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Le mépris

Raffarin jette de l’huile sur le feu...

Par Michel Weinfeld, le 9 mars 2004

M. Raffarin publie un entretien dans Libération du 9 mars, pour bien marquer comme les problèmes de la recherche l’intéressent. Le journal publie certains extraits en avant-première, ce sont ceux-ci que je commente avec une certaine colère.

Citation : « Nous ne sommes pas dans un marchandage à la petite semaine, mais face à la construction de l’avenir du pays » ... « un certain nombre de pas importants » ont été consentis par le gouvernement pour désamorcer un conflit qui dure depuis deux mois.

Comme c’est facile (et insultant) de parler de marchandage à la petite semaine, et de prétendre qu’un certain nombre de pas importants ont été consentis par le gouvernement. Le conflit date d’il y a bien plus longtemps que les deux derniers mois : depuis les premières mesures de restrictions budgétaires de 2002, la communauté scientifique, par de multiples voies individuelles ou collectives, envoie sans cesse des messages d’alarme et de protestation au gouvernement, qui a fait la sourde oreille jusqu’à ce que que l’opinion publique, alertée à son tour par le succès de la pétition, ne l’oblige in extremis à faire « quelque chose », surtout en ne parlant que de l’avenir alors que le présent est si dramatique. C’est tellement facile de parler des structures et des lendemains qui chanteront en 2007, alors que les jeunes en bavent dans les laboratoires, ou s’expatrient, aujourd’hui.

Si vraiment M.Raffarin se préoccupait de recherche (et si M.Chirac essayait de lui faire tenir d’autres promesses que celles faites aux chasseurs ou aux restaurateurs... ou au MEDEF), on le saurait, nos budgets seraient en hausse alors qu’on les a amputés, et l’emploi scientifique serait en croissance, comme dans la plupart des pays civilisés, alors qu’il est en régression en France.

Tout cela ressemble à l’attitude du pyromane qui vient crier au feu devant l’incendie qu’il a lui-même allumé. Ce mépris politicien et borné est proprement insupportable et indigne. Ce n’est même pas l’intelligence de la main, c’est l’intelligence du pied...

Michel Weinfeld

Directeur de recherche au CNRS

Membre du Bureau de la Conférence des présidents du Comité national