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Accueil / Actualités / Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

réactions à l'article «Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?»

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    14 décembre 2005, par José Ruiz

    Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse du projet de loi qui nous est proposé. Le chercheur doit pouvoir être détaché des contingences financières et matérielles. Il n’est pas normal que des responsables de laboraotoires passent plus de temps à traiter des problèmes administratifs (comptes de gestion, reporting, jalons ... ce qui a toute à fait la couleur d’une gestion de projet) et à rendre des commptes, qu’à se consacrer à leur travaux de recherche.
    Toutefois cette tendance n’est pas nouvelle. Elle a commencé avec la mise en place de la comptabilité analytique, voilà environ une trentaine d’année. Je ne me souviens pas avoir entendu à cette époque beaucoup de protestations. C’était pourtant déjà sous couvert de transparence, une atteinte à la liberté du chercheur. Les pouvoirs qui nous gouvernent de gauche comme de droite n’ont eu de cesse que de réduire notre espace de liberté. Il faut être aux ordres, se glisser dans le moule de ceux qui décident, nous imposent ce qu’ils considèrent comme bon, et pour la recherche ce qui est bon c’est ce qui est directement "rentable".
    Nous sommes dans une société de "l’argent roi", de la rentabilité économique immédiate, de la course aux brevets et tant pis pour les hummains.
    Il faut certes rejeter cette loi, mais il faut surtout changer la donne, revenir à des projets de société dans lesquels l’économie serait au service des HOMMES et non du seul profit.
    Ce n’est pas demain la veille.

  • Pour une opposition constructive au projet de loi

    16 novembre 2005, par David Mas

    Certes ce projet de loi est inacceptable.

    Il vise à mettre la recherche sous tutelle et à la disposition des intérêts à court-terme des industriels. Il ne comprend pas la nécessaire politique de l’emploi à long terme, pourtant cruciale si l’on souhaite vraiment attirer et retenir les jeunes docteurs qui seront les forces vivent de la recherche de demain. Comment développer une économie compétitive basée sur l’innovation sans une recherche dynamique ?

    Mais l’opposition frontale ne résoudra rien. La préoccupation principale du gouvernement, de droite faut-il le rappeler, est que les résultats de la recherche irriguent et soutiennent le tissu industriel. C’est un objectif parfaitement louable, et il faut bien reconnaître que c’est aussi une des missions de la recherche. Mais ce n’est pas la seule car sans recherche fondamentale la source de l’innovation risque de se tarir rapidement. Il faut aussi reconnaître que cette mission n’est pas bien remplie à l’heure actuelle.

    D’un autre côté la recherche souffre d’un manque récurrent de moyen, d’un manque d’attractivité des carrières, et d’une complexité de gestion administrative qui sont autant de frein à son dynamisme.

    Il y à matière à trouver un arrangement. Il faut un soutien à la recherche privée, ne serait-ce que pour faciliter les transferts entre recherche fondamentale et recherche appliquée, et accessoirement pour ouvrir des opportunités de carrière pour les très nombreux docteurs qui ne trouvent pas de postes académiques. Il faut de la recherche fondamentale pour développer les innovations de demain. Et enfin il faut des programmes d’état sur les sujets prioritaires pour la société comme les énergies renouvelables ou la lutte contre le cancer. Ce qu’il faut définir c’est l’équilibre entre ces trois facettes de la recherche.

    De plus cette loi de programmation peut être une formidable opportunité de corriger les lourdeurs et les insuffisances du système actuel. Le projet de loi prévoit le contrôle a-posteriori des dépenses ce qui constitue déjà une avancée. Il ne faut pas hésiter à souligner les bons points de ce projet (il y en a toujours).

    Même face à un gouvernement autiste il ne faut pas tomber dans l’opposition systématique. Il faut certes lutter pour être entendu, de toute façon la loi ne pourra pas s’appliquer contre les chercheurs, mais dans une perspective de conciliation. Et pour cela il faut aussi entendre les volontés légitimes du gouvernement et apporter des propositions qui y répondent.

