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PUBs et PUBs

Par laineeric, le 12 février 2004

On veut augmenter l’efficacité de la recherche française, chiche ! créez quelques postes qui existent à l’étranger et qui font défaut chez nous. "Bouh, créer des postes, quelle horreur" nous dirait l’amer Mer. Et pourtant : la production scientifique est estimée par le nombre et l’impact des publications et l’activité/efficacité scientifique d’un individu, d’un labo, d’un pays sont évaluées à l’aune de ces données chiffrables ; le classement mondial des universités, paru récemment, laisse penser qu’il y a une marge de progression ... Pourquoi les chercheurs anglo-saxons publient-ils plus que les français, à travail et compétences équivalentes ? Je vais caricaturer un peu mais ça me semble assez représentatif de la réalité quand même (en biologie tout du moins) :

- ils publient dans leur langue, et le niveau d’anglais n’est donc pas un motif de rejet d’une publication ou d’un a priori négatif de la part des "examinateurs" (referee) de cette publication. Nous même, en tant qu’enseignants, somme moins bien disposés à bien noter une copie écrite dans un français déplorable. Or sur deux" referee" au moins un sera sans doute anglophone et (même sans francophobie) sera sans doute moins indulgent si l’anglais est perfectible. Alors pourquoi ne pas recruter dans chaque université ou centre de recherche un rédacteur bilingue ? Il existe des rédacteurs pour les publications dans certains centres de recherche ... où ça ? .. en Angleterre !! (sans doute donc cela serait il encore plus utile en France !)

- souvent les anglo-saxons ont une approche un peu différente de l’expérimentation : le français partira d’un protocole A pour l’améliorer en B puis en C puis en D, avec de petites améliorations à chaque fois mais sans plan de manip et de statistiques précis, et il fera, avec ses maigres compétences, des stats a posteriori et parfois impossibles. L’anglais va, lui, planifier une manip comparant A et B, bien carrée et qui va être publiée plus facilement même si B est un protocole moins bon que D ... Bref, consulter un statisticien avant de lancer l’expérimentation serait souvent profitable (pour beaucoup de biologistes tout du moins) car cela rendrait les expériences moins couteuses en temps et tout aussi publiables. Mais pour cela il faudrait là aussi créer quelques postes de "consultants en planification d’expériences", ayant des compétences en statistique. Le jour où le chercheur statutaire moyen arrivera à consacrer vraiment son temps à la recherche et pas à ses à cotés ni à la survie de son labo on verra que le fonctionnariat n’affecte pas forcement l’efficacité et qu’investir dans de tels postes "de soutient" est "rentable", certains pays l’ont compris mais dans le notre la tendance est inverse, rendez vous dans vingt ans pour voir qui est dans l’erreur ... L’évaluation d’accord mais ne jugeons pas la toile de l’artiste qui n’a plus de sous pour s’acheter les pinceaux ...

Bien sur ça doit couter un peu d’argent public mais il doit bien y en avoir quelque part : combien ont été dépensés par le ministère de la recherche pour passer les innombrables publicités récentes pour :
- internet (comme si les fournisseurs d’accès privés ne faisaient pas déjà assez de pub ! Que vient faire le ministère de la recherche là dedans ? et sutout ses fonds ...)
- les quelques dizaines de dotations pour encourager la création d’entreprises innovantes dont j’ai déjà entendu rabacher des dizaines de fois le slogan que nous pourrions reprendre à notre compte "l’avenir est entre vos mains" ... je suppose que c’est surtout à destination du grand public que cette pub a été diffusée car quel publicitaire irait diffuser sur de grands media nationaux une pub ciblant quelques centaines de personnes qui peuvent être bien mieux touchées par des encarts dans une presse spécialisée de recherche. Notre grand concours : quelle sera la prochaine publicité payée par notre ministère ? Pour les lecteurs de DVD ? pour dire que "les chercheurs sont des raleurs" ? Envoyez vos suggestions ....