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Communiqué de "Sauvons la Recherche !", 3 juin 2004

Un milliard en plus, pour sauver la recherche publique civile.

le 3 juin 2004

Pour que la France contribue à bâtir une Europe correspondant à leurs souhaits, nos concitoyens savent qu’il est nécessaire d’améliorer et de renforcer la recherche de notre pays. Le gouvernement compte déposer à la fin 2004 un texte de loi d’orientation et de programmation (LOP) pour la recherche qui sera, de ce point de vue, d’une importance décisive pour l’avenir de notre pays.

Il n’y aura pas de relance de l’activité de recherche si la LOP se contentait de redéployer les moyens existants sur quelques thèmes, sur quelques pôles de recherche, ou transférait la responsabilité des investissements aux régions, voire même si elle prévoyait des moyens en faible croissance. Les objectifs assignés par le chef de l’Etat et par le chef du gouvernement à la recherche française, au sein de l’Europe, ne seront atteignables qu’en combinant une réforme du système et une forte augmentation des moyens.

La LOP ne sera adoptée qu’au printemps 2005, et dans toutes les régions se déroulent des Etats-Généraux destinés à aboutir à des propositions pour cette loi, mais les intentions politiques du gouvernement à ce sujet seront indiquées dès cet été, dans la part faite à la recherche dans la loi de finances 2005. Il y a quelques semaines, le Premier Ministre a annoncé un milliard d’euros de plus pour la recherche, en 2005. Porter à 1% du PIB en 2010 l’effort de recherche civile actuellement à 0.6%*, comme le souhaite le Président de la République et le gouvernement en harmonie avec nos partenaires de l’Union Européenne impose effectivement une croissance d’au moins un milliard en 2005. Ce milliard d’euros doit être compris comme un investissement supplémentaire pour la recherche publique civile et ne saurait inclure le soutien public à la recherche privée (comme le crédit impôt-recherche consenti aux entreprises). Cet effort est indispensable si le gouvernement veut permettre à la France de maintenir une activité de recherche compétitive et réactive.

Quelles devraient être les affectations prioritaires de ces moyens supplémentaires ? Il est indispensable de donner une priorité au rétablissement de la compétitivité des crédits des laboratoires et équipements compte-tenu des difficultés des dernières années ; 60% des moyens supplémentaires, soit 600 millions d’euros (M€) pourraient y être consacrés. Il s’agit d’une part de redonner aux organismes de recherche et universités des capacités financières d’intervention (300 M€) et d’autre part d’affecter des fonds (300 M€) sur une base sélective et structurante : priorité pour certains champs disciplinaires, équipements lourds et mi-lourds collectifs, valorisation, mise en place de nouvelles équipes, mise en œuvre de réformes qui seront préconisées par les Etats Généraux.

Mais il est crucial de développer également la formation et l’emploi scientifique et y consacrer 400 M€ supplémentaires. Il s’agit notamment d’accroître l’attractivité du doctorat et des carrières scientifiques en améliorant la situation financière et la couverture sociale des doctorants et post-doctorants, ainsi qu’en revalorisant les carrières (un chercheur ou enseignant-chercheur débute à 1500 € net par mois). Il s’agit également de favoriser le développement du potentiel recherche à l’Université en renforçant le temps affecté à l’activité de recherche des enseignants-chercheurs. Une série de mesures convergeront vers cet objectif. (1) Création chaque année, dans les organismes de recherche, de 600 postes budgétaires réservés à l’accueil d’universitaires (4 ans à mi-temps ou 2 ans à temps plein) et affectation de moyens dans les universités pour augmenter le nombre de congés sabbatiques (2) Création chaque année de 500 emplois d’enseignants-chercheurs affectés en fonction des critères de politique scientifique (en sus des 2000 remplacements de départs à la retraite et des 1500 créations pour les besoins d’encadrement) (3) Création de 200 emplois de IATOS spécifiquement pour les besoins de la recherche, permettant de décharger les enseignants chercheurs de tâches administratives.

Finalement l’emploi dans les EPST verrait une augmentation marquée des postes de techniciens et ingénieurs (800 créations, en plus des 1200 remplacements de départs à la retraite), et une augmentation limitée du nombre de postes de chercheurs (150 créations dans les EPST en plus des 850 remplacements de départs à la retraite) ; 100 créations dans les EPIC, comme le CEA. Enfin, il faut donner une réactivité à la recherche sans développer la précarité et donc créer 1500 supports budgétaires pour des postes temporaires : accueil d’étrangers dans les organismes et université (500), stagiaires d’organismes et ATER post-thèse (500), allocations de recherche ou CIFRE (500).

C’est à condition d’affecter à la recherche, en 2005, des moyens supplémentaires de cet ordre de grandeur, que les responsables politiques de notre pays auront tenu parole et que la recherche française pourra être relancée, dans les organismes de recherche et dans les universités. A l’heure où la communauté scientifique est mobilisée dans des débats qui préparent l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur, il faudra que cette promesse faite devant le pays soit tenue.

Le Collectif "Sauvons la Recherche !"

* Voir les estimations convergentes du projet Futuris, de Pierre Tambourin dans les Echos, le 12 janvier 2004, et d’Henri Audier sur le site "Sauvons la Recherche". http://recherche-en-danger.apinc.or...