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ouvrir et remplir les cahiers de doléances de l’ancien régime

Par denis bourgeois, le 10 mars 2004

Si les les modalités de gestion de la recherche sont éminemment une activité intrinsèque à la recherche en elle-même, il faudra bien envisager de constituer hors institution des archives toujours en devenir sur cette question

Ce site "recherche-en-danger" est à la fois un espace public, un système de gestion éditorial, un ensemble de publications (une multitude de "gazettes"), une machine à écrire et à mettre en page, un distributeur de tracts, un lieu de débats et d’échanges. Tout cela n’aurait pas été possible il y a encore quelques années. Il a fallu l’affinage progressif des systèmes de publication en ligne pour qu’aujourd’hui on puisse en quelques minutes installer un SPIP (système de publication pour l’internet partagé) tel que celui qui est utilisé sur ce site. Pourtant, ce type de système de publication n’est guère utilisé que pour produire des "news", des débats d’humeurs, en somme de la matière volatile. Comme si le fait de pouvoir s’exprimer instantanément et de transformer tout aussi instantanément cette expression en publication était trop "facile", incompatible avec le sérieux exprimé par la lourdeur d’un processus rédactionnel avec corrections d’épreuves et validation par un comité de lecture autorisé.

Pourtant, les chercheurs ont eux-mêmes été à l’initiative de systèmes de pre-print en ligne et autres archives ouvertes. On trouve aujourd’hui à travers un système tel que "revues.org", regroupement de revues en ligne en sciences sociales (plus de 300 000 lecteurs par mois !), l’alliance du système de publication citoyen de SPIP et de la chaîne de traitement du document électronique issue du modèle de l’université de Montreal.

Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir l’habitude de tels outils et, aujourd’hui, il est très facile de publier en ligne, c’est ce que je suis en train de faire à cet instant, mais il est aussi très facile d’obtenir directement un document "bien formé", c’est-à-dire dans un codage stabilisé (unicode), dans un format pérenne (xml) avec une indexation universelle (dublin core) et avec encore une protection du droit d’auteur sans cession préalable. Un document "bien formé", c’est un document qui peut facilement s’échanger, se retravailler, se publier et s’archiver, et ceci sans jamais sortir, pour l’auteur, de son traitement de texte.

A travers un simple espace de publication en ligne tel que celui-ci il serait possible d’initier de véritables états généraux de la recherche.

Il me semble que la réflexion sur les modalités de gestion de la recherche est encore et éminemment une activité de recherche et doit donc être avant tout de l’autorité des chercheurs. Pour en débattre, il suffirait de constituer, hors institution, un espace de publication tel que celui-ci et de laisser s’y sédimenter une myriade de débats. Cela aurait aussi pour vertu de sortir la réflexion d’une logique micro-corporatiste par sous-spécialité.

Pourquoi ne pas commencer à constituer ce qui deviendrait un ensemble de cahiers de doléances et de réflexions sur les modalités d’une politique future pour la recherche ? Et surtout pourquoi ne pas le faire nous-mêmes ?

Denis Bourgeois MCF, Université de Poitiers