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Intervention de H. Audier au nom de SLR au forum du PS (Toulouse, 18 mai)

le 27 mai 2011

Accompagnant l’article ci-dessous, vous pouvez aussi consulter les commentaires de HEA sur son blog en réaction aux déclarations récentes de la ministre.

Pour situer le cadre dans lequel s’intègre la critique à laquelle je vais me livrer, je voudrais dire en premier lieu que l’application de ce programme, notamment de ses principes, constituerait une rupture incontestable par rapport à la situation actuelle. Chaque syndicat, dans le maigre temps imparti, a traité d’un aspect (LRU, ANR, etc.). Je m’en tiendrai à la partie intitulée « la formation et la recherche au cœur de notre politique d’innovation ».

1- Maladresse, pour le moins, dans le titre qui donne l’impression de mettre tout le secteur public à la remorque de l’innovation alors que depuis 2003, l’ES-R se bat contre « une politique utilitariste », « uniquement centré sur l’innovation ». Ce titre va à l’encontre des principes définis plus haut dans le texte sur la place du progrès des connaissances.

2- Le fait de ne pas distinguer entre recherche, qu’elle soit publique ou privée, qui est une rupture dans la connaissance, et l’innovation qui est un processus économique qui utilise les connaissances déjà acquises, affaiblit l’efficacité du texte pour l’innovation elle-même. Certes, il y a de très bons paragraphes dans ce texte (les PME indépendantes et innovantes, les jeunes entreprises innovantes, la valorisation, le transfert aux régions de l’aide à l’innovation, le CIR, même si pas assez précis). Mais on pourra réussir les plus belles PME innovantes, s’il n’y a pas une puissante recherche dans les grands groupes, avec un potentiel de chercheurs important pour détecter et mettre en œuvre les innovations de ces PME et/ou les aider, cela ne fonctionnera pas. Sinon ces PME se feront racheter, « cannibaliser » par des firmes américaines ou asiatiques ou souvent crèveront.

3- Même si c’est en différents endroits du texte, la clarté de ce chapitre aurait donc nécessité de commencer par un paragraphe musclé sur la recherche privée, sur la nécessité qu’elle investisse plus dans sa propre recherche, qu’elle recrute massivement des docteurs, qu’elle ait une recherche en amont de ses recherches appliquées. Mais aussi, qu’elle donne à ses chercheurs les droits de tous les chercheurs : droit à l’initiative, d’aller dans les congrès scientifiques, de coopérer, voire de publier (avec les réserves qui s’imposent). Car si cet aspect intéresse SLR, ce n’est pas pour donner des « leçons » ou des « conseils » à un quelconque parti, ce qui n’est pas son rôle, mais parce que cela a des conséquences.

4- Ces principes créeraient des conditions de coopérations équitables et réelles entre équipes du privé et du public qui ne soient ni de subordination, ni de sous-traitance. Par là même, les échanges réciproques entre chercheurs sur la base de l’intérêt scientifique qui est la première motivation des (bons) chercheurs. En lieu et place, nous avons dans le texte un résumé des rapports technocratiques rabâchés depuis 30 ans avec des propositions que les chercheurs dégueulent, que les syndicats combattent et dont le rendement s’avère quasi-nul. Faut-il que « le privé finance plus les labos publics », avec l’argent public ? Ou faut-il que le privé finance plus ses propres recherches et le public mieux ses propres labos ? Faut-il créer des carrières « slalom » entre public et privé ou faut-il une mobilité basée d’abord sur l’intérêt scientifique ? Et le pompon : l’encouragement à la création « de chaires financées par le privé dans le public ». Des « chaires Servier » dans tous les services de cardiologie ?