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Appel à la réunion historique du 9 mars

Par Alain Trautmann, le 4 mars 2004

Le 9 mars aura lieu à l’Hôtel de Ville de Paris (le grand amphi de la Sorbonne nous a été refusé par le rectorat) une assemblée générale réunissant des directeurs de labo et des chefs d’équipe. Cette assemblée aura à prendre des décisions majeures pour l’avenir de la recherche en France. Il est très important d’y être présent !

Depuis le 7 janvier, des centaines de directeurs de laboratoire et de chefs d’équipe se sont engagés, en signant l’appel "Sauvons la recherche", à démissionner de leurs fonctions administratives si les réponses gouvernementales à 3 questions n’étaient pas satisfaisantes. Ces questions, formulées en des termes assez généraux dans la lettre initiale, ont été précisés, chiffrés et rendus publics dès la première entrevue avec Claudie Haigneré, le 16 janvier. Ils ont constamment été rappelés depuis.

Alors que la date du 9 mars est toute proche, le Collectif considère que les propositions faites par C. Haigneré sont très insuffisantes : rappelons que l’annonce de déblocage de 293 M ? ne constitue que le reversement de crédits 2002 toujours impayés, qu’après restitution de 120 postes statutaires, le bilan net est toujours une baisse très nette de l’emploi statutaire dans la recherche, aucune création de poste dans les universités. Sur le fond, le message adressé aux jeunes chercheurs hors-statut (et aux jeunes qui hésitent à entrer dans la voie de la recherche) est resté identique : avenir bouché, vivement déconseillé.

Ces résultats très insuffisants mais indéniables, ont été arrachés grâce à une extraordinaire mobilisation de la communauté scientifique qui a recueilli par ailleurs un énorme témoignage de sympathie de la population. Cette vague de mobilisation a su transcender les clivages entre les disciplines, les diversités des métiers de la recherche et a surmonté les tentatives du ministère de faire éclater cette unanimité dont les derviers avatars sont les pressions exercées sur nos collègues de l’INSERM.

A un moment où cette mobilisation sans précédent de la communauté scientifique a non seulement fait naître au sein de celle-ci de nombreux espoirs sur les possibilités de réforme de notre système de recherche publique, mais a aussi redonné une espérance aux jeunes doctorants sur les possibilités d’une politique ambitieuse concernant l’emploi scientifique, il est de notre devoir d’assumer nos responsabilités et d’aller au bout du processus amorcé lorsque chacun d’entre nous a signé cette pétition. La grande force du mouvement "Sauvons la Recherche" a été son unité, y compris au sein des labos, entre les différentes professions et entre les différentes classes d’âge. Nous sommes aujourd’hui au milieu du gué, nous devons rester solidaires pour obtenir satisfaction, sans quoi le principal objectif du mouvement (une refondation de l’outil de recherche publique pour les 10 ou 15 années à venir) en serait gravement menacé.

Directeurs de labos, chefs d’équipe, VENEZ à Paris le 9 mars. Au cours de cette réunion (Ordre du jour détaillé), vous serez informés de toutes les actions menées par le Collectif SLR depuis deux mois, de l’état à ce jour des propositions du gouvernement et l’analyse précise du Collectif sera exposée. Suite à ces informations aura lieu un débat concernant les modalités, les conséquences et la décision de démission des fonctions administratives. Le cas échéant, les directeurs démissionaires pourront préparer leurs lettres de démission pour chacune de leur tutelle. Vous verrez qu’il n’y a pas lieu d’être véritablement inquiet sur les conséquences de la démission des fonctions administratives. On sait maintenant que ces dernières seront gérées collectivement par les directeurs d’organismes (et non au cas pas cas). Elles seront très probablement refusées, car les directeurs d’organismes seront dans l’incapacité de gérer autrement des démissions massives. Quant aux étudiants, bien entendu leur encadrement devra être assuré dans tous les cas ! Le 9 mars, il importera alors de discuter ensemble de la suite à donner à notre mouvement (grève administrative, avec quel contenu, etc...) : comment s’assurer que les crédits débloqués soient effectivement rapidement versés pour être utilisables en 2004 ? Comment s’assurer que les résultats qui viennent d’être obtenus ne soient pas repris dès la loi de finance 2005 ? Comment s’assurer que les Etats Généraux à venir débouchent sur un plan pluriannuel ambitieux ?

A un moment où aucune décision symbolique concernant tout particulièrement l’emploi des jeunes tant dans les organismes de recherche que dans l’enseignement supérieur n’a été prise par ce gouvernement nous devons prendre ensemble nos responsabilités. Les enjeux du 9 Mars dépassent largement la simple communauté scientifique mais concernent le pays dans son ensemble et c’est de cette responsabilité-là que nous sommes dorénavant dépositaires et que nous devons assumer.