L’Association "Sauvons la Recherche" Groupes de travail Comités loc. et transv. Université de printemps 2011 EUROPE
Accès thématique Emploi et précarité Communiqués de SLR Actualités communiqués partenaires
Médiathèque Les archives Documentation revue de presse Tribunes et Contributions
accueil contact plan du site admin
caractères +caractères -
article
réactions (0)
Accueil / revue de presse / Dérapage à l’Université de Nantes

Dérapage à l’Université de Nantes

le 25 mai 2018

(mise à jour)

Les personnels de l’université soutiennent leurs deux collègues, une lettre ouverte au président de l’université peut être signée ici

Rappel des faits : Malgré les difficultés prévisibles dans ce moment de forte contestation étudiante, au bon déroulement des examens, à l’université de Nantes, aucun report ou aménagement des épreuves n’a été envisagé et la présidence a ainsi délégué aux personnels la gestion des éventuelles actions... avec le soutien des forces de l’ordre.

Ainsi, vendredi 18 mai 2018, suite à une echauffourrée, 7 personnels administratifs qui déclarent avoir été encerclés et insultés se sont concidérés comme agressés et ont déposé plainte. Cause de la dispute : les personnels de surveillance voulaient garder les cartes étudiants de ceux qui étaient présents. Sans attendre les résultats d’une éventuelle enquête de police, le Président de l’université a annoncé mercredi 23 mai à tout le personnel :

"Je vous informe que plusieurs collègues sont en arrêt de travail et que des plaintes circonstanciées ont été déposées au commissariat central. Ces plaintes qui caractérisent une agression mettent en cause des personnels et des étudiants de l’université. Il n’y a aucune ambiguïté sur ce point.

Les conséquences sont de deux ordres :

  • Une enquête peut être menée par les services de police sous l’autorité du Procureur de la République.
  • En ce qui concerne l’université, je vais prendre des mesures conservatoires dès aujourd’hui et saisir la section disciplinaire."

Puis, l’un des deux enseignants présents reçoit, le jeudi 24 mai, une notification de suspension de toutes ses fonctions.

Ainsi, au lieu d’essayer d’apaiser la situation, le Président a agravé les tensions et est en train de perdre la confiance de ses collègues.

Pourtant, l’un des enseignant mis en cause témoigne :

Si je fais l’objet d’une accusation de "violences physiques", c’est précisément parce que j’ai très vite pris la mesure de l’exposition des personnels administratifs à un danger et/ou à un risque et que je suis précisément intervenu avec ma collègue, non sans succès, pour calmer les ardeurs étudiantes. J’ajoute que si je ne me suis jamais personnellement senti en danger en m’interposant corporellement entre étudiants et administratifs, je témoigne ici que les personnels de la présidence étaient clairement placés en situation d’insécurité et que, non formés ni préparés à vivre une telle situation, il ne pouvaient que cultiver le sentiment d’un risque de péril éminent. A ce titre, et de la même manière qu’ils en ont bénéficié en actes devant le Pôle vendredi, ils ont mon entier soutien. Ma compréhension à leur égard est totale, même si je regrette que leur vision des choses perturbée par la situation de tension qu’ils vivaient les ait amenés à considérer que j’étais l’un des auteurs des faits pour lesquels ils ont manifestement déposé plainte (je n’en ai pas confirmation). En conséquence, soyez assurés que je ne minore ni ne conteste en aucune manière la réalité de la situation de tension observée, celle-ci étant faite de cris, de slogans et de mouvements des corps mais pas d’insultes et encore moins de coups et de bousculades, ma collègue ayant de surcroît demandé aux étudiants présents - et obtenu sur le champ - qu’il reculent s’ils voulaient obtenir une réponse à la question qu’ils posaient de manière très véhémente.

Finalement les examens ont été suspendus...

Les syndicats Snesup, CGT, Sgen et Sud ont immediatement apporté leur soutien à leurs collègues, le département des deux enseignants-chercheurs a adressé une motion de soutien au Président. Va-t-il faire marche arrière ? On sait qu’une video existe et les témoignages abondent qui vont dans le sens de celui du professeur incriminé.