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« L’indécence » de Madame sans-gêne

Par Henri Audier, le 9 février 2011

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Après la déclaration de la CPU (Conférence des Présidents d’Université) signalée dans un précédent article, Madame Pécresse a, paraît-il, été profondément choquée, au point de déclarer à Public Sénat : « c’est indécent de la part des universités, dans une période de crise économique, alors qu’elles vont recevoir 22 milliards d’euros du grand emprunt national (…), de se plaindre. »

Indécente la CPU, elle qui fut longtemps un grand soutien de la ministre ! Ingratitude pécressienne, qui va jusqu’à utiliser de mesquins subterfuges pour discréditer le propos de la CPU : elle n’aurait même pas compris qu’il y avait le Grand emprunt ! Pourtant, celle-ci n’avait-elle pas répondu par avance en déclarant : « Seule une vraie dynamique de croissance continue et significative des moyens peut tenir lieu d’investissement d’avenir et faire entrer notre pays dans la société et l’économie de la connaissance. Assurer des moyens récurrents à la hauteur des besoins est un préalable à l’octroi de moyens exceptionnels via le Grand Emprunt pour soutenir des pôles d’excellence ».

Les langues se délient : plusieurs présidents d’université ont expliqué à la presse que le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) s’est fait, comme pour les collectivités locales, en sous-estimant le coût pour les universités des compétences transférées, notamment en ce qui concerne le paiement des personnels. Cerise sur le gâteau, même le très consensuel Axel Kahn, Président de Paris-Descartes et responsable de la CPU pour la recherche, parle d’« une diminution claire des moyens », parce que la hausse de 1,5% des crédits de son université sera, selon lui, inférieure à l’inflation, et parce que « les crédits [en provenance du CNRS ou de l’INSERM] des laboratoires sont en baisse de 12% à 14% ». Car le financement porté par les organismes va très majoritairement vers les universités au travers de leurs unités mixtes de recherche (UMR) ou vers des appareillages utiles à tous.

Mais nonobstant, madame sans-gêne continue de professer, comme si de rien n’était, que « le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche a augmenté de 22 % depuis 2007 », en se basant sur un grand classique de la com’ : un mensonge répété vingt fois devient vérité, dès lors que les médias s’emploient à le relayer autant que de besoin.

C’est avec le même caractère péremptoire, le même aplomb et surtout la même véracité du propos, qu’elle peut affirmer (voir la vidéo sur Youtube) : « Facebook n’existait pas il y a un an ».

Aussi publié sur le blog d’Henri Audier