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Une tentation maccarthyste

Par la rédaction, le 17 février 2021

Ainsi notre ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche (et de l’Innovation) entend ouvrir une nouvelle chasse aux sorcières. Questionnée sur CNews (la video peut être vue ici) à propos de cette déclaration de Gilles Kepel : “Les islamo-gauchistes tiennent le haut du pavé à l’Université et ils interdisent toute approche critique”, elle répond "je vais demander au CNRS de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’Université [...] de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme, de l’opinion."

Tout d’abord ce réflexe qui consiste à considérer le CNRS comme une agence au service de l’action politique en dit long sur une ministre...qui n’innove malheureusement pas. Mais c’est surtout cette légèreté avec laquelle elle assume un terme polémique et essentiellement véhiculé par l’extrême droite qui a fait réagir les plus hautes autorités scientifiques, ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme (voir ci-contre).

(source de l’illustration)

Le CNRS l’affirme L’« islamogauchisme » n’est pas une réalité scientifique : "Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance."

Quant à l’alliance Athéna qui devrait prendre en charge cette mission voulue par la ministre, elle affiche sur son site le communiqué de presse de la CPU : " La CPU regrette donc la confusion entre ce qui relève de la liberté académique, la liberté de recherche dont l’évaluation par les pairs est garante, et ce qui relève d’éventuelles fautes ou d’infractions, qui font l’objet si nécessaire d’enquêtes administratives (par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche), ou d’enquêtes pénales. La CPU s’étonne ainsi de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir ce qui relève « du militantisme ou de l’opinion » ."

Une ministre délégitimée, critiquée, inutile sauf pour créer des polémiques et enrager les personnels n’a pas sa place dans notre système d’enseignement supérieur et de recherche.