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Les EPIC sont concernés

Le Collectif Ifremer insite sur la globalité de la crise

le 19 mars 2004

Le collectif Ifremer Sauvons la Recherche fait remarquer que la crise de la recherche affecte également les EPIC. Si ces établissements possèdent des spécificités propres liées à leur statut, ils sont aussi en crise pour les mêmes raisons de budget et d’emploi.

Communiqué du Collectif SLR Ifremer Brest le 19 mars 2204.

Les EPIC (Etablissements Publics à Caractère Industriel et Commercial) constituent, à côté des EPST et des Universités, le troisième ensemble d’organismes de recherche publics en France. Les personnels de ces établissements relèvent du statut de droit privé et sont assujettis au Code du Travail. Les difficultés générales de la recherche en France ont affecté les EPIC au même titre que les EPST. Des coupes sombres ont été effectuées dans les programmes et dans bien des cas, la mission d’agence de moyen qui leur est dévolue (en plus d’une mission de recherche), ne peut plus être menée correctement à bien. C’est ainsi que l’Ifremer n’est plus en mesure d’assumer simultanément, pour le compte de la collectivité nationale, le renouvellement de la flotte océanologique française et la conduite des campagnes scientifiques à la mer. De même, la mission de recherche est affectée par les réductions successives de crédits affectant le fonctionnement des laboratoires. De la même manière, les départs en retraite ne sont plus remplacés que dans la limite de 1 sur 2 et toute anticipation du renouvellement des compétences est illusoire. Les salaires moyens de l’ensemble des personnels ont baissé en francs constants de plus de 15% depuis 1990 et ils ne sont plus en mesure d’assurer une attractivité suffisante pour être compétitifs avec ceux des institutions américaines ou même anglaises. Le nombre de postes autorisés, après avoir connu une augmentation éphémère du fait de l’ouverture de 40 postes en 2000-2001 basée sur une modération salariale répartie sur l’ensemble des personnels dans le cadre de la réduction du temps de travail, a décru de 25 postes en 2002-2003 (25 postes probables en moins en 2004), réduisant l’effet de création d’emplois, tout en maintenant bloqués les salaires. Dans ces conditions, les perspectives d’avenir pour nos jeunes collègues s’avèrent aussi peu ouvertes que pour ceux ou celles formé(e)s par les EPST, et leur sort est identique : recherche de post-doctorat à l’étranger et hypothétique retour. Le collectif Ifremer, sur la base de ce diagnostic, qui reprend pour l’essentiel celui du collectif national, insiste pour que l’action du collectif national soit étendue aux EPIC, et que son action prenne en compte cette dimension. Il insiste également sur le fait que les 550 postes de CDI convertis en CDD pour les EPST ne constitue que l’un des effets pervers de la politique d’asphyxie de la recherche française. Un autre effet pervers moins médiatisé est celui de la diminution des postes dans les EPIC, par le bais du plafonnement de la masse salariale : ainsi, l’effectif moyen payé est estimé en 2004 à 1331 ETP (équivalents temps plein) pour 1385 postes autorisés. Mêmes causes, mêmes effets.

A ce jour, plus de 50% des responsables de programmes, laboratoires et projets ont remis leur démission à la direction de l’Ifremer. Par courrier aux démissionnaires, le PDG de l’Ifremer a refusé ces démissions en faisant appel au sens des responsabilités des démissionnaires. L’action future sera déterminée en fonction des orientations du collectif national, de la prise en compte des EPIC dans la réflexion globale sur la recherche et des positions du personnel Ifremer.

Pour le collectif SLR Ifremer J. Querellou Directeur de l’UMR6197