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Un gouvernement qui hait la jeunesse (bis) — La visite à Saclay

le 22 janvier 2021

Jeudi 21 janvier 2021, plus de policiers que d’étudiants pour accueillir le président de la République et la ministre à l’université Paris-Saclay. Des personnels et étudiants ont pourtant réussi à manifester leur opposition à la LPR, à la fermeture des universités et au projet de réforme de leur université.

Voilà bien le silence que j’aime dit le diable, mais quel est ce bruit [...] c’est leur cœur qui bat, qui bat (Les visiteurs du soir, film tourné par Marcel Carné sous l’occupation).

Compte-rendu de la visite, par des représentants CGT, FSU, SUD éducation, SUD Recherche, UNEF

Aujourd’hui, E. Macron et F. Vidal étaient à l’université Paris-Saclay, pour l’inauguration du plan quantique. E. Macron en a profité pour venir rencontrer quelques étudiant·e·s trié·e·s sur le volet, sur la question des conditions de vie et d’études actuelles.

Cette visite avait été tenue soigneusement secrète par la Présidence de l’Université, jusqu’au dernier moment. Ni les personnels, ni les étudiant·e·s, ni les élu.e.s des conseils n’ont eu d’information officielle sur cette visite. Pour justifier le bouclage des salles, des bâtiments, des routes et des parkings, les personnels ont reçu l’information qu’il y aurait des travaux sur l’université... Seul·e·s quelques étudiant·e·s soigneusement choisi·e·s ont été invité·e·s, alors même que, lors de son intervention, E. Macron a annoncé être là pour "échanger très librement" et "sans tabou" avec des étudiants sur les problématiques liées à la crise sanitaire.

Des personnels et étudiant·e·s de l’Université ont tenu malgré tout à profiter de cette visite pour exprimer leur opposition à la LPR (Loi de Programmation de la Recherche), à la fermeture des universités aux étudiant·e·s, et au bétonnage du plateau de Saclay ; ils et elles avaient rendez-vous à quelques centainesde mètres du lieu de l’intervention d’E. Macron.

En se rendant à ce rendez-vous, une partie d’entre elles/eux ont été arrêté·e·s par la police dans le campus et sommé·e·s , sous la menace d’une garde à vue, de remettre leurs banderoles et affiches, alors même que celles-ci n’avaient pas encore été dépliées. Après avoir relevé leur identité et les avoir retenu·e·s sans explications pendant un long moment, ils et elles ont été ensuite expulsé·e·s de l’université afin de les empêcher de rejoindre leurs camarades. Des étudiant.e.s ont même été fouillés et ont vu leurs banderoles et pancartes être détruites devant eux.

Pour celles et ceux qui ont réussi à rejoindre le rendez-vous, après avoir déployé quelques banderoles et chanté quelques slogans, ils et elles ont été repoussé·e·s en dehors du campus, et nassé·e·s près de la rivière dans quelques mètres carrés par un nombre impressionnant de gardes mobiles. Si le taux d’encadrement des étudiant·e·s était aussi bon que celui dont ils et elles ont bénéficié ce matin... ce serait un progrès pédagogique important ! Ces personnels et étudiant·e·s ont été retenu·e·s sans motif à plusieurs centaines de mètres du premier barrage de police pendant plus de 2h, avec une prise de photographies. Pendant ce temps, E. Macron devisait à la Maison des Étudiants au milieu de son petit cercle choisi. Au bout de deux heures, les manifestant·e·s ont été autorisé·e·s à rejoindre leurs voitures... encadré·e·s chacun·e d’une escorte de gendarmes, au milieu desquels ils et elles ont traversé tout leur campus, sous l’œil ébahi de leurs collègues et camarades.

À ces diverses occasions, la police a abondamment filmé les personnels et étudiant·e·s. Leur fichier de renseignement va s’en trouver enrichi...

La présidence de l’Université, une fois de plus, a montré le peu de considération qu’elle a de la communauté universitaire, prenant ainsi modèle sur la ministre F. Vidal, qui n’avait pas jugé bon de recevoir les représentants des personnels la semaine dernière. Un "échange libre" ne se résume pas à une discussion en petit comité bien choisi : la souffrance des étudiant·e·s, l’épuisement des personnels, pourtant bien réels, sont ignorés, et leur expression réprimée.