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Austérité, regroupements : faire grandir l’exigence d’alternatives !

SNESUP-FSU

le 14 août 2014

La loi de finances rectificative pour 2014, dont l’adoption a été qualifiée de « vote de courage » par le Premier ministre, entérine l’acte I des coupes budgétaires massives que nécessite la mise en oeuvre du Pacte de Responsabilité. L’Enseignement Supérieur et la Recherche sont aux premières loges : parmi les 1,6 milliard d’euros d’annulation de crédits pour 2014, l’ESR contribue pour 25 %, soit autant, pour une année, que les baisses de crédits des 2 années précédentes ! Quant au budget « sanctuarisé » annoncé par le président de la République, il correspond en fait, selon les estimations de G. Fioraso, à un manque de 1,6 Md €au budget de la MIRES par rapport aux besoins, sur la période 2015-2017 ! Ces coupes budgétaires auront des effets dévastateurs dans les établissements et les organismes. Alors que l’emploi scientifique est déjà dans une situation catastrophique dans notre pays, une nouvelle dégradation de l’emploi se profile, elle aussi confirmée par la secrétaire d’État (« les recrutements seront moins nombreux que précédemment »). En parallèle, la course folle aux regroupements des établissements et des organismes continue derrière la carotte de l’appel à projet PIA2, dont le cadrage(1) définit une vision de l’ESR à deux vitesses : à « une dizaine de grandes universités », le « rayonnement de leur recherche, l’attractivité de leurs formations, la notoriété de leur corps académique » ... et l’appel à projets IDEX, aux autres, « le partenariat avec le monde économique », « la formation professionnelle »,... et l’appel à projets I-SITE. Malgré l’obstination du ministère, le calendrier imposé est manifestement intenable (plus de la moitié des 20 COMUE en projet n’auront pas adopté leurs statuts avant l’automne) et les projets, là où ils sont enfin soumis aux personnels, sont massivement rejetés (aucun de la vingtaine de comités techniques d’organisme ou d’établissement consultés à ce jour ne s’est prononcé favorablement !) Pourtant, les moyens existent, aujourd’hui, pour que notre pays investisse dans l’enseignement supérieur et dans la recherche, en réorientant les financements sur projets inefficaces, coûteux et générateurs de précarité vers des budgets pérennes et des emplois permanents, en réformant profondément le crédit impôt-recherche dont chaque pourcent représente la création de 1 000 nouveaux postes de chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens. La mobilisation pour l’emploi scientifique, initiée le 11 juin, doit se poursuivre et s’amplifier. C’est le sens de la pétition lancée par le Comité national de la recherche scientifique(2), c’est le sens de l’initiative « Sciences en marche »(3) en préparation pour l’automne. Le temps doit être donné aux personnels des établissements et des organismes pour élaborer, dans la transparence et la sérénité, sans calendrier contraignant ni modalités imposées, les projets de coopération, tant en recherche qu’en formation, qui sont le ferment même de nos missions. C’est le sens du moratoire des regroupements et de la réécriture de la loi ESR que nous demandons.

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