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SPECIF : Sauvons la Recherche !

Par Bertrand Monthubert, le 12 février 2004

Specif est l’association des enseignants chercheurs en informatique.

La communauté scientifique française est soumise depuis deux ans à des attaques d’une rare envergure : diminution des crédits, diminution du nombre de recrutements, remplacement de postes de permanents par des postes à durée déterminée, attaques en règle de l’Inspection des Finances sur le fonctionnement du CNRS.

C’est dans ce contexte sans précédent que la Société des Personnels Enseignants Chercheurs en Informatique de France, Specif, souhaite d’une part affirmer sa solidarité avec l’ensemble des personnels de la recherche publique française et d’autre part, témoigner des difficultés propres à sa discipline.

Au moment où la recherche publique subit des conséquences ravageuses induites par une logique d’économies budgétaires et une vision de court terme, au moment où l’emploi scientifique régresse, Specif appelle la communauté des informaticiens à réagir et à participer aux mouvements tels que "Sauvons la recherche" . Nous demandons que soit définie une véritable politique pluri-annuelle de développement de la recherche publique. Cette politique doit s’inscrire de manière cohérente dans le long terme. La place faite à la recherche fondamentale, non finalisée, doit être élargie afin de ne pas tarir la source des futures actions de valorisation, qui conduiront à la définition de nouveaux emplois. Cette politique doit être élaborée et mise en oeuvre avec un réel souci de transparence, afin que tout chercheur puisse se sentir impliqué dans ce qui serait un renouveau de la recherche. Enfin, pour attirer les jeunes vers les études scientifiques, pour conserver les chercheurs que nous avons formés, nos tutelles doivent rendre les carrières attractives, non seulement en augmentant les salaires et en améliorant les conditions d ?exercice, mais aussi en valorisant le rôle du chercheur dans la société.

Représentant la communauté des informaticiens, Specif tient à faire état des inquiétudes exprimées lors de son congrès annuel (22-23 Janvier 2004). Petit ou gros laboratoire, jeune équipe ou équipe bien établie, tous ont souligné :
- le déficit criant en personnel IATOS
- les créations insuffisantes de postes de chercheurs
- la diminution des crédits publics nationaux affectés à la recherche
- la complexification croissante de l ?administration de la recherche
- le recul ou le retrait de nos institutions, de l’animation de la recherche

Bien que fustigée par l’Inspection des Finances qui propose d’ « abandonner des secteurs marginaux pour le CNRS comme l’informatique », la recherche en informatique a démontré son fort potentiel d’actions de valorisation, dans des secteurs aussi divers que les transports, le médical, les télécommunications, les activités liées à l’internet, l’enseignement à distance, etc. C’est d’ailleurs l’une des branches scientifiques où la pression, pour ne considérer que des sujets de recherche finalisée, est la plus forte : incitation des tutelles à l ?obtention de contrats, permettant de financer les activités (missions, équipement) mais aussi de rémunérer des emplois à durée déterminée.

C’est aussi l’une des branches où la recherche fondamentale est peu reconnue et peu soutenue. Par exemple, l’augmentation du nombre de thèses financées par des CIFRE (thèses faites dans les entreprises) se fait au détriment du nombre d ?allocations de recherche non ciblées distribué par le ministère. Pour que la recherche fondamentale en informatique ne se tarisse pas en France, il faut recruter des chercheurs permanents, il faut accroître les financements. Ces mesures ne suffisent pas. Il est impératif de les accompagner d’un fort recrutement de personnel IATOS. La recherche en informatique est extrêmement déficitaire dans ce domaine, par rapport aux autres disciplines scientifiques. Cela est fortement préjudiciable car le temps passé à faire du secrétariat, à faire l’administration de la recherche, à faire de la gestion système, à finaliser des prototypes et leur documentation ... est du temps perdu pour la recherche proprement dite. Trouver des financements qu’ils soient privés ou européens confronte souvent les chercheurs à des situations supposant des connaissances en gestion, en comptabilité, en droit du travail, ... bien éloignées de leur « métier » dans lesquelles leur efficacité est souvent médiocre.

Enfin, bon nombre d’équipes de recherche en informatique sont d’implantation très récente, pas toujours dans des établissements à dominante scientifique. Elles sont constituées d’une très forte majorité d’enseignants-chercheurs, ayant des lourdes contraintes d’enseignement. Ces équipes doivent être particulièrement encouragées. Les GDR contribuent à rompre leur isolement. Ils doivent être pérennisés avec des moyens leur permettant de développer leur rôle d ?animation de la recherche.

Specif demande l’ouverture d’un véritable dialogue entre décideurs politiques et acteurs de la recherche en informatique, afin de donner à cette discipline les moyens de démontrer l’excellence de ses équipes de chercheurs. Il est grand temps de redonner à nos concitoyens confiance dans leurs chercheurs.

Pr. Thérèse Hardin Présidente de Specif http://www.specif.org