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La presse et SLR à Marseille

Par Daniel R Mestre, le 7 mars 2004

Du 18 au 25 février : Petite étude comparée du traitement de l’information dans METRO, LA Marseillaise et LA Provence

Le 18 Février

Metro Marseille annonce dans un communiqué sibyllin l’assemblée générale des chercheurs à l’IUFM. Aucune mention de la conférence de presse organisée à l’Agora des Sciences.

Le 19 Février

* Rien dans Métro

* La Marseillaise évoque longuement les actions du collectif

En première page, titre "Les chercheurs font de la résistance"

Page 5, l’ensemble de la page est consacrée à la question, avec deux papiers principaux.

Le premier intitulé "Pénurie Budgétaire" avec comme sous titre "Recherche Scientifique : Les cerveaux en fronde" présente une photo de la tribune constituée de chercheurs, professeurs, doctorants et post-doctorants, réunie à l’AGORA des Sciences, lors de la conférence de presse du 18 février. Il est mentionné la présence d’Alain Trautman, porte-parole du Collectif "Sauvons la Recherche". Le papier s’attache à rappeler l’historique du mouvement et le fait, souligné par Y. Ben Ari, directeur de l’INMED (Marseille), que le mouvement est rapidement devenu plus populaire qu’on aurait pu le penser au départ. La suite prouvera ce point, et il faut ici mentionner que c’est un fait suffisamment rare (voir le sentiment d’isolement médiatique souvent rapporté chez les chercheurs) pour saluer ici le journaliste très bien documenté (Antonio Moreira) qui rédige l’article. L’évolution du mouvement vers une démission collective des directeurs d’unité de leurs responsabilités administratives (le 9 Mars prochain) est rappelé. Enfin Jean-Paul Moatti, directeur de laboratoire à l’INSERM présente une analyse de la situation qui suggère que, si les orientations gouvernementales restent ce qu’elles sont, la France est appelée à jouer, au plan international, un rôle de second ordre, d’imitateur de la technologie développée dans d’autres pays (une manière de dénoncer les promesses creuses de nos gouvernants).

Le second papier, intitulé "Assemblée générale", porte comme sous-titre "L’opinion publique plébiscitée". Il évoque l’Assemblée Générale qui a suivi la conférence de presse évoquée dans le premier papier. Celle-ci s’est tenu dans un amphithéâtre de l’IUFM. Le titre un peu énigmatique de l’article fait référence au fait que le mouvement semble bien accueilli dans le public. On pourrait ici modérer un peu l’enthousiasme du journaliste, en remarquant qu’il reste pas mal de travail à faire pour faire comprendre le problème au grand public, même si cette assemblée générale sur la Canebière va dans la bon sens. Il faut aussi remarquer avec Stéphane Revel que les "vieux" chefs de labo prennent plus volontiers la parole que les jeunes. Là aussi, peut-on espérer qu’on est à la veille d’un réveil des consciences des jeunes chercheurs, peut-être trop longtemps habitués à courber l’échine et à travailler (puisque c’est cela qu’ils aiment, encore heureux qu’on ne les fasse pas payer pour faire un travail si passionnant, et autres fadaises du même genre). Le fait est que si le mouvement est populaire c’est peut-être parce que la population entière commence à sentir, avec les chercheurs, qu’on lui demande de se serrer la ceinture sans objectif clair.

Sur la même page, l’encadré évoque un des problèmes principaux qui a donné lieu au mouvement actuel, la "précarisation" des jeunes chercheurs, qui voient leur contrats CDI transformés de plus en plus en contrats CDD de deux ans, mal payés. Jean-Michel Claverie, Directeur de Recherche au CNRS, évoque une vision pessimiste des choses, dans laquelle le gouvernement se débarrasse de ses fonctionnaires de recherche, inutiles dans un pays dont la vocation est essentiellement touristique (sarcasme ?)

Il faut aussi noter dans ce numéro du journal, à propos de l’éducation nationale, l’édito de Maurice Brandi, intitulé "La guerre à l’Intelligence" (non sans rappeler le manifeste de Inrocks). Brandi y évoque une attaque généralisée du gouvernement envers les artistes, chercheurs et enseignants, au profit des intérêts du capitalisme et de la répression. Il reprend la phrase de V. Hugo "Ouvrez les écoles, vous fermerez les prisons".

