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L’inspection de l’IRD, AIRD et IRD

le 17 mai 2013

Une mission conjointe des inspections générales du MESR et du MAE a procédé à un audit de l’ensemble du personnel de l’Institut de recherche pour le développement et de ses missions, ainsi que de l’« Agence inter-établissements de recherche pour le développement » (AIRD), à partir d’entretiens avec l’ensemble du personnel de l’IRD, du président aux organisations syndicales en incluant une enquête auprès des ambassades sur les missions de l’IRD dans les pays respectifs. Cette inspection a été menée à la suite d’une déclaration du STREM-CFDT au conseil d’administration de l’IRD puis d’une rencontre des représentants du STREM-CFDT au ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur. Cette inspection sans que nous en connaissions les objectifs est particulièrement dangereuse dans le contexte où une fois de plus des forces extérieures verraient bien la dissolution de l’IRD dans certains organismes de recherche. Le SNCS dénonce cette menace sous-tendue dans les propos tenus par les inspecteurs. Il défendra l’existence de l’IRD dans son intégrité, qui est aujourd’hui remise en cause par des politiques découlant du pilotage de la recherche par des intérêts à courts terme, menées par le MESR et le MAE.

Section SNCS-FSU de l’Institut de recherche pour le développement

Il semble que les inspecteurs aient des difficultés à rédiger leur rapport et ne parviennent pas à définir une position commune sur la situation de l’Institut de recherche pour le développement. En l’absence de précisions de la part de la direction lors de la réunion avec les syndicats du 13 mai 2013, nous nous baserons sur les questions posées au représentant du SNCS-FSU lors de l’audit du 13 février.

Ces questions ont montré que notre mission de recherche pour le développement est encore très mal comprise par nos tutelles. De plus le jeu des réformes nationales et irdiennes nombreuses et successives de ces dernières années n’a pas toujours été favorable au bon déroulement des missions de l’Institut et à la reconnaissance des métiers de chercheur, d’ingénieurs et de techniciens spécifiques aux missions de la recherche pour le développement des pays du Sud, même si l’IRD a su se moderniser et inscrire ses thématiques de recherche dans le contexte international.

- Les UMRisations : la dilution du budget IRD dans les UMR a entraîné une diminution des crédits alloués à la recherche au sud ; ceci n’est pas toujours perceptible dans les UMR à dominance IRD mais devient quelquefois problématique dans les autres UMR.

- La création par le président de l’IRD d’outils de financement de la recherche au Sud permet de redistribuer ces fonds vers la recherche au Sud. Mais de nombreux chercheurs sont restés en dehors de ce processus qui possède aussi ses limites budgétaires et ne pourra donc pas satisfaire tout le monde.

- La création de l’AIRD, qui fonctionne avec des moyens IRD et du personnel IRD mais dont les modalités d’attribution de fonds et de fonctionnement de la recherche au Sud sont décidées par d’autres organismes, a considérablement affaibli l’IRD. Cette agence en se substituant aux missions de l’IRD met en cause aujourd’hui l’existence de l’organisme.

- La disproportion numérique des effectifs des départements de l’IRD : un gros département Environnement et ressource (60% des effectifs) et 2 petits départements Sociétés, Santé, empêche un dialogue et un échange d’égal à égal avec la direction scientifique qui est préjudiciable à la recherche sur le terrain et à la prise en compte de thématiques novatrices. Le temps consacré au dialogue avec les chercheurs est de facto très réduit et les priorités sont reportées sur les indicateurs de fonctionnement et les retombées financières du partenariat au Sud.

- Si depuis 2012 les représentants de l’IRD à l’étranger ont vu leur mission s’étendre à l’appui à la recherche, celle-ci reste trop aléatoire et désorganisée, en particulier au niveau régional, alors qu’elle devrait être le levier principal de la recherche en partenariat avec les pays du Sud.

La mission de l’IRD est de faire de la recherche au Sud. Cela implique une présence, sur le long terme, à l’étranger et des échanges constants avec les partenaires. Ceci a certes un coût mais surtout un bénéfice difficilement quantifiable. Cette dynamique n’est actuellement pas prise en compte dans les évaluations récentes et en cours des UMR de l’IRD par l’AERES, sous-estimant une fois de plus le rôle des chercheurs de l’IRD dans le paysage de la recherche nationale. Cette mission implique une bonne connaissance du terrain, l’adaptation à des cultures et des situations différentes, la connaissance des langues étrangères et une familiarisation à des pratiques de recherche très variables d’un pays à l’autre. Le savoir-faire des personnels sur la recherche au Sud est polysémique, exhaustif et unique.

La politique gouvernementale ne semble plus faire de différence entre la recherche menée à l’IRD et celle des autres organismes, ce qui pose problème. Le SNCS-FSU demande

• la reconnaissance de la recherche effectuée à l’IRD en tant que telle et non pas en tant que produit annexe de la recherche menée dans les autres établissements ; • des moyens suffisants pour l’IRD ; • un dialogue entre la direction et les chercheurs de l’IRD institué de façon pérenne afin de décider des orientations scientifiques sur la base de leur expérience du terrain et des demandes des partenaires et non plus en fonction d’indicateurs administratifs ; • une évaluation par le Conseil scientifique de l’IRD du processus d’UMRisations ; • une réflexion sur la conjoncture et la prospective spécifique à la recherche au Sud par les instances scientifiques de l’IRD (CSS et CS) ; • une répartition équitable des budgets pour que tous les chercheurs puissent pratiquer la recherche en partenariat au Sud ; • la dissolution de l’AIRD au sein de l’IRD afin que l’organisme retrouve l’intégrité de ses missions qui lui ont été retirées par cette agence.