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    14 novembre 2005, par Christophe Bousquet

    Bac +5 depuis plus de 3 ans dans le domaine de l’éthologie, avec un renforcement de connaissances en SIG, je galère toujours autant pour trouver autre chose que des CDDs courts.

    Réussir à amener autant de personnes à Bac +5 sans donner des perspectives d’avenir fait réfléchir sur la capacité de nos gouvernants à anticiper.

    Il y a des secteurs souffrant de manque de main d’oeuvre. Si je vais travailler dans ces branches, ce sera avec le sentiment que les années passées à étudier et à chercher du boulot n’auront été qu’une perte de temps et de compétences.

    A quoi bon former pour rien après ???

    Ces années auraient pu être mises à profit pour fonder une famille, travailler plus jeune et côtiser.

    Kris

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    24 octobre 2005, par Alain MONTINTIN

    La mort du CNRS annoncée ???

    Un article paru dans le journal les Echos de ce jour est très édifiant sur les réformes que le gouvernement s’apprete à mettre en oeuvre au CNRS.

    La "gueguerre" Meunier/Larouturrou a l’air de provoquer ce à quoi le gvt voulait arriver pour accélerer les dites réformes...

    Ca me rappelle la campagne de presse des années 1980 au moment ou Saunier Seité et le gouvernement de l’époque aidés par De Closets and Cie s’étaient déchainés contre le CNRS...et" ses chercheurs en chaise longue" !!! avant de procéder à des réformes en profondeurs de l’Organisme.

    Il va etre temps de passer à l’action à un stade supérieur...sans oublier que la Communaté Scientifique se compose de Chercheurs et....d’Ingénieurs, Techniciens et Administratifs qui chacun à leur place et leur niveau de qualification contribuent à l’avancée des connaissances.

    Avanti Popoli...

    Bien cordialement

    Alain Montintin
    IE CNRS
    Observatoire de Paris-I.M.C.C.E

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    21 octobre 2005

    Bonjour,

    a quand la greve enseignement + recherche, generale ?

    Les politiques ont une nouvelle fois fait la demonstration de leur desinteret pour les propositions et les aspirations de notre communaute, tout metier confondu. Notre bonne volonte a ete demontree, mais il va falloir nous serrer les coudes et etre bien plus durs. Sinon nous n’obtiendrons rien d’autre que du mepris.

    Qu’ont les syndicats a proposer ?

    Cordialement

    H.

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    15 octobre 2005, par Dominique Bouchery

    Ceci est plutôt une information qu’une véritable réaction.
    Je suis l’auteur d’une pièce de théâtre, "Le Centre des Sciences" jouée actuellement par la Compagnie Janvier. Cette pièce fait intervenir des savants illustres du passé (Ambroise Paré, Marie Curie, d’autres), et se termine par la proposition faite au public d’envoyer au ministre de la Recherche une lettre défendant la recherche fondamentale. J’ai pensé que vous aimeriez le savoir.
    Dominique Bouchery

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005, par Didier Coste (Professeur des Universités)

    Je suis on ne peut plus d’accord avec cette analyse rigoureuse et impeccable.

    En tant qu’enseignant-chercheur en Sciences Humaines en fin de carrière ayant travaillé dans plusieurs autres systèmes universitaires et continuant d’en suivre de près l’évolution, je reconnais dans les projets gouvernementaux un "modèle" que je connais particulièrement bien : le modèle australien de ces vingt dernières années, qui a détruit tout projet à long terme en assignant aux institutions publiques de recherche les objectifs et les modes de gestion du privé, sans les moyens correspondants ni la "culture" du privé, du mécénat, etc., traditionnelle aux États-Unis.

