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Communiqué de presse suite aux annonces du gouvernement (27 février)

Par Bertrand Monthubert, le 27 février 2004

Le gouvernement vient de manquer l’occasion de rétablir la confiance avec les personnels de la recherche, dans les universités ou les organismes de recherche, du doctorant au directeur de laboratoire. Le Premier Ministre a indiqué il y a 2 jours qu’il débloquerait 300 millions pour la recherche. Nous sommes heureux de constater que le gouvernement a considéré que cette première exigence urgente du collectif "Sauvons la Recherche" était légitime. Plus précisément, il a considéré comme légitime le fait de payer en 2004 des crédits qui auraient dû être versés en 2002 et 2003 mais qui avaient été gelés. En d’autres termes, le gouvernement va simplement éponger une dette qu’il avait depuis 2 ans envers la recherche ! En ce qui concerne la question la plus importante, celle des débouchés des jeunes chercheurs, notre revendication a toujours été claire. Dès le 16 janvier, nous avons chiffré cette revendication à un niveau là encore très raisonnable : le rétablissement des 550 postes supprimés dans les EPST, et la création d’un nombre adéquat de postes d’enseignants-chercheurs à l’Université, sur la base du plan pluriannuel de 2001 qui prévoyait un millier de créations de postes par an. Nous rappelons que la situation actuelle va provoquer la première baisse de l’emploi scientifique dans les organismes de recherche depuis 1945, et que, pour la première fois depuis 1979, aucun poste ne sera créé cette année dans les Universités !.

La réponse du gouvernement est indécente : sa proposition porte sur 120 postes au lieu de 550 pour les organismes de recherche, et aucun poste à l’Université au lieu d’un millier. Cette mesure est emblématique du manque de conscience de la gravité de la situation par le gouvernement. Ses discours ne parviennent pas à cacher la réalité d’une rupture de contrat envers les jeunes chercheurs. Nous avons déjà fait savoir au gouvernement qu’une telle réponse serait inacceptable. Pour permettre à des jeunes chercheurs de postuler à des postes supplémentaires à l’Université, par exemple, il en coûterait, pour 2004, environ 30 000 euros annuels par poste... c’est-à-dire 30 millions d’euros pour 1000 postes ! 30 M d’euros, c’est 2% de la somme annuelle qui sera attribuée pour la baisse des charges dans la restauration. Ne pas accorder les postes statutaires demandés relève donc d’un choix politique ! Comment expliquer autrement que les suppressions de postes dans la Recherche en 2004 représentent 10% de toutes les supressions de fonctionnaires, alors que les personnels dans ce secteur ne constituent que 1% des effectifs de la fonction publique !. Comment atteindre, dans ces conditions, l’objectif des 3% du PIB en 2010 fixé par le Président de la République et croire que la Recherche est une "priorité" pour ce gouvernement ? L’annonce du Ministère donne, en particulier, toute la mesure du dédain avec lequel il traite les Universités, dans lesquelles se mène pourtant une très large part de la recherche nationale. Tout le monde sait qu’elles doivent mettre en place la réforme de l’harmonisation européenne sans qu’on leur en donne les moyens nécessaires et alors qu’elles se trouvent dans une situation extre mement difficile. Elle démontre aussi un mépris à l’égard des Sciences Humaines et Sociales, dont la recherche se fait essentiellement dans les Universités et dont la situation est déjà désastreuse.

Enfin cette attitude augure bien mal de ce que sera le budget de l’année 2005 !

Mais surtout, et c’est sans doute le plus grave, elle ne va pas encourager les plus jeunes à vouloir s’engager dans les métiers de la recherche. Les postes transformés en CDD sont destinés à accueillir des chercheurs étrangers de haut niveau, et ne sont donc pas destinés aux jeunes chercheurs.

Le président Chirac a déclaré hier qu’il souhaitait que la loi de programmation sur la recherche, prévue pour la fin 2004, se prépare dans des conditions où le dialogue et la confiance seraient rétablis avec les chercheurs. Retrouver cette confiance et ce dialogue exige des actes et non des paroles. L’ouverture des recrutements statutaires que nous réclamions aurait permis de rétablir cette confiance.

Nous regrettons profondément que cette chance ait été manquée.

Le collectif " Sauvons la Recherche ", fort de 135 000 pétitionnaires chercheurs et citoyens, indiquait hier par la voix de son porte-parole Alain Trautmann à madame Haigneré que l’offre qu’elle prévoyait ne dégagerait pas les conditions requises pour que nous puissions travailler ensemble à l’organisation des Assises de la Recherche. Nous avons donc décidé de lancer nos propres Etats-Généraux de la Recherche. Ceux-ci sont préparés par un groupe de travail composé de membres du collectif Sauvons la Recherche, de personnalités scientifiques, de représentants de jeunes chercheurs, et associera également des membres au-delà de la communauté scientifique. Le 9 mars prochain, à l’issue de l’Assemblée Générale des Directeurs de laboratoires, nous lancerons officiellement ces Etats-Généraux et annoncerons publiquement la forme que nous leur donnerons, associant l’ensemble de la communauté scientifique, et au-delà les citoyens qui sont les premiers concernés par le bien commun que constitue la Recherche.