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Apprendre du malheur du pays des All Blacks

mercredi 11 juin 2008.

Ceci est un texte que j’ai envoyé à mon équipe à la veille de la marchede tous les savoirs. On m’a sugerré de la diffuser plus largement ... alors ....

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Si cela peut vous mobilier un peu plus, sachez que ceci me rappelle clairement la Nouvelle Zélande des années 80/90. Le démantèlement du CNRS est pratiquemenet achevé – on est à chipoter sur la nature de la découpe et sur les (exécrables…) manières de la ministre mais l’essentiel est acquis : la tronçonneuse traverse en ce moment même le CNRS. C’est la suite instopable de la création de l’ANR et de l’AERES.

En Nouvelle Zélande la direction du DSIR (Department of Scientific and Industrial Research), qui a subi le même traitement que le CNRS en ce moment, a joué la carte de ‘soyons positifs, on ne peut pas arrêter ces reformes, alors travaillons pour les faire au mieux’. Pauvres naïfs : ils ont pratiquement tous perdus leurs rangs (y compris dans les nouvelles structures) dans les 5 années qui ont suivi. La seule manière d’y survivre était d’adhérer réellement et profondément aux reformes. Just paying lip service was not a viable long term survival strategy. Actuellement le Conseil de direction de mon ancien institut (Geological and Nuclear Sciences : www.gns.cri.nz/who/directors.html) est constitué d’un avocat (Chairman), un economist, un ‘research funding strategist’, un directeur marketing (accessoirement président des travaillistes), un autre avocat, un ingénieur civil (anciennement Environmental Manager pour BP Oil New Zealand) et un PhD/MBA directeur generic (a touché aux banques, l’audiovisuel etc etc). Bien placé, on voit clairement, pour donner de la direction scientifique strategique en Geologie et Nucléaire à l’Institut …

Personnellement j’ai eu la chance de pouvoir partir, mais bon nombre de mes collègues qui sont restés se plaignent encore gravement, 15 ans après. Les dégâts pour la science ont dépassé même mes propres prédictions pessimistes.

Savez-vous qu’en ce moment les directeurs de l’ANR et du CNRS ((Directeur, président, … je me rappelle plus des titres précises) préparent des voyages en Nouvelle Zelande ? Je ne sais pas qui ils vont (ou ont déjà) rencontrer, ni quelle message (édulcoré j’imagines) ils vont recevoir, mais je trouve cette nouvelle très inquiétante.

Venant du monde de la recherche, ou l’honnêteté, l’intégrité, la réflexion approfondi sont privilégiés devant les manœuvres tactiques, fumistes, calculateurs et cyniques, nous ne jouons pas dans la cour des grands politiciens. Nous allons être bouffés politiquement car nous sommes trop idéalistes, optimistes, et honnêtes pour emporter la bataille (et devront le rester – ce sont des valeurs sures a la longue), comme celle déjà perdue avec Sauvons La Recherche (on a cru à la concertation ….) mais face au rouleau-compresseur fou devant nous, il est maintenant important au moins de laisser une trace, et je m’adhère entièrement au slogan dans le message du SNCS :

Nous ne sommes pas des victimes consentantes.

Ceux qui auront la tache de reconstruire les choses dans une decennie ou deux s’inspireront peut-etre, un peu, de nos actions et paroles aujourd’hui et dans les semaines et mois à venir..

Je comptes bien venir à Paris pour participer à la marche de tous les savoirs – quitte a renoncer à vous rendre ma copie de notre article avant demain !