personnalités extérieures, les représentants des entreprises participent aux décisions stratégiques des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Ceci permet aux universités de bénéficier de l’expérience de stratégie, de gestion et de management des responsables d’entreprises et aux responsables d’entreprises de mieux connaître le monde universitaire.

Cette connaissance mutuelle au sein des instances de gouvernance universitaire est également un gage de réussite dans les projets collaboratifs d’adaptation de la formation et de valorisation de la recherche. Elle correspond également aux enjeux de développement économique et de stratégie internationale des universités.

Les parties mutualiseront les expériences dans ce domaine (recensement des conventions en région, annuaire des membres des conseils d’administration des universités ou des conseils de leurs composantes, rencontres régulières entre eux et avec les responsables universitaires, guide des bonnes pratiques, actions communes de communication)."

Sans aller jusqu’à réclamer la participation d’universitaires aux conseils d’administration des entreprises (la collaboration est décidément chose étrange), ni exiger la publication du numéro de portable de Laurence Parisot (un lobbying bien conçu fonctionne dans un seul sens), la CPU disposait d’arguments pour récuser les bénéfices supposés de l’ingérence des entreprises dans les universités.

Le Québec vient en effet de faire le bilan de la gouvernance entrepreneuriale dans la vie universitaire, dans une étude « La gouvernance des universités dans l’économie du savoir" : publiée par l’Institut de Recherche et d’Informations socio-économiques (IRIS)

Et la conclusion de ce rapport est sans appel :

"Les avantages économiques que tirent les universités de ce qu’on appelle la « bonne gouvernance » sont loin de correspondre aux promesses de ses promoteurs. La transposition en milieu universitaire de la gouvernance entrepreneuriale ne conduit aucunement à alléger les dépenses liées à la bureaucratie. Au contraire, la gouvernance et ses normes d’efficience économique provenant du secteur privé nécessitent la mise en place de nouveaux et onéreux outils d’évaluation, mesures de contrôle et mesures statistiques, qui ajoutent aux processus bureaucratiques."

Il est vrai que l’ingénieux budget de l’enseignement supérieur et de la recherche présenté par Valérie Pécresse (voir L’illusion par excellence : entre 2007 et 2011, la croissance budgétaire réelle a été négative, Après le rapport de « Terra Nova », personne n’aura le droit d’affirmer que le financement de l’ES-R a augmenté d’un seul kopek depuis 2007 et Le budget de la recherche débuggé) ainsi que le critère des financements privés pour espérer gagner au loto des Initiatives d’excellence, ne laisse guère aux présidents d’université le choix de la fierté.

Il est vrai aussi qu’à la différence des établissements français, les universités québecquoises n’ont pu « bénéficier de l’expérience de stratégie, de gestion et de management » déployée au Collège de France par Patrice de Maistre, Trésorier- Directeur de la Fondation Bettencourt ainsi que membre en 2008 du Conseil d’administration de la Fondation de France.

CA de la Fondation de France (2008)

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Communiqué de la Fondation de France (Collège de France)