    En suivant le même chemin sur les mêmes bases (un réseau universitaire et de recherche entièrement étatique au départ), nous aboutirons au même résultat : dans le secteur des Sciences Humaines -comme dans bien d’autres (sciences pures, par exemple) qui supposent une pensée du long terme, une prise de risque au profit de dynamiques spéculatives et d’élaborations conceptuelles dont la rentabilité est incertaine- : une casse totale de l’outil de recherche, une régression scientifique, un apauvrissement des formations et du savoir national, un découragement de toute pensée non comptable.

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005

    OK. Résumons de mon point de vue. C’est égocentriste, j’en conviens, mais je veux être sûr d’avoir compris le déroulement des derniers évenements et leur impact sur ma petite personne.

    2002. Je finis ma thèse. Etant donné le peu d’emplois disponibles, on me conseille fortement de faire un tour à l’étranger. Je n’ai pas souvent bougé au cours de ma vie, je suis curieux de voir comment celà se passe sur le continent américain. C’est un défi, je le relève. Expérience inoubliable, des nouveaux amis, du matériel performant, je suis bilingue et je publie dans des journaux autrement plus élevés que la gazette de Garennes-Bedon, mais je ne serai jamais qu’un bloody immigrant. Je ne serai jamais totalement intégré, je préfererai retourner en France, où se trouve ma famille.

    2003. Le gouvernement français se met en tête de réformer la Recherche. Et surtout de faire des économies. Dans un rare élan de corporatisme, les chercheurs français se mobilisent en masse, en France et à l’étranger.
    Le gouvernement altermoie, recule, tente menace, chantage et culpabilisation. Au passage, des ministres de l’époque, toujours en poste aujourd’hui, traitent les chercheurs de rond de cuir et les post-docs de "ingrats qui foutent le camp à l’étranger" et autres joyeusetés. Un appel public au lynchage, pourrait-on dire.

    2004. Je tente le concours CR2 du CNRS. Cette année, tous les candidats auront droit à un oral. Je fais 2 fois le voyage transatlantique (ouille, mon porte-monnaie). En pure perte, puisque finalement personne ne s’est réellement interessé à mon dossier, il s’agissait juste d’empiler les candidats sous le nez du gouvernement. Merci de m’avoir dérangé pour rien. Au passage, j’ai maintenant dépassé l’âge pour les CR2.

    2005. J’achève une 3e année de post-doctorat, j’ai 33 ans, tous mes collègues PDF ou tech sont plus jeunes et ont déjà femme ou mari, et maison et enfants. J’aimerai bien m’installer. Je peux certainement dénicher un autre post-doc aux US, mais rien de définitif. Et puis, le Texas ou la Louisiane, ces temps-ci...

    Cette même année, le gouvernement sort un projet de financement bidon et se noie dans des discours creux. On se glorifie d’un prix Nobel en chimie, pour des travaux faits 30 ans auparavant.
    Sur le continent Nord-Américain, les distinction entre recherches fédérales (orentées vers l’appliqué) et les recherches universitaires (théoriquement fondamentales) s’amenuisent. Les sociétés pharmaceutiques savent que seulement une molécule sur 100 deviendra un médicament commercialisable et préfèrent investir dans la force de vente plutôt que dans la recherche. Tout l’Occident est en train d’abandonner la recherche fondamentale pour la course au profit.

    Il semblerait qu’il n’y a rien pour moi en France. Et d’après ce que je vois du projet gouvernemental, il n’y aura rien les années à venir.

    Ce n’était vraiment pas la peine d’être un bon garçon, d’accumuler les diplômes, de faire l’effort de sortir du pays. Tout celà pour finir serveur chez MacDo. J’ai un magnifique couteau à steak. Je crois que je vais bientôt l’utiliser. Sur moi.

    • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

      13 octobre 2005, par gaetan

      Oui, je suis dans la même situation que toi mais les USA en moins, je suis parti en suisse (c’est plus proche pour les concours).
      Surtout évites le couteau, tu vaux mieux que ça...(il te reste la légion étrangère limite d’âge 35 ans ou le corps des marines pour avoir la carte verte mais à bac + 15 c’est pas gagné..) Je rigole bien sûr.
      Je crois avant tout qu’il faut dire aux mandarins du cnrs qu’ils arrêtent de demander des mesurettes (même si je trouve qu’ils ont raison sur pas mal de points notamment concernant les doctorants) et je m’en vais de ce pas écrire sur ce forum..
      Bon courage pour la suite car il en faut...

    • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

      13 octobre 2005

      Comme je te comprends. Lire ton post ne fais qu’appuyer le fond de ma pensée. Je vais essayer de ne pas sombrer plus bas mais, même si je suis un peu plus jeune, je vais de désillusions en désillusions concernant le système français de recrutement, car c’est finalement de celà qu’il s’agit, NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT. La recherche française ne bougera pas tant que le système de recrutement ne sera pas totalement en e profondeur réformé. Aujourd’jui, des jeunes chercheurs sont jugés par des "commissions de spécialistes" qui abritent des "spécialistes" qui n’ont pas publié depuis qu’ils ont été recruté, 5 ou 6 ans auparavant ... ça laisse reveur. Le système du recrutement local atteint des sommets d’aberrations : je viens de voir lors d’une audition un jeune docteur (depuis 2 mois ! 1 pub en premier auteur) passer devant un postdoc avec une expérience inouie (33 ans - 10 pub dans la spécialité du poste) sans que celà ne soulève de protestation. Je viens d’assister à une audition ou l’on me dit qu’il y a déjà des personnes préssenties (on ne s’en cache plus) et il s’avère que ces personnes ont toutes un CDI !!!
      3 exemples qui ne devraient pas se reproduire. Certains laboratoires tournent à 95% en autorecrutement. La consanguinité intellectuelle est telle que les idées se tarissent et consuisent à recruter des pseudo-chercheurs qui, certes assument très bien leurs enseignements, mais ne produisent rien.
      Si je pense que le mouvement se trompe de combat, c’est parce que je crois qu’il faut s’attaquer à une des racines du problème ; le système de recrutement en France.
      Je ne sais pas si ce poste est à sa place dans ces colonnes mais il fallait que ça soit dit, quitte à se faire traiter de vieux con aigri.

      • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

        14 octobre 2005, par PR dégoûté

        Comme vous le soulignez, une réforme en profondeur du système de recrutement des enseignants-chercheurs s’impose et l’occasion était belle de profiter d’une nouvelle loi (même si celle proposée aujourd’hui est totalement inacceptable pour bien des raisons exposées ici et là) pour enfin faire en sorte que ce soient les meilleurs qui soient recrutés et non les médiocres et faire cesser les petitesses, les magouilles, l’absence de scrupules, le self-service, les vices de forme qui agitent trop souvent les commissions dites de "spécialistes". Mais personne n’ose vraisemblablement soulever le couvercle de la marmite !!

    • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

      14 octobre 2005

      Passionnant.
      Une petite erreur quand même (et une touche d’optimisme ?) : il n’y a plus de limite d’âge pour le concours de CR2...

      Cordialement,

    • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

      31 octobre 2005

      Je suis exactement dans la meme situation et etat d’esprit que toi, si ce n’est que je suis parti en allemagne. J’entame ma troisieme annee de post-doc et je regarde les pizzerias d’un autre oeil maintenant.
      Quand j’etais etudiant, mes enseignants m’encourageaient a continuer, a avancer, a aller jusqu’a la these.
      Les labos faisaient ensuite leur publicite pour essayer de grapiller quelques thesards, et evidemment pendant la these tout le monde etait tres content d’avoir un thesard. C’est bien, continue mon petit.
      Et puis quand la these est finie, y’a plus personne, on nous tourne tranquillement le dos.
      Hein, quoi ? vous voulez qu’on vous donne un emploi permanent maintenant ? Mais je ne comprends pas de quoi vous parlez monsieur ! Ah, ah, on vous a bien eu !!!!!!!!

