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Contenu de la conférence de presse à la Faculté de Médecine

le 11 février 2004

Parmi les représentants du CNRS, de l’INSERM et de l’Université, étaient présents :

Le Professeur Michel LAZDUNSKI, Directeur, et médaille d’Or du CNRS
Le Professeur Daniel BENCHIMOL, Doyen de la faculté de Médecine
Le Dr Pierre CHARDIN, Directeur, INSERM, représentant du collectif
Le Dr. Daniel ABERDAM, Directeur, INSERM, représentant du collectif
Le Professeur François CUZIN, Directeur, Académicien
Le Pr. Jean-Marc LARDEAUX, Président CS Sciences de la Terre au CNRS
Le Professeur Jean-Michel LEMAIRE, Directeur, section Math du CNRS
Le Dr Yannick LEMARCHAND-BRUSTEL Directrice d’une Unité INSERM
Le Dr. Véronique BRAUD, Directrice d’une jeune équipe CNRS

Le Collectif "Sauvons la Recherche" est une initiative spontanée des acteurs de la recherche publique, chercheurs, chercheurs enseignants, ingénieurs, techniciens et étudiants. La dégradation brutale des conditions dans lesquelles nous exerçons notre métier nous a poussé à sortir de nos laboratoires, ce qui n’est pas vraiment dans nos habitudes. Ce mouvement dépasse tous les clivages politiques. Nous voulons simplement crier haut et fort les points suivants :

1. On ne peut pas piloter la Recherche au coup par coup un ou deux grands programmes sur 2 ans, pour ensuite les abandonner au profit d’autres programmes plus à la mode. L’unicité de la Recherche est essentielle pour assurer une créativité et un dynamisme sur du long terme. Cela n’a pas de sens de soutenir de manière massive hier la recherche sur le SIDA, puis la recherche sur le prion (à cause de la vache folle), aujourd’hui le cancer et demain la grippe aviaire. Pendant ce temps-là, tous les autres projets ne sont plus ou peu financés !

2. Nous sommes des chercheurs citoyens conscients des demandes de la Société. C’est la raison pour laquelle nous entretenons des liens étroits avec les associations de malades, les associations caritatives et les industriels qui tous ont besoin de notre recherche fondamentale pour les applications futures dans le domaine du médical et de l’industrie. L’industrie n’a pas les moyens suffisants pour sa propre Recherche et son Développement ; elle se nourrit en grande partie de la Recherche fondamentale, développée dans les organismes publics de recherche. Aux USA, c’est l’industrie pharmaceutique qui fait pression sur le gouvernement pour qu’il augente son soutien à la recherche fondamentale.

3. Nos universités forment d’excellents doctorants. Nous les incitons dès la fin de leur thèse à poursuivre leur formation à l’étranger, essentiellement aux USA. Ces laboratoires sont ravis de les accueillir en les finançant car ils participent de manière active à l’épanouissement de la Recherche publique américaine. On a promis à ces jeunes de les intégrer dès leur retour en France sur concours et ainsi de poursuivre dans la sérénité une recherche de qualité. Malheureusement, l’annulation quasi-totale des postes au recrutement décidée par le gouvernement ferme totalement la possibilité de retour de ces jeunes chercheurs talentueux. C’est un investissement lourd (depuis le premier cycle du supérieur) à fond perdu pour nos laboratoires et nos étudiants.

On nous propose quelques Contrats à Durée Déterminée sur 18 mois, non attractifs et sans aucune perspective sur du long terme. Le résultat est simple : désaffection assurée des filières scientifiques et déclin des laboratoires ainsi dépossédés de nouveaux éléments.
Lorsque la Ministre Mme Haigneré prétend augmenter de 3.9% le budget alloué à la Recherche, c’est une manipulation des chiffres. En effet, ce calcul n’est pas effectué sur les budgets votés en 2002-2003 mais sur ceux amputés des sommes (entre 20 et 30%) non versés par le ministère. Par rapport à la loi de finances initiale de 2003, il s’agit d’un budget en forte diminution. Dans les laboratoires, les dotations réellement allouées cette année sont en recul de 18 à 80 % selon les cas, et si l’on cumule les annulations de crédits des deux dernières années, il manque alors environ 618 millions d’euros pour atteindre en 2004 le budget de la Recherche de 2002.

Seule une recherche soutenue peut garantir un enseignement supérieur de haute qualité, un rayonnement culturel, une capacité de comprendre le monde dans lequel nous vivons, des avancées majeures dans le médical et une économie indépendante portée par des innovations technologiques.

4. Nos revendications sont très simples et peuvent être réalisées rapidement :
- a. nous demandons la tenue immédiate d’Etats généraux de la Recherche c a d l’organisation d’un véritable débat national sur la recherche en France avec tous les partenaires concernés.
- b. nous demandons le re-versement immédiat des budgets annulés en 2002 et 2003.
- c. nous demandons un collectif budgétaire (c a d une modification de la loi de finances) pour rétablir les 550 postes de chercheurs, ingénieurs et techniciens qui ont été supprimés. Les départs importants à la retraite qui s’annoncent doivent permettre une augmentation sensible du recrutement des jeunes chercheurs, ingénieurs et techniciens et non l’inverse.