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En route vers l’Université de Lorraine (Episode 2) !

le 9 février 2011

Le 25 Janvier 2011, les CA des quatre universités lorraines ont entériné la fusion de celles-ci et adopté le projet de décret de création (voir document ci-joint). Les résultats des votes sont sans appel :

  • UHP-Nancy I : 27 pour, 2 abstentions, 2 contre
  • Nancy 2 : 18 pour, 5 abstentions, 4 contre
  • INPL : 25 pour, 3 abstentions, 1 contre
  • UPV- Metz : 22 pour, 1 abstentions, 6 refus de vote.

A Metz, les élus syndiqués ont carrément refusé de voter devant le coup de force tenté et réussi par le président Luc Johann qui a consisté à réunir en une seule les deux questions de la fusion et de l’adoption du projet de décret de création, pourtant bien distinctes selon l’ordre du jour (voir document ci-joint), au mépris du respect le plus élémentaire des règlements.

Ce vote marque, il ne faut pas en douter, une date importante dans le paysage universitaire français. En effet, cette fusion est la première à adopter le statut de grand établissement qui fera nécessairement jurisprudence lors de futurs regroupements-restructurations, avec toutes les conséquences désastreuses qui pourront s’ensuivre.

Au premier rang de celles-ci, on trouve des dérogations à la loi LRU allant au-delà des promesses faites par les 4 présidents des universités concernées. Tout d’abord, la représentation des personnels au sein du Conseil Scientifique et de l’ex-CEVU éclaté en un Conseil de la Formation et un de la Vie Universitaire marque un net recul par rapport à la LRU :

  • au Conseil Scientifique (article 9), la représentation élue des personnels d’enseignement et de recherche, des ingénieurs de recherche et des étudiants ne sera au minimum que de 50% alors que la LRU prévoit 70% (60% à 80% de représentants des personnels, 10 à 15% de représentants des doctorants).
  • au Conseil de la Formation (article 10) et au Conseil de la Vie Universitaire (article 11) là encore les représentants des personnels et des étudiants ne sont plus que "majoritaires" alors que la LRU impose 85% de représentants au minimum (de 75 à 80 % de représentants des enseignants-chercheurs et enseignants, d’une part, et des étudiants, d’autre part, les représentations de ces deux catégories étant égales et la représentation des personnes bénéficiant de la formation continue étant assurée au sein de la deuxième catégorie et de 10 à 15 % de représentants des personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service).

La composition exacte des conseils relèvera du règlement intérieur décidé et voté par un CA provisoire composé uniquement de membres nommés par les 4 présidents actuels (articles 19 et 20).

On note également le transfert de la validation des règles relatives aux examens aux seuls conseils de collégiums sans aucun contrôle central, contrairement à un engagement des 4 présidents, laissant la porte ouverte à une cacophonie de règles de validation pour des disciplines d’un même secteur disciplinaire mais appartenant à des collégiums différents.

Mais que valent les engagements des 4 présidents ? A un moment, où une certaine inquiétude se propageait parmi les personnels sur les conséquences de la fusion sur l’exercice et les conditions d’exercice de leurs missions, le « G4 » a cru bon de prendre et signer ces engagements (voir document ci joint). Il est difficile de leur accorder le moindre crédit dans la mesure où, à priori, le futur président ne se sentira absolument pas engagé par une signature autre que la sienne ! D’autre part, le troisième engagement n’a aucun sens car il est illégal de vouloir augmenter les frais d’inscription et modifier les conditions d’accès à des diplômes nationaux. A moins que…le plus important soit le non dit et que par là, le « G4 » ne sous entende la requalification (tout aussi illégale) à court terme de certains diplômes nationaux en diplômes d’établissement et/ou ne veuille favoriser la création de nouveaux diplômes d’établissement plus « rentables » tout au moins financièrement, pénalisant ainsi les étudiants les plus modestes.

Quoi qu’il en soit, le dogme qui a prévalu pour arriver à cette fusion et entraîner l’adhésion de tous les acteurs universitaires, socio-économiques, politiques (de tous bords !) locaux, régionaux, nationaux peut se résumer à : « Hors université unique, point de salut ! » et malheur à ceux qui n’entonnent pas ce refrain du politiquement correct ! Mais quelle preuve, quelle démonstration avons-nous que l’avenir, notamment socio-économique, de la Lorraine ne peut se concevoir qu’à travers le mastodonte (tour de Babel ?) en cours de constitution (54 000 étudiants, 3 600 chercheurs, 2 600 doctorants, 8 écoles doctorales et 88 laboratoires de recherche, le tout sur un territoire aussi divers et varié allant de Verdun à Sarreguemines et de Longwy à Epinal, soit en gros 20 000 km2 très sérieusement dénommé « Région Campus ») ? …Visiblement, en l’espèce, cela relève surtout de la déclaration de foi (oui, je crois, tu crois, il croit, nous croyons…) ou de la bonne vieille méthode Coué, au choix !

On peut tout espérer de cette fusion, mais on peut aussi tout craindre et les récentes (r)évolutions opérées à marche forcée dans l’ESR par la ministre V. Pécresse n’incitent pas à l’optimisme !