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005, par BRIOT ROGER

    Je suis un ingénieur de recherche CNRS en retraite. Syndiqué au SNTRS-CGT.
    J’ai créé auprès de la direction générale du CNRS (via la direction de la stratégie et des programmmes, 1992-2000) une structure transversale au service de toutes les directions scientifiques, des services de la formation permanente, des relations industrielles, des relations avec les Universités et les autres EPST. Structure chargée d’organiser et de développer avec une vision stratégique d’établissement toutes les compétences et ressources technologiques utiles à l’activité de recherche.
    Cela concerne massivement la place et le rôle des Ingénieurs et Techniciens qui sont au nombre de 11 à 12000 au CNRS. Mais pas seulement, car nombre de chercheurs sont à l’origine ou utilisateurs directs de compétences et de ressources technologiques extraordinaires. Cette structure, qui vit toujours et rend de grands services, se voulait une contribution à la réforme du CNRS.
    Je trouve donc hallucinant que vos textes ne disent absolument rien du rôle irremplaçable des ITA qui doit être pris en compte dans la réorganisation de la recherche. Rien des menaces qui pèsent sur ce rôle, sur le manque de moyens utiles à l’acquisition, à l’utilisation de méthodes et d’outils performants, face aux besoins toujours plus pointus des équipes scientifiques. Sur les menaces d’une sous-traitance massive des réalisations techniques, et dont le coût prohibitif, l’incompétence sont souvent avérés.
    Sans ITA les meilleures idées scientifiques restent des rêves.
    BRIOT ROGER ancien responsable de la cellule Ressources et Compétences Technologiques du CNRS.

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005

    Je ne peux qu’être d’accord avec cette réaction de SLR. Récent docteur en histoire (décembre 2004), privée d’une première candidature CNRS en CR2 parce qu’étant trop vieux d’un an....et contraint de me présenter en CR1 où se bouscule des chercheurs plus expérimentés que moi et tout aussi méritant, me voila réduit à chercher des "petits boulots" comme lorsque j’avais 18 ou 20 an (j’en ai 32 !). A la veille de "rempiler" comme caissier dans une librairie parisenne, je n’ai comme horizon de recherche, pour l’année prochaine, qu’nue vague promesse de contrat post-doctorat d’un an.
    Lorsque je cherche du travail dans un autre secteur que la recherche, mon doctorat ne m’est d’aucun secours face à des employeurs qui hésitent à embaucher quelqu’un d’aussi "mûr" mais n’ayant qu’une "faible" expérience professionnelle. Qu’on se le dise, un doctorat en histoire (et souvent plus largement en sciences humaines), ne "vaut" rien sur le marché du travail et j’en suis réduit à dénicher des formations proposées par les chambres de commerce et qui s’adressent, au premier chef, aux gens en échec d’étude ou ayant un niveau bac + 2....
    J’arrête là car je sais que SLR est parfaitement conscient de ces réalités partagées par nombres de mes petits collègues. En vous faisant part de ce petit témoignage, je veux simplement vous dire combien la lutte que vous menez est fondamentale. Cette lutte est aussi la mienne, même si mon sentiment le plus fréquent est celui d’un grand dénuement et d’une impuissance totale à changer les choses. Rendez-vous compte que dans le laboratoire où je faisais ma thèse, la participation au mouvement des chercheurs a été proche de zéro, comme si mes aînées avaient plus espéré en une adaptation (réel renoncement à mon sens) qu’en la révolte et le combat.
    Bien à vous

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005, par Ras le bonbon

    C’est bien la peine de perdre encore du temps "politique" donc un an de plus dans le calendrier des urgences de l’action pour arriver visiblement à une copie qui multiplie les faux-semblants et les faux-culs.

    Comment penser encore aujourd’hui que les hauts fonctionnaires décident seuls ou quasi en collegialité des axes stratégiques de ce qui fera ou non encore l’existence de la France en sciences et développement ? A quel titre ? Notre pays en a ras-la casquette mais de façon violente de l’hypocrisie et de l’incompétence de tous ces Jacques Chirac, qui donnent seule l’impression qu’ils souhaitent trôner, administrer, mais comme le sus-nommé, sans Connaissance, ni Intelligence des enjeux.

