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BIENVENUE DANS LE MONDE DE LA PRECARITE INSTITUTIONNELLE

tract du CECP (Collectif des Enseignants et Chercheurs Précaires)

le 16 octobre 2003

CECP Collectif des Enseignants et Chercheurs Précaires nous contacter : cecp@no-log.org s’abonner à notre liste mail : cecp-subscribe@yahoogroupes.fr

Nous nous sommes constitués en collectif des enseignants et chercheurs précaires afin de lutter contre la précarisation des enseignants du supérieur et des chercheurs du public. En tant que DEA, thésard-e ou post-doc, vous devenez des enseignants-chercheurs précaires de la recherche et du supérieur.

Qu’est ce qu’un travail précaire ? C’est un travail à durée déterminée (par exemple CDD ou vacation) voire au noir, souvent non renouvelable, souvent mal payé voire pas, qui ne donne aucun espoir d’avancement ou de titularisation et le plus souvent exonéré de cotisations sociales (n’ouvrant ainsi aucun droit à la retraite et au chômage). La précarité enferme les travailleurs dans une logique individualiste rendant difficile leur organisation collective.

En tant qu’enseignants et chercheurs précaires vous êtes de plus confrontés, comme nous, à une forme particulière de mise au travail. En effet, la production intellectuelle dans la recherche et l’enseignement supérieur s’inscrit dans des rapports de domination spécifiques.

En entrant en DEA, le choix de votre laboratoire d’accueil peut être déterminant pour votre avenir, dans certain cas, un directeur influent peut imposer sa volonté lors des jurys de DEA et orienter les notes de l’écrit et de l’oral en votre faveur. Doctorants et jeunes docteurs non titulaires, vous représentez la moitié des personnels chercheurs et enseignants chercheurs et cosignez ou cosignerez la moitié des publications. Et pourtant votre travail reste insuffisamment reconnu. En tant que doctorants, vous restez confinés dans un statut d’étudiant. beaucoup de doctorants ne sont pas financés, par exemple, même selon le ministère (donc sous évaluation), près de 80% des doctorants en sciences humaines et sociales préparent leur thèse sans allocation de recherche. Bien souvent, vous pourrez, au mieux, bénéficier de vacations d’enseignement mal rémunérées. Ainsi beaucoup de doctorants abandonnent leur thèse (plus de la moitié en sciences humaines et sociales). Et pour ceux d’entre vous qui deviendront docteurs, la galère de la précarité ne fait que commencer (alignement de post docs) sans garantie de titularisation.

Cette précarité s’accentue. Les vacataires, les contractuels, les ATER, les travailleurs indépendants, les post-docs sont de plus en plus nombreux dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les récentes coupes dans le financement de la recherche publique, la diminution du nombre de postes dans l’enseignement et la recherche et, sous la pression du lobbying industriel, le phénomène de contractualisation renforcent encore le processus de précarisation des personnels.

Cette précarité, à l’oeuvre dans d’autres secteurs, participe d’une attaque de fond de nos systèmes de solidarité sociale. C’est pourquoi notre mouvement est indissociable des luttes sociales passées et à venir et y participe pleinement. Des coupures de crédits sans précédent ont frappé les laboratoires et l’Université (moins 13,3% dans les différents EPST (CNRS, INSERM etc...). En 2003, le secteur public de la recherche et de l’enseignement supérieur à perdu 1380 postes (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens), alors que de nombreux agents partiront à la retraite dans les prochaines années.

Ensemble, revendiquons l’arrêt du recours à la précarité par : La création massive de postes de titulaires dans le supérieur et la recherche L’institution d’un véritable statut de salarié pour les doctorants : droits sociaux (retraite, sécurité sociale, chômage, congés) ; droits professionnels ; reconnaissance du doctorat par les conventions collectives. Ainsi qu’immédiatement et de manière urgente l’exonération des frais d’inscription à l’Université pour les doctorants.

Enseignants et chercheurs précaires, discutons sur ces bases des initiatives à mener :

RDV le 5 novembre, 18H Grand Hall Fac de Luminy