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Commentaire sur la lettre de Jacques Chirac

le 18 mars 2004

Le 17 mars 2004, le Président de la République a adressé une lettre au collectif "Sauvons la Recherche". Cette lettre ne comporte aucune réponse à la demande urgente qui lui était faite de faire un geste envers les jeunes, en rétablissant les emplois de chercheurs et d’ingénieurs qui avaient été supprimés dans la recherche. Lorsqu’il était candidat à la présidentielle, en 2002, Jacques Chirac avait déclaré : "Il est grand temps de mettre fin au sort lamentable fait à nos jeunes docteurs". Maintenant qu’il a la possibilité et le devoir d’agir, il préfère se réfugier derrière d’autres promesses.

Les jeunes lui demandaient : redonnez-nous confiance. D’autres voix lui disaient : il faut coûte que coûte réduire les effectifs de la Fonction Publique, et se concentrer sur les activités rentables à court terme. Jacques Chirac a préféré ignorer les premiers et écouter les seconds. C’est une véritable capitulation, contraire aux intérêts de la France.

Avec à nos côtés les 80% de Français qui considèrent que la Recherche est une activité fondamentale pour le pays, et les centaines de directeurs de laboratoires qui ont démissionné de leurs fonctions administratives, n’étant plus en mesure d’exercer leurs fonctions dans des conditions dignes, nous allons entrer en résistance. Nous allons dénoncer systématiquement, dans toutes nos villes, dans toutes nos régions, cette politique de renoncement.

Surtout, nous allons construire l’avenir. "Le débat est lancé", a dit le Président de la République. Oui, le débat a été lancé par les chercheurs en colère, et ils vont travailler avec sérieux et enthousiasme aux Etats Généraux de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur. Le Comité d’Initiative et de Proposition (CIP), présidé par EE Baulieu et E Brézin, a commencé à travailler. Il a chargé les Comités locaux de "Sauvons la Recherche" de mettre en place des Comités d’organisation des Etats Généraux, comités qui seront ouverts à nos concitoyens et en particulier aux représentants des autorités régionales. Ils permettront de tenir des débats très ouverts, qui devront aboutir à des synthèses et des recommandations précises.

Ces Etats Généraux ne sont pas un cadeau du gouvernement, ne sont pas organisés par le gouvernement, ils sont un premier succès de la lutte des chercheurs, qui les organiseront et les ouvriront très largement. Des consultations parallèles ont été annoncées par Luc Ferry, Claudie Haigneré, et par des directeurs d’organismes de recherche. Des débats qui seraient organisés par des ministères ou d’autres instances en dehors des Etats Généraux, avec la volonté de contourner le CIP - dont le rôle central a été reconnu par le Premier Ministre -, auraient pour conséquence de brouiller le paysage et les messages. Ils ne pourraient aboutir qu’à affaiblir les conclusions des travaux des Etats Généraux. Ils seraient antidémocratiques et donc illégitimes.

Nous allons faire savoir, en France et à travers le monde, en particulier en Europe, que tous les acteurs de la recherche se battent pour améliorer le système de recherche en France, pour que les jeunes puissent y trouver la possibilité de travailler, d’inventer, dans des conditions dignes. Nous ferons savoir que ni le gouvernement ni le Président de la République n’ont hélas su prendre la mesure de l’importance de ces enjeux. Les Etats Généraux pour la Recherche serviront de caisse de résonance, les voix des chercheurs et de leurs concitoyens ne seront pas étouffées.

Nous annonçons dès maintenant que le vendredi 19 mars sera une journée de soutien à la Recherche. Des manifestations auront lieu vendredi après midi. Nous appelons les 200.000 citoyens qui ont soutenu notre action en signant la pétition citoyenne à nous rejoindre avec leurs proches, pour dire non à la politique de capitulation du gouvernement devant les efforts à faire pour la recherche. Nous annonçons que cette journée sera suivie d’autres temps forts dans les semaines qui viennent.