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Aventurisme universitaire

ou la fin du statut de la Fonction Publique

le 16 mai 2019

L’ordonnance n° 2018-1131 du 12 décembre 2018 relative à l’expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d’enseignement supérieur et de recherche enthousiasme certaines universités.

C’est en s’appuyant sur cette ordonnance que des universités vont pouvoir, de leur propre volonté, sortir du carcan de la fonction publique, avec peut-être quelques dégâts collatéraux pour les étudiants qui ne pourront accéder aux études de leur choix, qui devront payer ; pour les personnels qui verront leurs conditions de travail dégradées (par le pilotage, les mutualisations, la précarité), qui perdront le sens de leur mission.

  • À Paris Sciences et Lettres (PSL) cette ComUe va devenir un un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel expérimental, dérogeant au Code de l’éducation. : ses statuts sont soumis au CA le jeudi 16 mai 2019. Une pétition a été lancée pour s’y opposer, qui explique les inquiétudes réelles. La principale tient à la concentration du pouvoir :

"C’est au niveau de la direction de PSL (art. 13) que vont se décider les politiques de formation et de recherche de chacun des établissements membres, mais aussi la stratégie en matière de ressources humaines, de levée de fonds ou de stratégie immobilière."

Et par direction, il faut entendre un président, un directoire (composé des présidents des composantes) et aussi un CA avec 39% des voix pour les représentants du personnel et des étudiants.

  • À Nantes... c’est pareil, tous les textes publics sont ici, et en prime l’université de Nantes a financé une vidéo pour les mal comprenant.

Comment on obtient une telle servitude volontaire ? Par l’argent. À PSL c’est un IDEX qui est promis et à Nantes l’Isite NExT : on lit dans son projet de mars 2017 déposé au titre du PIA : " L’objectif de l’initiative NExT est de créer la Nouvelle Université à Nantes (NUN)". On ne peut plus clair.

On y lit aussi d’ailleurs, page 61 :

"Master d’excellence NExT : programmes en anglais (excepté pour les cours de français), autonomie financière grâce aux frais de scolarité des étudiants hors UE. Au sein des Graduate Programs/Schools, les étudiants bénéficieront de services de qualité (tutorat, coaching...). Les premiers masters NExT ouvriront en septembre 2017."

Comment qualifier alors le revirement du CA de l’université de Nantes du 25 février 2019 qui condamne la hausse des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires ?