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MM. Valls et Hollande, cessez de sacrifier le futur de notre pays sur l’autel du court terme.

Association Sciences en Marche.

le 24 mai 2016

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre,

L’été dernier, M. Thierry Mandon, tout juste nommé secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche (ESR), déclarait que « les questions budgétaires étaient absolument centrales » pour l’ESR et mettait en garde : « quand on vote un budget correct, il faut appliquer le budget qui a été voté » (1), ne serait-ce que par respect pour le parlement.

Alors que la France est à la traine des pays de tête de l’Union Européenne dans le secteur de la recherche tant publique que privée (2), le projet de correctif budgétaire pour faire face à des « dépenses urgentes » rendu public la semaine dernière propose l’annulation de 256 M€ de crédits de l’ESR. Le budget de l’ESR représentant 6% du budget général de l’état, lui faire porter plus de 20% de l’effort demandé à l’ensemble des ministères montre le peu de cas que vous faites de ce secteur, déjà exsangue.

Monsieur le Président, vous déclariez pourtant il y a un mois au sujet des Universités : « Je sais de surcroit que l’augmentation continue des effectifs [étudiants] appellera bientôt des ajustements budgétaires pour y faire face. Je saurai les prescrire le moment venu. » (3). Sur la Recherche, vous déclariez il y a deux mois : « c’est aussi la Recherche française que je veux reconnaître et je veux démontrer qu’elle est la priorité de l’action que nous conduisons »(4). L’incohérence entre vos propos et l’action du gouvernement, dans l’ESR comme dans d’autres domaines, est un affront aux citoyens qui attendent constance et clairvoyance de leurs gouvernants.

Monsieur le Premier Ministre, votre formation initiale d’historien vous a appris que sacrifier le futur d’un pays sur l’autel du court terme et de l’urgence n’est pas digne d’un homme d’état : « Gouverner, c’est prévoir » (5). Mais peut-on vouloir prévoir tout en méprisant le secteur de l’Etat qui a justement pour fonctions de comprendre le monde pour anticiper ses évolutions et de préparer la jeunesse à l’avenir ? Votre incapacité à intégrer le long terme dans votre action hypothèquent le futur de la France et d’une jeunesse, dont nous mesurons chaque jour le désarroi et l’inquiétude.

Alors que le quinquennat touche à sa fin, votre action dans le domaine de l’ESR se résume à la suppression d’un ministère dédié et à la poursuite cynique et sans imagination de la politique du Président précédent, qui à défaut de vision avait au moins l’honnêteté de ne pas cacher son mépris sous des paroles apaisantes.

Dans la période troublée que nous traversons, la France a besoin d’être dirigée par des hommes et des femmes d’Etat visionnaires, pas par de simples gestionnaires des affaires courantes, qui peinent à répondre à l’urgence de situations qu’ils n’ont pas su anticiper. Monsieur le Président, Monsieur le premier Ministre, nous espérons que dans un sursaut de clairvoyance et de dignité vous reviendrez sur cette annulation de crédits dédiés à la recherche et à l’enseignement supérieur.