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Synthèse : 2 et 2 vont-ils faire 5 ?

le 6 février 2004

Je ne sais pas si vous connaissez la plaisanterie qui traîne sur les conférences de consensus : On cherche à faire la synthèse des opinions de ceux qui pensent que 2 et 2 font 4 et de ceux qui pensent que 2 et 3 font 5, et après beaucoup d’efforts en direction des uns et des autres, on arrive à dégager une motion de consensus : 2 et 2 font 5.

A l’heure où l’on essaye de faire une synthèse entre les opinions diverses exprimées dans les différentes initiatives ( http://recherche-en-danger.apinc.or... ), et bien que le problème de la démographie scientifique n’ait pas fait l’objet d’une avalanche de propositions, les faits sont là, têtus :

1) Il y a à peu près autant d’étudiants inscrits en première année de thèse que de chercheurs dans les EPST ( http://etats-generaux.jeunes-cherch... ). 2) Il y a à peu près autant d’étudiants en thèse que de chercheurs et d’enseignants chercheurs ( http://etats-generaux.jeunes-cherch... ). Si l’on évalue la durée d’une thèse à 4 ans et la durée d’une carrière entre 30 et 40 ans, cela veut dire que 80 à 90% des docteurs formés ne trouveront pas d’emploi de chercheur ou d’enseignant dans le secteur public. 3) Le diplôme de doctorat n’a pas de valeur dans le secteur privé, et vraisemblablement le post-doctorat en a encore moins ( http://recherche-en-danger.apinc.or...) .

Il y a trois options possibles face à cette situation :

La première est d’accepter que 80 à 90% des docteurs formés ne trouvent pas d’emploi. C’est la situation actuelle. Ses partisans prétendent qu’une sélection tardive permet de sélectionner les meilleurs (l’excellence), et rejettent sur le privé la responsabilité de l’absence de débouchés. Les détracteurs de cette première option pensent que la sélection tardive permet surtout de sélectionner les candidats obéissants, et en tout cas pas les meilleurs, car avec une sélection aussi sévère depuis une quinzaine d’année, on aurait dû voir grimper les citations des publications des auteurs français. Or, dans le domaine des sciences du vivant, c’est le contraire qui s’est produit. Les détracteurs de l’option actuelle pensent également qu’elle est responsable de la fuite des cerveaux, a un coût social exorbitant, et que l’absence de débouchés n’encourage pas les individus brillants à s’engager dans cette filière.

La deuxième possibilité est d’augmenter de manière massive le nombre de postes dans le secteur public. C’est une solution qui recueillerait certainement beaucoup d’avis favorables, mais qui n’a malheureusement pas le soutien du ministère des finances.

La troisième option est de réduire le nombre d’inscriptions en thèse en fonction des débouchés prévisibles dans le secteur public ( http://recherche-en-danger.apinc.or... , http://recherche-en-danger.apinc.or... ). Les détracteurs de cette suggestion la jugent élitiste ou encore malthusianiste ( http://recherche-en-danger.apinc.or...) (l’auteur de cette formulation pensant sans doute que la production à grande échelle de docteurs d’Université est au contraire capable de générer une demande accrue en diplômés).

Etant donné la façon dont la fuite des cerveaux a été niée et les mérites de la formation PAR la recherche vantés pendant deux décennies, le fait de voir les personnes qui ont directement promu ce système participer en nombre aux états généraux de la recherche incite à être vigilant. En ce qui concerne la synthèse finale, il y a possibilité de combiner les différentes options, et, même si ma préférence va aux solutions 2 et 3, il ne m’appartient pas personnellement de décider comment elle se fera. Mais lorsque la synthèse sera faite, j’espère que chacun d’entre vous pourra reprendre les calculs mentionnés plus haut et compter le pourcentage de doctorants qui resteront sans emploi.