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Universités : une nouvelle partition pour G. Fioraso ?

Par Jean Fabbri, le 3 juin 2012

Texte envoyé par l’ancien secrétaire général du SneSup, le mathématicien Jean Fabbri , au journaliste Sylvestre Huet , et publié sur son blog

Universités : une nouvelle partition pour G. Fioraso ?

Le paysage des universités et de la recherche sort chamboulé des 5 années écoulées, ses personnels sont démunis et désorientés, les étudiants inquiets. Le classement de Shanghai, leitmotiv des Sarkozy, Pécresse, Wauquiez est rangé aux oubliettes… Rares sont ceux qui ont trouvé des bénéfices aux dérèglements concurrentiels introduits par la loi « Libertés et Responsabilités des universités » adoptée en 2007. Même s’il en existe pourtant : établissements d’enseignement supérieur privé, groupes financiers à l’affut des mânes du crédit impôt recherche, lobbyistes des secteurs du médicament et des nanotechnologies.

Inattendue au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, a choisi pour ses premiers pas de changer la manière de s’adresser à la communauté des milliers de chercheurs et d’universitaires du service public. Choix nécessaire, mais non suffisant : il ne peut s’agir d’écrire des variations sur les thèmes connus. Pour aller au cœur des enjeux et doter la France d’un système de recherche et d’enseignement supérieur performant fondé sur la reconnaissance du travail scientifique, il convient de prendre une à une toutes les questions :

► Unifier la responsabilité de l’ensemble du post bac et de la recherche publique et soutenue par l’Etat au sein d’un seul ministère, donc y intégrer la gestion des BTS et classes préparatoires.

► Défendre le modèle universitaire public fondé sur l’imbrication recherche/formation qui n’est pas compatible ni avec la constitution d’un cycle d’études « Bac-3 à Bac+3 », dont l’objectif est l’émergence de collèges universitaires sous contrôle des régions dans le cadre de la 3eme vague de décentralisation ; ni avec la prolifération complaisante d’officines privées dites d’enseignement supérieur (pour lesquelles étudiants et familles consentent des sacrifices financiers indus).

► Revenir dès le 1er janvier 2013 à la gestion nationale des emplois d’enseignants-chercheurs et d’enseignants, en annulant l’un des aspects majeurs du dispositif « Responsabilités et Compétences Elargies » de la loi LRU et par la même en confortant le statut national par le renforcement des libertés scientifiques, l’amélioration du droit à mutation des personnels, l’harmonisation des primes.

► Ouvrir un processus de titularisation pour les contrats gérés par les établissements, afin de résorber une précarité qui touche près du tiers des effectifs de l’enseignement supérieur et de la recherche.

► Engager une évaluation pluraliste de l’efficacité du dispositif des pôles de compétitivité en matière d’innovation et d’emplois industriels.

► Etablir le monopole du CNESER sur les propositions d’habilitation des formations, ce qui implique en particulier d’élargir ses compétences à l’habilitation des formations d’ingénieurs et une réflexion sur l’accréditation des formations des écoles de commerce et de management. Les Assises annoncées par le nouveau gouvernement se doivent d’être exemplaire : un comité de pilotage indépendant du gouvernement et ouvert à la société civile, doit en être le garant. Bien plus : ni piloté par le gouvernement ni les régions, il doit assurer la représentation des établissements (pas seulement leurs directions !), des organisations syndicales et associations, au vu de leur poids réel respectif et assurer la lisibilité des conclusions de ces travaux…et leur suivi par des engagements réels en matière législative et budgétaire. Toutefois cette nouvelle partition deviendrait un peu plus crédible si l’éventail des conseillers de la ministre s’élargissait à d’autres sensibilités que celles qu’on a déjà vues à l’œuvre autour de ses immédiats prédécesseurs. Un coup pour rien ? »

Jean Fabbri, Maître de Conférences de mathématiques à l’université de Tours, directeur de la faculté des Sciences et Techniques de Tours, secrétaire général du SNESUP de 2005 à 2009.