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Lettre explicative à nos amis et connaissances leur demandant de signer la pétition citoyenne

Par Santiago Pita, le 25 février 2004

La lettre suivante est destinée à nos parents, amis et connaissances afin de les informer brièvement sur la situation de la recherche, sur le pourquoi du mouvement et leur demander de nous soutenir en signant la pétition citoyenne. Si vous êtes d’accord avec le texte faites un copié-collé, signez-le et envoyez-le à un maximum de personnes !

Anne Lemiere et Santiago Pita

Chers amis,

Comme vous le savez, je travaille dans la recherche publique. Plus qu’un métier ou une vocation, la recherche, et en particulier la recherche fondamentale, représente pour moi un réel engagement dans une société se donnant pour but d’évoluer et d’avancer dans la compréhension du monde qui l’entoure.

La recherche fondamentale essaie de répondre à des questions essentielles multiples et variées (on peut citer par exemple le fonctionnement de l’univers, la composition de la matière, l’origine de la vie, l’évolution des espèces, l’influence de l’homme sur l’environnement, la fonctionnement de la mémoire, la perception sensorielle, la division cellulaire, etc). S’il s’agit-là d’un outil extraordinaire d’acquisition désintéressée des connaissances - dont les retombées sont difficiles à prévoir a priori - il faut souligner avec force son rôle incontournable pour l’économie et le développement de notre pays : sans recherche fondamentale aujourd’hui, pas d’innovation demain ! La France ne peut avoir une croissance économique importante et durable, un enseignement supérieur de qualité et au-delà un rayonnement culturel international sans un effort important et soutenu de recherche publique.

Aujourd’hui, la recherche fondamentale est menacée : à travers des gels de crédits, des diminutions sans précédent du budget et des embauches (économie dérisoire alors même que le gouvernement vient de promettre aux restaurateurs une baisse de la TVA qui devrait coûter 20 fois plus cher !), le gouvernement asphyxie tous les organismes publiques de recherche [voir notes] (CNRS, INSERM, INRA, etc.). Dans ce contexte, les jeunes chercheurs formés en France - bac+10 en moyenne -, qui se voient proposer un nombre très limité de postes pour environ 2000 euros par mois, n’ont souvent pas d’autre alternative que d’aller exercer leur expertise ailleurs, souvent aux Etats-Unis où des salaires beaucoup plus attractifs (facilement le double) et des conditions matérielles autrement meilleures leurs sont proposés.

Les plus hautes autorités de l’Etat ne cessent d’affirmer que la recherche constitue une priorité nationale. Ce discours est tellement démenti par les faits qu’il a suscité la colère et la mobilisation de toute la communauté scientifique, révélant ainsi une crise de confiance sans précédent. Un collectif baptisé "Sauvons la recherche" s’est mis en place récemment et a lancé une pétition sur internet destinée aux personnels du secteur de la recherche (plus de 53000 signataires aujourd’hui). En particulier, les directeurs de laboratoires signataires (plus de 50% des directeurs de labo au CNRS et plus de 60% à l’INSERM -recherche médicale-) s’engagent à démissionner collectivement de leurs fonctions administratives si le gouvernement n’a pas fait un geste fort d’ici le 9 mars. C’est dire si la crise est sérieuse.

Il est urgent d’inverser la politique actuelle qui conduit, à court terme, à la disparition de la recherche publique française de la compétition internationale et à la vassalisation technologique de la France. Une deuxième pétition a récemment été mise en ligne afin de recueillir le soutien de l’ensemble des citoyens (60000 signatures en quelques jours !). Je compte sur votre soutien et j’espère réellement que vous signerez cet appel. Il suffit pour cela de cliquer sur :

http://cdfinfo.in2p3.fr/RechercheEn...

et de remplir le très court formulaire sur la gauche. N’hésitez pas par ailleurs à envoyer ce message à vos parents, amis et collègues.

Je suis naturellement à votre disposition pour vous fournir toute information complémentaire.

Amicalement

Notes :

1./ En 2002-2003, les sommes allouées aux laboratoires de recherche ont chuté de 33.8 % pour le CNRS, 28.2 % pour l’INSERM et 26.3 % pour l’INRA (Source : Le Monde).

2./ La France investit 1% de son PIB dans la Recherche, ce qui la place en tête des pays industrialisés (à égalité avec les Etats-Unis, et en avance par rapport aux pays européens).

MAIS ce calcul est totalement biaisé pour les raisons suivantes :

a) contrairement aux Etats-Unis et en Europe, la France inclut dans son calcul les dépenses liées au nucléaire civil, à l’aérospatiale et à l’aéronautique. b) contrairement aux Etats-Unis et en Europe, le salaire des chercheurs est prélevé sur le budget de la Recherche (70-80% du budget des organismes), alors qu’aux Etats-Unis, la grande majorité des chercheurs sont universitaires. Leur salaire provient donc du budget des Universités (Education). c) contrairement aux Etats-Unis et en Europe, l’état finance les jeunes entreprises (start-up,...) dans un but louable de valorisation de la Recherche, sur le même budget de la Recherche. d) contrairement aux Etats-Unis et en Europe, 30% du Budget Civil de la Recherche et Développement vont à d’autres Ministères pour l’emploi, le plan, la justice, l’environnement,.... une partie est même versée à l’Anvar.

Bilan : le budget public alloué à la Recherche Française, calculé sur des bases internationales, n’est plus de 1% mais est estimé à 0.5-0.6% du PIB. Nous devrions donc doubler ce budget pour égaler nos compétiteurs internationaux.