    Si toutes les vraies compétences utiles de notre pays sont bafouées à ce point en terme de statuts (et c’est encore et tjrs les jeunes arrivés comme des chiens ds un jeu de quille qui chopent !)au lieu d’être choyées et préservées, c’est bien que ces Vieux (chichi and co) cons ont de la m... à la place du cerveau et portent la responsabilité de celle qu’ils ont semé everywhere depuis des décennies.

    Ils méritent oui, une vraie révolution, qui les force à s’ouvrir à d’autres instances de pouvoir (illégitime en l’espèce) que les leurs qui gangrènent d’inaction et d’indigence un système, que oui, ils contribuent comme une usine à gaz soviétique à désorganiser. Qu’avons-nous encore de mieux que les Russes ? On se le demande..si on a le courage d’être lucide. Puisque ces autocrates ressemblent comme deux gouttes d’eau à des ronds-de-cuir pétris de trouille et sans vision ni courage pour agir là où ça coince. Mettre la poussière sous le tapis n’est pas assainir une situation.

    Ces connards du 7ème et du métro Concorde planqués sous leurs lambris sont nuisibles s’ils ne savent traiter ce sujet. Qu’ils sachent que là, oui, ils ont intérêt à arrêter les petites magouilles et stratégies de court terme qu’adore leur pour encore deux ans papé..Au Niger, les politiques spéculent sur le riz et le vendent à prix d’or, pour tuer leurs propres bébés qui meurent de faim par milliers, et faire leur fortune, sans jamais avoir agi sur la natalité logiquement !

    On se demande si à force de cotoyer ce type d’individus, ils n’auraient pas déteint depuis longtemps sur le mental tordu et égoîste du chef de l’état, qui prouve par ce papier sa lâcheté rampante et sa fausseté. Lui qui décide de tout au final et que personne n’ose contredire. Qui installe des pantins ou son clone à l’executif et qui ne supporte pas les réformateurs JUSTES.
    QUE CELA CHANGE ET QUE OUI QU IL Y AIT UNE VRAIE RUPTURE au sens où ON ROMPE avec ce POTENTAT AFRICAIN qui nous affame et nous menace dans SON intérêt et ceux du maintien de sa caste. Pour revenir au Développement DURABLE ICI AUSSI !

  • Négativisme ou réalisme ?

    12 octobre 2005, par Simon

    J’avoue qu’en tant que doctorant (au smic à bac+6) lorsqu’on me demande mon projet professionnel dans un système qui s’effondre, j’ai un blocage... Comment pourrais-je me projeter dans l’avenir ? Malgré l’intense action de collectifs comme Sauvons la Recherche, face à une telle absence de résultats, j’ai bien peu d’espoir, pour ne pas dire aucun. Mais je me demande quand même si on ne se trompe pas de cible.

    En effet pourquoi cristallise-t-on la grogne autour d’un gouvernement qui - soyons réalistes - n’a quasiment aucune marge de manoeuvre face à ses engagements européens, Europe qui elle-même s’est engagée (sans nous demander notre avis) à suivre à la lettre les objectifs de l’OMC ? N’est-il pas flagrant que la réforme qu’on nous propose (comme toutes les autres) est en droite ligne avec l’esprit des accords de l’AGCS, alors que les propositions des chercheurs vont à leur encontre, autrement dit seront toujours nulles et non-avenues face à la logique OMC ? Au final, y a-t-il vraiment un espoir de voir le "petit" gouvernement français (de gauche ou de droite) s’opposer au courant européen et mondial sans passer par une crise profonde et généralisée ?

