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motion de la section 17 du CNU

le 7 février 2020

Voici le texte de la motion adoptée aujourd’hui 06/02/20 par la section 17 (philosophie) du Conseil national des universités.

À la lumière des orientations figurant dans les rapports préparatoires à la Loi de programmation pluriannuelle de la Recherche, les membres 17e section (Philosophie) du Conseil national des Universités (CNU), réunis en assemblée générale, rappellent leur attachement à l’existence du CNU en tant qu’instance garante de l’équité, de l’impartialité et de la collégialité dans l’appréciation des carrières des enseignants-chercheurs et dans l’expertise des dossiers présentés par les candidats à la qualification aux fonctions d’enseignant-chercheur. Elles et ils rappellent leur attachement aux principes fondamentaux constamment défendus par la 17e section lors des précédentes mandatures :

- le principe de la qualification nationale aux fonctions d’enseignant-chercheur (MCF et PR) ;
- le principe du concours national pour l’accès aux postes de titulaires de l’enseignement supérieur ;
- le principe du référentiel national et statutaire d’enseignement de 192h ETD, et donc le maintien de la clause d’accord des intéressés en matière de modulations des services, ainsi que le maintien de la rémunération des heures complémentaires au-delà des 192h ETD.

Les membres de la 17e section s’opposent fermement à toute dérogation à ces principes fondamentaux. Elles et ils s’opposent résolument à toute mise en cause de l’existence du CNU, estimant au contraire que son rôle devrait être encore renforcé et ses missions étendues.

La 17e section considère que l’existence du corps des Maîtresses et Maîtres de conférences des universités est un atout du système français d’enseignement supérieur. En conséquence, la 17e section est hostile à l’introduction de nouveaux contrats faisant exception aux dispositions statutaires : elle dénonce le recours de plus en plus massif au personnel précaire dans l’enseignement et la recherche. En lieu et place de la contractualisation, et donc de la précarisation de l’emploi des jeunes chercheuses et chercheurs, les membres de la 17e section réclament non seulement la préservation des actuels postes de titulaires, mais la création de nouveaux postes de Professeures, de Professeurs, de Maîtresses et Maîtres de conférences des universités et de personnels administratifs, seul moyen de faire face à la fois à l’augmentation du nombre des étudiants et à l’accroissement continuel de la charge de travail, notamment administratif, des enseignants-chercheurs. Les membres de la 17e section entendent que les promesses de revalorisation du début de carrière des Maîtresses et Maîtres de conférences ne se payent pas du prix de la suppression de postes de titulaires.

Les membres de la 17e section s’opposent à la diminution des crédits récurrents de la recherche, et donc à la généralisation des financements par projets dont la conséquence est de développer la concurrence entre les enseignants-chercheurs, de porter atteinte à la liberté de la recherche en privilégiant les orientations retenues au niveau ministériel et de restreindre l’autonomie des unités de recherches au profit d’une centralisation politique du pilotage de la recherche.

En tant qu’instance nationale d’évaluation des carrières des enseignants-chercheurs en philosophie, la 17e section du CNU est hostile à toute forme de déconnexion de l’enseignement et de la recherche. C’est pourquoi elle est également hostile au projet de réforme du concours du CAPES et à la diminution substantielle de la part de la formation disciplinaire en philosophie induite par cette réforme : cette « réforme », au nom d’une pédagogie mal comprise associée aux restrictions budgétaires, aboutira à former de futurs enseignants qui, à la fois, n’auront plus qu’un faible bagage de connaissances en philosophie et auront été privés d’une véritable formation à la recherche dans leur discipline.

Dans un contexte marqué par des projets d’accentuation des formes de précarisation du personnel enseignant et administratif, tant dans le secondaire que dans le supérieur et la recherche, les membres de la 17e section expriment d’autant plus vivement leur opposition au projet de Loi «  instituant un système universel de retraites » qui, en l’état actuel des choses, conduira à une baisse très significative des pensions versées aux fonctionnaires de l’État en général, et en particulier aux personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La 17e section demande instamment que la Commission permanente du CNU soit, au même titre que d’autres instances (notamment la Conférence des Présidents d’universités et le Comité national de la Recherche scientifique), constamment associée à toutes les phases de l’élaboration de la Loi de programmation pluriannuelle de la Recherche. La 17e section demande en particulier que la CP-CNU soit systématiquement associée à la réflexion relative à la place et au rôle de l’HCERES dans le dispositif national d’organisation et d’évaluation de la recherche : elle dénonce l’incertitude que les rapports préparatoires à cette Loi font peser sur les missions qui, à l’avenir, seront celles de l’HCERES et, partant, sur les usages possibles des évaluations auxquelles le CNU contribue. Dans ces conditions, les membres de la 17e section se réservent la possibilité de ne plus participer ni contribuer aux activités de l’HCERES.

Fait à Paris, le 6 février 2020