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Quel avenir pour les universités françaises ?

Par Colette Anné, le 17 janvier 2013

Alors que l’on apprend que l’Université d’Angers lance une pétition pour sa survie (que l’on peut signer ici) :

Chers collègues, chers étudiants, Madame, Monsieur,

" L’Université d’Angers se trouve dans une situation financière critique. Cette situation n’est pas due à une mauvaise gestion budgétaire, mais à un transfert sur le budget des universités de charges dont celles-ci n’ont pas le contrôle.

En ce qui concerne l’Université d’Angers, cette situation est encore aggravée par une sous-dotation ancienne, constante et reconnue. Il manque, selon le ministère, 310 postes et 4 M €.

Malgré des contacts suivis et des promesses, la dotation décidée finalement par le ministère ne permet pas à l’Université d’Angers d’envisager un fonctionnement normal "

dans le même temps, le député Jean-Yves Le Déaut, premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, remettait au premier ministre un rapport pour "refonder l’université et dynamiser la recherche".

Dans ce texte de propositions très fourni (170 pages) on apprend que l’Aeres pourrait devenir l’AUTEURE dont la mission serait resserrée , on lit

"S’agissant de l’évaluation des procédures d’évaluation des personnels, prévoir que l’AUTEURE n’a plus la mission de validation des procédures d‘évaluation, mais seulement l’évaluation de ces procédures"

Iront-ils jusqu’à noter (A+,A,..) les procédures d’évaluation ?

Un autre point où le changement pourrait se faire dans la continuité est celui de la réforme permanente des licences :

"Permettre une spécialisation plus progressive au cours des trois années de licence, en préservant au début une pluridisplinarité compatible avec le besoin d’une éventuelle réorientation"

C’est le fameux -3 +3, nom de code de la fusion des 3 années de lycée avec les 3 de la licence, c’est à dire la secondarisation des licences. Sur ce sujet, le texte a du mal à cacher les contradictions. Par exemple, que feront les universités qui sont en train de geler des postes par manque de moyens financiers face à cette recommandation

"Augmenter le nombre des PRCE et PRAG en premier cycle. Transformer une part importante des postes des PRAG qui sont docteurs et effectuent de la recherche en postes de maîtres de conférence "

ce sera : augmenter le nombre de PRAG plutôt que de maîtres de conférence, d’ailleurs il est dit plus loin

"Orienter vers les lycées une partie du service de cours de jeunes enseignants chercheurs et assimilés (ATER, doctorants ...) pour présenter les filières de l’université et faire découvrir certaines disciplines et méthodes"

Et derrière des propositions parfois très détaillées (comme celle-ci "Convertir les travaux d’initiative personnelle encadrés des classes préparatoires en véritables projets de recherche") on voit poindre le spectre des recommandations de l’OCDE, reprises par l’Union Européenne, et que Nico Hirtt [1] avait ainsi résumées

Le serveur au comptoir œuvrant dans la voiture bar d’un TGV international doit pouvoir communiquer de façon élémentaire dans différentes langues, posséder des dispositions au calcul mental, un minimum de culture technologique, numérique et scientifique afin de gérer un parc d’outils variés (four, micro-ondes, chauffe-eau, caisse enregistreuse, lecteur de cartes bancaires, réfrigérateur, système d’annonces vocales...). Il doit également faire preuve de compétences sociales et relationnelles dans le contact avec des clients très différents, de sens de l’initiative, d’esprit d’entreprise et de flexibilité (en raison des horaires et des aléas des trains).

Telle est, à peu de chose près, la liste des « compétences de base » établie par la Commission européenne et qui doit servir d’axe central à la réforme des systèmes éducatifs

Les étudiants se résoudront-ils à de telles perspectives et accepteront-ils (auront-ils les moyens) d’attendre la fin de la licence pour enfin avoir des études consistantes et des formations spécialisées ?