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Recherche publique, recherche privée, même constat, même combat..

Par Patrick Bodin, le 27 juin 2003

Madame, Monsieur et cher confrère,

Le groupe Aventis est né de la fusion entre HMR (Hoescht Marion Roussel) et Rhône Poulenc. Depuis, celui-ci a entamé une politique de restructuration et de focalisation de ses recherches dans le monde et particulièrement en France, conduisant notamment à l’abandon des domaines "thérapie génique", "endocrinologie - maladie de l’os" et aujourd’hui "antibiothérapie" travaillés sur les sites de Vitry ou Romainville.

Cette dernière restructuration s’accompagne de la suppression de près de 700 postes scientifiques auxquels s’ajoutent les 600 disparus en 3 ans, de la fermeture programmée, d’ici 2004, du deuxième centre de recherche pharmaceutique de France « ex centre de recherche de Roussel UCLAF », situé à Romainville. Ce dernier regroupe encore près de 750 chercheurs des différentes activités de recherche et de développement.

Afin d’éviter un tel gâchis, un certain nombre d’élus et de membres du personnel, à tous les niveaux, ont proposé une solution alternative au démantèlement et à la fermeture du site, dénommé projet Néréïs.

Cette proposition consiste à utiliser les savoir-faire et les infrastructures présentes afin de créer sur le site de Romainville une entité ayant une triple fonction :

-  D’une part, conserver la recherche en antibiothérapie (anti-bactériens, anti-fongiques et volonté de l’étendre aux anti-parasitaires), incluant les unités nécessaires à son fonctionnement, en étroite relation avec les organismes de recherche publique, des fondations (CNRS, INSERM, Institut Pasteur, Curie, ?) et des organismes internationaux (OMS, MSF, ?). Des programmes de recherche, abandonnés par les multinationales de la pharmacie, correspondant à des besoins majeurs en santé, pourraient ainsi voir le jour.

-  Par ailleurs, l’utilisation de plates-formes technologiques, alliée à notre compétence en criblage à haut débit permettrait de tester, sur des cibles validées, des molécules issues de multiples chimiothèques.

-  D’autre part conserver et enrichir les activités permettant d’optimiser et de développer une molécule jusqu’à un stade avancé proche du médicament (développement pré-clinique et clinique). Cette entité travaillerait sur les programmes de recherche issus du domaine des anti-infectieux ou d’autres domaines de maladie ; programmes privés ou mixtes dans le cadre d’un vrai partenariat participant à la valorisation des travaux de la recherche publique.

Le troisième volet de cette structure serait un centre de formation aux métiers du médicament, ouvert du niveau technicien à celui de post doc, dont l’objectif serait la formation de chercheurs dans cette spécialité, mais également le transfert de savoir-faire et de technologies nord-sud, contribuant à l’indépendance pharmacologique des pays du sud.

Ce projet permettrait de sauvegarder un potentiel de tout premier ordre dans la recherche et le développement pharmaceutique, d’associer les compétences de scientifiques de la recherche publique et de scientifiques issus du milieu industriel à la découverte de nouveaux médicaments, d’assurer un débouché à de jeunes chercheurs, le tout dans un objectif éthique de participation à la réponse aux besoins en santé dans le monde.

Bien cordialement

Groupe de conception du projet Néréïs soutenu par les organisations syndicales CGT et CFDT.

http://www.nereis-sante.com/Appel.htm