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Avis (du CSRT) à Madame la Ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies sur la situation de la recherche publique en France

Avis du Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie

le 19 février 2004

Suite à notre demande, le Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie nous a transmis son avis (public).

Avis à Madame la Ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies

sur la situation de la recherche publique en France

(adopté à la majorité des suffrages exprimés)

 

 

Lors de sa séance plénière du 5 février 2004, le Conseil supérieur de la recherche et de la technologie (CSRT), instance de consultation représentative de la communauté scientifique et du monde économique, social et culturel, s’est inquiété des risques de blocage qui apparaissent avec la montée de la contestation issue du monde de la recherche publique.

Le CSRT considère que cette situation résulte, en partie, de l’exécution en 2002 et 2003 du Budget civil de recherche et de développement technologique (BCRD) et de certains choix faits dans le budget 2004. La situation difficile qui en découle pour les laboratoires a suscité une très forte inquiétude dans le monde de la recherche publique.

Les choix budgétaires, et plus particulièrement celui de privilégier les fonds gérés directement par le ministère au détriment de la dotation des organismes et de la recherche universitaire, entraînent une situation d ?étranglement budgétaire qui se traduit in fine dans les laboratoires par une diminution des crédits de fonctionnement et d ?investissement.

Les prévisions d ?embauche dans certains organismes sont en baisse sensible. La mise en place de contrats à durée déterminée, mesure présentée comme compensant la suppression de 550 postes permanents, débouche de fait sur un recrutement insuffisant de jeunes de haut niveau. Dans un contexte où un grand nombre de personnels vont partir à la retraite dans les prochaines années et où les jeunes se détournent de façon inquiétante des carrières scientifiques, cela crée une situation très préoccupante. Elle est tout aussi critique dans les universités en l’absence de créations d’emplois d’enseignants-chercheurs. Avec la diminution concomitante de 300 du nombre d’allocations de recherche en 2004, on conçoit que les étudiants intéressés par la science n’arrivent plus à identifier un projet dans lequel ils pourraient s’impliquer avec quelque chance d’aboutir.

L ?ensemble de ces éléments, et spécialement l’absence de perspectives pour les jeunes, conduit à une perte de confiance des scientifiques envers leur tutelle. Ce doute gagne une grande partie des responsables du monde de la recherche publique.

Pour autant, beaucoup sont conscients de la nécessité d ?une profonde évolution de l ?organisation de la recherche en France, tant dans les organismes que dans les universités. Ils l ?appellent de leurs v ?ux. Cependant, dans le contexte actuel de réduction des moyens et de l ?emploi, le débat nécessaire duquel pourrait résulter une avancée constructive se trouve très mal engagé.

Le CSRT estime nécessaire que la ministre et le Gouvernement fassent rapidement des gestes significatifs permettant de débloquer la situation à court terme afin que puisse être lancé un débat destiné à définir des perspectives sur le long terme dans les conditions de sérénité et de confiance requises afin que puissent émerger des propositions constructives et largement acceptées.

Le Conseil recommande la tenue d’assises régionales, suivies d’Assises nationales, rassemblant tous les acteurs concernés, y compris les représentants des forces économiques et sociales. Pour sa part, riche de sa diversité, il est pleinement disposé à s ?impliquer dans ce processus et à contribuer à ce qu’il permette d’aborder les points fondamentaux de façon ouverte dans la perspective de la loi d’orientation pour la recherche annoncée par le Gouvernement.