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(Nice-Matin) Le coup de colère des chercheurs azuréens

le 18 février 2004

Un collectif regroupant des enseignants, des étudiants, des directeurs de recherche et leurs équipes, se mobilise à Nice pour dénoncer la politique actuelle du gouvernement et les risques qu’elle fait courir à notre région

Ils sont sortis de leurs labos pour crier leur colère et alerter l’opinion publique. Les professeurs Michel Ladzunski, médaille d’or du CNRS, Daniel Benchimol, doyen de la faculté de médecine, François Cutin, académicien, les Docteurs Pierre Chardin, Daniel Aberdam, directeurs à l’INSERM .... et bien d’autres encore, ont créé un Collectif baptisé "Sauvons la recherche" pour dénoncer la dégradation brutale des conditions dans lesquelles ils exercent leur métier.

Habituellement discrets, ces acteurs de la recherche publique veulent faire prendre conscience à la population qu’elle est directement concernée par ces " turbulences " qu’il ne s’agit pas d’un débat fumeux entre hauts diplômés, et que si le gouvernement maintient sa position, ce n’est pas seulement "la force intellectuelle du pays" qui en pâtira, mais aussi la qualité de la formation universitaire et l’activité économique générée par la recherche.

Les représentants du Collectif considèrent qu’à ce jour plus de 3 000 personnes dans notre région sont liées au monde de la recherche, des équipes au travail dans les laboratoires aux entreprises qui mettent ensuite en application les résultats de ces découvertes pour faire de l’innovation technologique. "La région niçoise possède en effet un fort potentiel de recherche publique et privée, ainsi qu’une université. Les options prises en matière de crédit et de recrutement auront des effets désastreux, si rien ne change".

Les ailes coupées malgré les résultats

Tour à tour, des chercheurs se sont exprimés pour raconter dans quelle situation ils se trouvent aujourd’hui. C’est le cas de Véronique, partie diriger une jeune équipe à Oxford avant d’être recrutée à Nice

pour travailler sur les cellules du sang dans la perspective de la lune contre le cancer et les infections alors que le projet commence à donner des résultats, elle se retrouve sans financement avec sa petite équipe. C’est le cas d’Amel, biologiste, qui elle aussi était partie aux EtatsUnis avant de revenir et qui n’a plus d’autre argent que celui des dons des associations pour mener à bien son projet. C’est encore le cas de Yannick, qui travaille sur le diabète et l’obésité, et qui est considérée comme étant "la mieux lotie e avec un budget tronqué de 20 % par rapport à 2002" Et ainsi de suite...

Le déclin assuré

On ne peut pas piloter la recherche au coup par coup, en lançant des grands programmes pour les abandonner ensuite au profit d’autres objectifs, plus à la mode. Cela n’a pas de sens de soutenir lu recherche sur le sida, puis sur le prion à cause de lu vache folle, puis le cancer, et demain la grippe aviaire. "De toute façon même les pôles porteurs n’ont rien reçu" ... Dénonçant des changements de cap intempestifs, mais aussi la dégradation globale et générale du budget de la recherche au cours des dernières années, les membres du Collectif ont posé leurs revendications le reversement immédiat des budgets annulés en 2002 et 2003, le rétablissement des 550 postes de chercheurs, ingénieurs et techniciens qui ont été supprimés, l’organisation d’un vrai débat national sur le sujet, avec tous les partenaires concernés, associations de malades et entreprises innovantes.

Nice-Matin - Sylvie BEAL