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Motion de la Conférence des Directeurs des UFR philosophie

le 20 mars 2004

Motion de la Conférence des directeurs de départements de philosophie des universités françaises

Nos étudiants préparant les concours du CAPES et de l’Agrégation de philosophie ont appris quelques semaines seulement avant le début des épreuves la diminution drastique du nombre des postes offerts, qui s’inscrit dans le cadre d’une baisse globale des postes offerts aux concours de recrutement des enseignants du second degré.

Certes, le taux de diminution appliqué aux concours de philosophie est comparable à celui des autres disciplines (soit environ 40%), mais il concerne une discipline déjà touchée, les années précédentes, par des réductions considérables de postes. En effet, de 1994 à 2004, le nombre de postes au CAPES de philosophie a évolué de la manière suivante :

300 - 280 - 240 - 180 - 130 - 60 - 50 - 53 - 60 - 60 - 38

Nous n’ignorons pas l’ argument invoqué par le ministère pour justifier cela : le surnombre des enseignants en philosophie. Mais, outre que ce surnombre est le résultat d’un recrutement excessivement élevé il y a dix ans, et par conséquent le résultat d’une politique ministérielle à courte vue dont nous dénonçons l’incohérence, cet argument apparaît très inégalement valable selon les académies, certaines continuant à recruter des vacataires en philosophie. Du reste, quand bien même l’argument serait recevable, il ne justifierait pas les extraordinaires variations du nombre des postes mis au concours selon les années et notamment le véritable effondrement de la courbe cette année.

Cette situation est grave à plusieurs égards :

- Elle est perçue à juste titre par les étudiants préparant cette année les concours, comme arbitraire et inéquitable. Ils jugent déloyal que le nombre de postes offerts soit connu si tardivement dans l’année universitaire.

- Pour les étudiants en philosophie en début de cursus, elle crée une incertitude qui rend impossible un plan d’étude (les concours se préparant sur plusieurs années) ; pour d’autres, elle entraîne une réticence à entreprendre des études de philosophie.

- Pour les départements de philosophie cette absence d’équilibre et de continuité signifie une démobilisation des candidats aux concours, et au-delà une déstabilisation grave.

- Pour l’enseignement secondaire, elle agit négativement sur la qualité du recrutement en créant des écarts considérables de niveau d’exigences (le recours à des vacataires insuffisamment formés ajoutant encore à cette disparité de niveau).

La conférence des directeurs de départements de philosophie des Universités françaises demande instamment en conséquence

- que soit mis fin à ces recrutements en dents de scie et que soit procédé à un lissage des courbes,

- que soit mis en place un plan pluriannuel de recrutement,

- que, plus largement, dans le cadre d’une réflexion à l’ordre du jour sur les enseignements à l’école, au collège et au lycée, soit donné à la philosophie toute sa place et que les multiples demandes dont elle fait l’objet soient dûment examinées.

Marie-France Badie (Montpellier), Jean-François Balaudé (Reims), Bruce Bégout (Amiens), Joël Biard (Tours), Stéphane Chauvier (Caen), Michel Crubellier (Lille), Dominique Doucet (Nantes), Jean-Luc Gautero (Nice), Jean-Christophe Goddard (Poitiers) Yves-Jean Harder (Strasbourg), Annick Jaulin (Paris I), René Lefebvre (Rouen), Thierry Martin (Besançon), Roger Pouivet (Nancy), Philippe Saltel (Grenoble), Jean Seidengart (Paris X), Jean Terrel (Bordeaux), Jean-Jacques Wunenburger (Lyon).