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Grève à Paris 7 le mardi 23 octobre INFOS

le 23 octobre 2012

En ce jour de grève à l’Université Paris 7 (voir article et affiche ci-jointe), voici un communiqué du collectif pour une université confédérale garantissant collégialité et libertés académiques

Au cours des dernières semaines, le "collectif pour une université confédérale garantissant collégialité et libertés académiques" a transmis sur cette liste de diffusion dix-neuf motions, émanant de presque tous les conseils d’UFRs, de directeurs d’UFR, de l’Assemblée Générale de la communauté universitaire. Ces motions vont toutes dans le même sens : demander un report de la signature de la convention de l’IdEx et ouvrir, enfin, une concertation avec les personnels qui ne se réduise pas à des séances d’enfumage.

Par souci d’équité, nous vous informons de l’existence d’une motion des coordinateurs de six Labex favorable à une signature immédiate de la convention et reposant sur un argument unique qui serait presque convaincant si il n’était totalement faux :

"Il faut en effet savoir que le versement des dotations des labex est conditionné à la signature de l’idex alors que ces labex ont démarré leur programme de travail, certains depuis 18 mois, d’autres depuis 6 mois."

En réalité, avec ou sans IDEX, les projets de LABEX et d’IDEFI seront financés. Les inquiétudes de nos collègues, dans le cas où la convention d’Idex ne serait pas signée, doivent donc être dissipées avec la plus grande assurance, comme le précise le règlement relatif aux modalités d’attribution des aides au titre de l’Appel à projets "Initiatives d’Excellence" (pièce jointe).

En effet, les lauréats des Labex ont réussi un concours distinct de celui des initiatives d’excellence (Idex). L’article 5.4 du règlement précise que "les fonds des laboratoires d’excellence et des initiatives d’excellence ne sont pas cumulables". Dans le cas où un Labex se trouve intégré à une initiative d’excellence, il ne peut être financé deux fois. Il y a alors un transfert des modalités initiales de financement du Labex par l’ANR dans le cadre du dispositif d’allocation de l’Idex :

"Ainsi un laboratoire relevant d’une initiative d’excellence reçoit les fonds dans le cadre du dispositif d’allocation propre à l’Initiative, une fois désignée."

Mais, même sans Idex, les Labex demeurent financés. "Un laboratoire d’excellence également retenu au titre d’une Initiative d’excellence qui serait interrompue en cours de projet continuera à bénéficier d’un financement si son évaluation est positive. Celui-ci sera réajusté à la hauteur de la dotation initialement attribué au titre de l’AAP [Appel à Projets] "Laboratoires d’excellence".

Le Règlement relatif aux modalités d’attribution des aides au titre de l’Appel à projets "Initiatives d’Excellence" en date du 7 juin 2012

http://www.agence-nationale-recherc...

qui intègre les projets d’Idefi, est tout aussi clair : "Un projet Labex ou un projet Idefi intégré dans un projet Idex qui serait interrompu continuera, si son évaluation est positive, à bénéficier d’un financement jusqu’au montant initialement prévu."

Le destin des Labex et des Idefi peut donc être aussi bien lié que délié de celui des Idex. En réalité, et la ministre de tutelle l’a rappelé dans un engagement récent, les budgets des Equipex et Labex sont sanctuarisés.

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Enfumage encore, le calcul budgétaire présenté en réunion des trois conseils supposé montrer que l’Idex rapportera de l’argent à l’UPD et permettra d’équilibrer les comptes. En effet, ce que rapportera ou non l’Idex doit se calculer de manière consolidée, en intégrant le coût des promesses faites dans la Note Delta, et en particulier la fusion universitaire.

Pour estimer ce coût financier et humain, citons pour commencer l’article du Midi Libre où la présidente de Montpellier III dit : "Je ne suis pas par principe contre [la fusion] mais lorsque l’on m’explique qu’elle permettrait de gagner des postes et du budget, je reste dubitative. Je regarde ce qui se passe dans les universités qui ont fusionné. À Strasbourg, moins 398 postes, Lorraine (Nancy-Metz), moins 292, Aix-Marseille, moins 208. Moi, je suis dans la technique, le quotidien, pas l’imaginaire."

En considérant l’exemple de l’Université de Strasbourg, première lauréate de l’IDEX et modèle déclaré du bureau du PRES SPC, l’estimation du surcoût cumulé du passage aux compétences élargies et de la fusion est de l’ordre de 100 millions d’euros par an, à mettre en regard de ce que l’IdEx, au mieux, est censé rapporter.

Le rapport de la chambre régionale des comptes d’Alsace (pièce jointe) faisant le bilan de la fusion des trois établissements universitaires de Strasbourg, opérée le 1er janvier 2009, est cependant très clair. Malgré les annonces d’ « économies d’échelle et de gains de productivité » (sic), il conclut que « la réforme de l’organisation menée ne conduit pas dans ce sens, ce qui, pour le secrétaire général, n’est pas encore complètement compréhensible. » (re-sic), qu’ « il est certain que le changement d’échelle par un effet de seuil, fait émerger de nouveaux besoins » (p. 20), et que « les effets du changement d’échelle se sont révélés supérieurs aux estimations en matière de nature du travail et de définition des métiers, d’adaptation des outils, de définition des procédures, d’estimation des besoins, particulièrement en matière de gestion de la scolarité (dans une université de plus de 40 000 étudiants il faut à la fois un service de scolarité central et des services de proximité), de vie étudiante (l’équivalent des trois services centraux antérieurs ne suffit pas pour venir en appui au Conseil des études et de la vie universitaire (CEVU)) de gestion de la paie, de gestion budgétaire et financière etc. » (p. 23). Le bilan est sévère. Qu’en serait-il avec une unité de, non pas 40 000, mais… 120 000 étudiants ?

Si les membres de l’équipe présidentielle d’Unistra ont des difficultés à rendre compte de l’ampleur du déficit constitué depuis 3 ans, ce qui serait incompréhensible, en revanche, c’est que le Conseil d’Administration de notre université, nous précipite dans cette ornière, en pleine connaissance de cause.

Le 12 octobre 2012, le congrès de l’Université de Strasbourg a adopté à l’unanimité une motion indiquant que "l’Université de Strasbourg ne dispose plus des moyens financiers nécessaires à son bon fonctionnement et ne peut plus assurer dans des conditions décentes ses missions fondamentales que sont la formation de ses étudiants et le développement de sa recherche."

En bref, le mardi 23 octobre 2012, ce dont le Conseil d’Administration prendra, ou non, la responsabilité pour l’avenir de notre université à très brève échéance, c’est cela :

http://www.dailymotion.com/video/xu...

Amputations des formations, des crédits affectés à la recherche et des emplois.

Le collectif pour une université confédérale garantissant collégialité et libertés académiques