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Budget de la recherche : qui croit encore au conte de fées ?

le 2 mars 2011

Budget de la recherche : il n’y a pas que nous pour le décrypter. Comme le montre, par exemple, le texte publié par B. Monthubert que nous reproduisons partiellement ici :

Depuis plusieurs semaines, les analyses décryptant la réalité du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, et qui toutes montrent la situation préoccupante de nos universités et laboratoires, s’accumulent. Valérie Pécresse, qui jusque-là tentait d’ignorer ces critiques, et récitait partout sa même propagande, vient de se sentir obligée de publier une tribune dans Le Monde [1] en réponse à celle que j’ai publiée il y a quelques semaines. Il serait bon d’avoir désormais un vrai débat, face-à-face. Mais Valérie Pécresse refuse de débattre avec moi. Plusieurs journalistes ont tenté, en vain d’organiser un tel débat depuis un an. Nous aurions dû avoir un tel débat sur France Culture il y a quelques mois, elle s’est décommandée au dernier moment. Que craint-elle ?

Revenons à sa cette tribune, Valérie Pécresse ne change pas de discours. Elle répète les mêmes mensonges, incapable de répondre aux critiques qui lui sont faites. Voici quelques éléments pour remettre les pendules à l’heure : la répétition des mêmes mensonges n’en font pas une vérité.

D’abord, Valérie Pécresse proclame : « Quatre ans après, chacun peut le constater, cet engagement est tenu, avec des hausses de budget qui atteignent 22 % pour les universités, 21 % pour l’Inserm ou bien encore 14 % pour le CNRS. En cinq années à peine, l’université et la recherche françaises auront rattrapé leur retard avec 9 milliards d’euros supplémentaires. » Ces chiffres sont faux. Comme je l’ai déjà expliqué, ils intègrent des manipulations budgétaires : changement de périmètre (on compte dans le budget des choses qui auparavant étaient comptabilisées ailleurs), attribution des dépenses de retraite au budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. En fait, les crédits budgétaires de l’enseignement supérieur, une fois enlevées ces manipulations, stagnent en euros constants :

LFI 2007-2011

En 2011, le budget du CNRS, une fois enlevées les dépenses pour les retraites, va baisser. Les dotations des laboratoires vont baisser de 11% !

Quant aux universités, leur situation est préoccupante. Plusieurs universités ont des déficits budgétaires de plusieurs millions d’euros. D’une manière plus générale, le passage aux responsabilités et compétences élargies se fait dans de mauvaises conditions. La Conférence des Présidents d’Université a tiré la sonnette d’alarme en janvier : « Les annonces relatives aux moyens 2011 des universités s’inscrivent en rupture avec les engagements pris par le gouvernement quant à leurs moyens de fonctionnement. » Il y a quelques jours, le vice-président de l’université de Strasbourg évoquait ses difficultés dans un entretien à l’AEF : « Après deux années d’exercice de ces nouvelles responsabilités, force est de constater qu’elles comportent des coûts supplémentaires objectifs qui sont conséquents, […] à l’instar de dépenses salariales accrues en raison de nouvelles règles qui font supporter par l’établissement tout le poids des congés simultanément à celui des suppléances mises en oeuvre, ou qui mettent à sa charge des dépenses compensées en dotation de manière forfaitaire par le ministère mais, à l’expérience, pour un montant insuffisant. [...] En tout cas, l’augmentation de la dotation de l’État sur laquelle nous avons tablé, si elle est réelle, ne couvre pas l’augmentation des dépenses de l’université, notamment en matière de politique indemnitaire et sociale. « . En bref, le budget des universités a certes augmenté, mais les charges qui leur ont été transférées ont encore plus augmenté : le bilan est donc négatif.

Rattraper le retard par rapport aux autres pays ? Regardons l’indicateur majeur pour comparer les pays : l’intensité de recherche. Nicolas Sarkozy avait pris l’engagement d’atteindre les 3% du PIB. Pourtant, cet indicateur, qui a augmenté sous la gauche n’en déplaise à Mme Pécresse, a baissé depuis 2002… sauf en 2009 où il remonte essentiellement parce que le PIB a baissé ! Dès 2010 le ministère a prévu qu’il rebaisse, à 2,16% même s’il n’assume pas encore cette prévision. Les chiffres sont clairs : la France est loin derrière les autres pays, ne les rattrape pas du tout, et est extrêmement loin de respecter l’engagement du président de la République :

DIRD PIB

tiré des données d’Eurostat le montre : elle est au mieux dans la moyenne européenne !

2002200720082009% 2009% 2009% 2009
France 2,232,072,112,21-0,016,74,7
UE (27)1,871,851 ,922,017,88,64,7
Allemagne 2,492,532,682,821611,55,2
Autriche2,142,522,672,7528,69,13
Belgique1,941,91,961,9613,60
Danemark2,512,552,873,0220,318,45,2
Espagne0,991,271,351,38368,72,2
Finlande 3,373,473,723,9617,514,16,5
Hongrie10,9711,15018,615
Irlande1,11,291,451,7760,937,222
Italie 1,131,181,231,278,87,63,3
Pays-Bas1,721,811,761,8471,74,5
Portugal0,731,171,51,661274110,7
Rep. Tchèque1,21,541,471,5327,5-0,014,1
Royaume-Uni1,791,781,771,874,55,15,6
Slovénie1,471,451,651,8626,528,312,7


Lire la suite sur le site de Bertrand Monthubert