* La Provence évoque le mouvement des chercheurs en couverture avec pour titre "Les chercheurs veulent des crédits", en synthétisant la chose avec "53000 signatures à la pétition" et la menace de démission collective des directeurs de laboratoire. Sous le chapitre "social", Michel-Philippe Baret signe deux papiers, page 20.

Le premier, intitulé "des chercheurs plus que jamais mobilisés" a pour sous-titre "La lutte contre les coupes budgétaires continue : 50000 signatures collectées par le collectif "Sauvons la recherche". Le papier, qui évoque la conférence de presse de l’Agora des Sciences, reprend largement les arguments développés dans La Marseillaise, en en remettant une couche, par les propos de Bernard Fontaine, qui reprend l’argument selon lequel si un monde aussi individualiste que la recherche se soulève c’est vraiment un signe que la coupe est pleine (en termes de restrictions budgétaires et en moyens humains). L’article évoque aussi l’injustice faite à la recherche, qui réclame des moyens relativement modestes, dans une époque "électorale" de cadeaux faits aux professions libérales (tabac, restauration,…), sans parler de l’embauche dans la police et l’armée, ndlr). L’article reprend aussi les principaux arguments concernant l’emploi précaire (CDD de deux ans non renouvelables, bas salaires)

Le deuxième papier est une interview de Geneviève Rougon, directrice de l’Institut de Biologie du Développement de Marseille (IBDM). Il s’intitule "Luminy et ses intermittents de la science". L’argument principal développé G. Rougon, responsable de quelques 250 personnes est que, si le cap de restrictions en tous genres n’est pas changé, notre pays va perdre sa place parmi les leaders de l’innovation. A ce rythme là, dit-elle, nous allons payer deux fois la fuite des cerveaux : en les formant d’abord, puis en achetant la technologie qu’ils auront développée à l’étranger. Ne restera-t-il dans dix ans à Luminy que des intermittents de la science ?

Le 26 Février

* Métro évoque une loi sur la recherche, annoncée par Chirac (Métro lave-t-il plus blanc que Blanc ?)

* La Marseillaise évoque le mouvement des chercheurs en première page, avec pour titre "Canebière : Les chercheurs expérimentent la voie publique" (bon titre).

Page 4. Titre " Bouillon de Culture sur la Canebière". Pendant quelques heures, les chercheurs ont choisi La Canebière pour parler de leur métier. Bon papier de Stéphane Revel, qui évoque l’installation du Collectif SLR devant l’Agora des Sciences ce 25 Février, avec l’aide originale, médiatique, inspirée et sympathique des Petits Débrouillards. Ambiance bon enfant, peut-être indispensable à la popularité du mouvement..

En page 39, ce même jour, une photo "douloureuse" de Claudie Haigneré, qui semble avoir beaucoup vieilli ces derniers jours, sous le titre "Face au mécontentement dans la recherhe, Jacques Chirac tente de reprendre la main". Le papier annonce la nouvelle loi d’orientation sur la recherche annoncée par Jacques Chirac pour la fin de l’année, ce Chirac-là tentant visiblement de prendre de la hauteur (comme un avion sans ailes ?), avec une palanquée de mesures (créations de plans de diffusion de la culture scientifique, ….) non chiffrées…..

La provence fait fort, puisqu’elle évoque maintenant en page 2, le mouvement collectif, avec pour titre "Les chercheurs racontent leur vie sur la Canebière". Le sous-titre résume bien les choses : "Au delà de la querelle qui les opposent au gouvernement, ils ont voulu faire comprendre aux passants les vrais enjeux de la recherche et la vraie nature de leurs revendications". Le papier évoque de manière tout à fait originale le problème du manque de compréhension entre le public et le monde de la recherche, entre le monde du résultat immédiat et celui de la quête lente du résultat potentiel. Il évoque aussi de manière intéressante la nécessaire évolution de structures peut être devenues trop rigides. On lit donc un article louable dans une démarche d’ouverture vers le public du mouvement du collectif , auquel s’associe généreusement la Provence.

EN RESUME, METRO s’avère particulièrement nul (politiquement correct ?), puisqu’il ne donne aucun écho au collectif "SAUVONS LA RECHERCHE". La Marseillaise s’est d’emblée placé du côté du collectif, en lui donnant la parole, en couvrant les opérations de médiatisation du mouvement, avec un discours clairement politique. La Provence est rentré plus timidement dans la partie, mais les articles qu’elle a consacrés au mouvement sont fort bien documentés. Les journaux locaux marseillais constituent donc une force d’appoint non négligeable pour le collectif "sauvons la recherche".

VOYONS LA SUITE