L’Association "Sauvons la Recherche" Groupes de travail Comités loc. et transv. Université de printemps 2011 EUROPE
Accès thématique Emploi et précarité Communiqués de SLR Actualités communiqués partenaires
Médiathèque Les archives Documentation revue de presse Tribunes et Contributions
accueil contact plan du site admin
caractères +caractères -
article
réactions (0)
Accueil / Actualités / NoU ou PaNoU ? That is the question

NoU ou PaNoU ? That is the question

le 15 juin 2015

L’intersyndicale de l’UPEC (Université Paris-Est Créteil) appelle à une AG des personnels ce mardi 16 juin à voir ici ; elle s’alarme en effet de l’opération de fusion menée "à marche forcée " avec l’UPEM (Université Paris-Est Marne la Vallée). En dépit d’une campagne officielle "Rencontros-NoU", rien n’est clair sur les changements qui attendent les personnels enseignants et administratifs.

Le 2 juin dernier, le dévoilement du projet de gouvernance de la nouvelle université (NoU) a mis le feu aux poudres, d’autant qu’un vote, présenté comme décisif, est prévu dans les CA des deux universités les 25 et 26 juin prochains. Décisif sans doute, mais à 10 jours de ce vote crucial pour l’avenir des deux universités de leurs personnels et de leurs étudiants, nul n’en connait la teneur. Garder si secret le contenu du vote qui sera soumis aux administrateurs apparait de mauvais augure, comme en témoigne du reste la réduction à néant des lieux de délibérations, de débat contradictoire dans la « gouvernance » centralisée de la NoU présentée le 2 juin.

Depuis quelque temps déjà des petites affiches satiriques venaient sporadiquement orner les murs des deux universités, signées d’un collectif dénommé PaNoU PaNoU , témoignant que le projet de fusion (en une NoU), comme la campagne de communication censée « accompagner le changement », ne rencontraient pas l’adhésion espérée. Puis ces affichettes ont circulé par mail, et plus récemment, le manifeste PaNoU ! qui en explique la démarche sur son blog nouvellement créé.

Voici donc les savoureuses affiches ci-joint et le manifeste joyeux qui les justifie.

Voir aussi l’article

Manifeste PaNoU ! NoU, c’est pas nous c’est le ministère ! Nous, c’est PaNoU ! Depuis quelques semaines, PaNoU ! s’affiche sur les murs de tous les bâtiments de l’UPEC et de l’UPEM.  Mais késkeséksa PaNoU ? kicé PaNoU ?... PaNoU ! est le cri des consciences libres contre la lobotomisation de l’Université, contre le rouleau compresseur de sa nouvelle technocratie, contre les mensonges de ses communicants, contre les soumissions de quelques exécutants à ses fossoyeurs. PaNoU ! est la réaction de l’Esprit universitaire contre sa mise au pas programmée par quelques serviteurs zélés du « nouveau management des universités », le cri de rage de quelques roseaux qui osent encore se penser pensants contre les bulldozers et les robots planificateurs du « marché de la connaissance ». En temps de « Fusion » et de « Comue », PaNoU ! est le cri salutaire de tous ceux que révulse le spectacle de la prise en main de l’Université par les méthodes du management d’entreprise et la rhétorique bêta des agences de comm’. Le collectif (PaNoU PaNoU) est né spontanément d’un sentiment partagé de honte, mêlé à une certaine ironie jubilatoire, devant l’affligeante campagne de communication menée par les fusionneurs de l’UPEC et de l’UPEM. En réponse à ce meuglement managérial : « NoU », des personnels enseignants et administratifs des deux universités, lassés d’être pris pour des bœufs, ont répondu par ce cri joyeux : PaNoU !...

« NoU » : le logo de trop, la campagne de comm’ de trop, le détail qui tue… « NoU » (Notez bien le « o » minuscule !), « géniale » trouvaille de communicant qui en cherchant à promouvoir sa « Nouvelle Université » produit ce merveilleux lapsus en globish par lequel les acteurs de la fusion révèlent enfin le fond de leur pensée : la Nouvelle Université sera la NoUniversity  ! (On imagine la montagne d’heures de « brain storming » pour accoucher de ce monosyllabe ridicule : « NoU »… ! Et nos spécialistes en communication, les yeux cernés mais si fiers, se congratulant : « NoU ! Génial !... ») Quoi ! On appellera No University un projet de fusion d’universités… on s’adressera aux personnels par des affiches colorées spécial « mal-comprenants » (« Rencontrons-NoU » !)… et l’Université, le lieu de la pensée, du savoir, de la réflexion critique, de la maîtrise du langage, n’y trouvera rien à redire !... PaNoU ! Quoi ! On prendra gentiment ce monde universitaire pour un paquet de demeurés mobilisable sur un simple slogan branchouille, et l’Université suivra sans mot dire !... PaNoU ! Car la campagne « NoU » de l’UPEC-UPEM n’est pas seulement un magnifique cas de plantage de campagne de comm’, qui bientôt servira de contre-exemple dans les cours de communication, elle est surtout le parfait révélateur des véritables enjeux des processus de « fusion » et de regroupements en « Comue » engagés un peu partout en France : la course à la « masse critique », à la « visibilité internationale », n’est rien d’autre que le dernier acte d’un processus visant à mettre au pas l’Université, à éloigner les personnels des lieux de décision pour préparer le terrain aux futurs « managers » d’université, à faire disparaître ce qui reste des « vieilles » facultés (Qu’y a-t-il de plus vieux que l’argument du « nouveau » ?), à réduire ce qui reste de leur indépendance, de leur « résistance » intellectuelle à toutes les formes de propagande, à en finir - ainsi que le demandent depuis longtemps les puissances économiques - avec les principes de collégialité et de gestion démocratique qui étaient jusqu’à la loi LRU les piliers du fonctionnement universitaire en France. Le lapsus de la « NoU » dit clairement la vérité de son projet : mettre l’université en fusion pour couler ce qu’il en restera dans le moule des « No-University » à venir ! Non, l’Université n’est pas encore tout à fait morte, pas encore tout à fait soumise aux seuls intérêts des entreprises mondialisées, pas encore tout à fait crétinisée par le verbiage technocratique et/ou managérial qui la gangrène ! La preuve, elle peut encore écrire et crier : PaNoU ! Et tous ceux pour qui les mots Liberté, Pensée critique, Indépendance d’esprit, Science, Humanités, en un mot « Université »… ont un sens reprendront avec nous ce simple cri : PaNoU !

Créteil, Marne-la-vallée, mai 2015