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La RGPP menace la recherche comme les autres services publics.

le 21 février 2011

Des informations convergentes montrent que conformément à la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), la direction du CNRS a décidé de "dégraisser" ses délégations régionales, c’est-à-dire les services administratifs qui travaillent au quotidien avec les laboratoires. La preuve en est qu’un audit a été réalisé récemment dans certaines délégations par l’IGAER (Inspection générale de l’administration de l’Education Nationale et de la Recherche). Conséquence, la direction du CNRS dispose désormais pour ces délégations des résultats d’une enquête personnalisée avec "description de l’utilisation du potentiel en ressources humaines de l’établissement sur les principales fonctions supports" (qui concernent la gestion des ressources humaines, la gestion financière, le système d’information, les achats et le patrimoine). Des emplois "supprimables associés" ont ainsi été identifiés afin de mettre en œuvre leur externalisation.

L’externalisation/précarisation est donc en marche au CNRS, tout comme dans les autres services publics : l’organisme doit se séparer des postes qui ne sont pas au "cœur du métier". L’objectif est de fermer complètement certaines délégations ou, pour d’autres, d’en réduire les effectifs, en prenant pour guide la carte des futurs IDEX. Les personnels touchés seront affectés qui dans d’autres services du CNRS, qui dans d’autres administrations (universités ou même dans des secteurs qui ne relèvent pas de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche). Il fait peu de doute que se préparent à court terme des mobilités forcées des personnels des délégations régionales. On peut d’ores et déjà prévoir que ce sera ensuite le tour des personnels affectés au sein des laboratoires : tous les fonctionnaires peuvent être directement concernés par la RGPP.

L’objectif officiel de la RGPP est de « décloisonner les administrations et de les réorganiser en fonction des priorités de l’État et des attentes des usagers  ». Concrètement, cette opération décidée en 2007 est l’un des outils utilisés pour réduire les dépenses de l’Etat. En fait, par ce biais, le but est de diminuer de façon drastique le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas la moitié des départs à la retraite, mais aussi de réduire l’impact négatif de ces baisses d’effectifs en obligeant des fonctionnaires à changer de poste afin de "boucher les trous" créés par les réductions de personnels. Tel est, de fait, le véritable sens de la formule "réorganiser les administrations en fonction des priorités de l’État". La troisième proposition "réorganiser les administrations en fonction des attentes des usagers" est un habillage mensonger. Qui peut croire que les élèves et leurs parents souhaitent une réduction du nombre de professeurs et de surveillants, et leur remplacement par quelques policiers mobilisés à la sortie des collèges ? Les récents mouvements sociaux dans ces secteurs prouvent le contraire.

Peu à peu, la RGPP touche tous les secteurs des services publics et, peu à peu, tous les services publics font entendre leur protestation et crient à l’étranglement. Dernier exemple en date (février 2011), les fonctionnaires de la justice exaspérés de se voir accuser d’inefficacité par le Président de la République, celui-là même qui ne leur donne pas les moyens de faire appliquer les décisions de justice prononcées tout en affichant sa volonté de répondre aux « attentes des usagers ». Qu’on ne s’y trompe pas : réduire le nombre d’infirmières dans les hôpitaux, le nombre de professeurs dans les collèges, fermer des tribunaux, fusionner l’ANPE et l’Assedic, etc., tout cela n’allégera le budget de quelques ministères qu’en diminuant fortement la qualité des services publics. Ceux qui affaiblissent et bouleversent ces services critiqueront ensuite leur qualité (comme ils l’ont fait pour la justice), et plaideront pour encore plus de mesures de "modernisation et rationalisation" supplémentaires. "Rationalisation" dans la langue de la RGPP signifie en fait l’augmentation des profits des sociétés privées qui fournissent du personnel temporaire précaire pour assurer des fonctions indispensables mais externalisées. Caractéristiques de ce personnel, il est précaire, mal payé et bénéficie d’un faible niveau de protection professionnelle et sociale. Dans la recherche comme dans les autres secteurs, la RGPP n’aboutira pas à améliorer le fonctionnement des services publics ni la condition de ses personnels. Elle affaiblira les premiers et dégradera les seconds.

Note : n’hésitez pas à réagir à ces informations, à les compléter par celles que vous avez, en écrivant sur ce site ou en envoyant un message à un auteur de l’article.