    J’aimerais bien savoir ce qu’on pense à la commission européenne de la crise de la recherche en France et de la façon dont elle est traitée... Entend-on la voix de Sauvons-la-Recherche ou ignore-t-on jusqu’à son existence ? Dans ce cas peut-on espérer une connexion avec les chercheurs d’autres pays européens et une action commune ? Car dans un système aussi grand, avec une telle inertie, seule une mobilisation générale pourrait avoir un effet, mais elle paraît démesurée et impossible à mettre en oeuvre. La grogne française me paraît malheureusement une pécadille au sein d’un système qu’on ne maitrise plus du tout. J’ai l’impression que nous sommes bien pris au piège...

  • Partir, ou entrer en résistance ? Comment ?

    12 octobre 2005, par François Goreaud, chercheur

    Le projet de loi qui va nous être imposé est effectivement, comme vous le soulignez dans votre analyse, un nouveau coup dur pour la recherche française, et surtout pour les chercheurs qui évoluent depuis quelques années dans un contexte de plus en plus morose.

    Autour de moi, et notamment dans les organismes de recherche sur l’environnement qui me sont plus familiers, je vois mes collègues de plus en plus stressés par les recherches de financement et les restructurations impromptues de thèmes et départements de recherche, je vois la fermeture inopinée d’équipes pourtant bien évaluées et faisant (même !) rentrer de l’argent, je vois des mutations inexpliquées décidées par une direction générale visiblement peu au courant de la réalité du travail de recherche, des familles éclatées, des carrières brisées, des déprimes à répétition, ou des gens à bout, pourtant de grande qualité, qui choisissent de changer de métier.

    Je vois aussi des jeunes docteurs brillants, reconnus par la communauté internationale, vivre du RMI entre deux emplois précaires, et venir en cachette au labo pour avoir accès aux outils nécessaires pour rédiger un article ou postuler à un post doc. Aujourd’hui, je conseille à mes étudiants de ne surtout pas s’engager dans la recherche en France.

    En décourageant ainsi les chercheurs, et notamment les jeunes chercheurs, on va tout droit à la mise à mort de la recherche française ! Se peut il qu’il y ait une raison à tout cela ? Un plan à long terme derrière le plan à court terme que vous analysez ? Une volonté réelle du gouvernement ou de lobbies de faire péricliter notre système de recherche publique ? De fragiliser et de marginaliser les intellectuels ? Ou bien n’est ce que le résultats de maladresses multiples sur un système déjà fragile ?

    Face à ces inquiétudes et à cette morosité croissante, avec plusieurs collègues nous nous interrogeons sur la meilleure façon de réagir... Faut il fuir avant d’être complètement pris par le système, d’avoir perdu notre dernière goutte de passion pour la recherche, à coup de restructuration, de demande de financement, et de mutation arbitraire ? Fuir à l’étranger pour continuer à y exercer notre métier, mais l’herbe y est elle vraiment plus verte ? Changer de métier, refuser ces contraintes déshumanisantes mais au prix de donner satisfaction à ceux qui veulent nous détruire ?

    Ou bien peut on entrer en résistance ? Plier comme le roseau le temps de la tempête, en gardant bien cachée la flamme de notre passion pour la connaissance ? Transmettre discrètement à nos étudiants, loin des oreilles indiscrètes, notre vision d’un monde où le savoir n’est pas une marchandise ? Désobéir civilement au poids administratif, ne plus remplir les dossiers, ne plus répondre aux appels d’offre, tenter de se construire une liberté intérieure ?

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005, par Marie-Christine

    Ce projet me laisse perplexe. On se moque de nous. Continuez à décripter et à analyser les propositions gouvernemantales. Seule votre vigilance et vos explications pédagogiques nous permettront de ne pas nous faire enfumer et donc de réagir à cette mise à mort programmée par KO de bêtise. La recherche est l’avenir de notre pays, notre économie de demain en dépend et donc la vie même de nos concitoyens. La vision à court terme est chère à nos politiciens car étalonnée sur la durée de leurs mandats. Qu’ils prennent garde, ils pourraient bien être éliminer de la scène pour incompétence et carriérisme, l’intérêt général n’ayant pas l’air de les soucier.
    Je compte sur vous pour faire évoluer ce texte et vous pouvez compter sur moi pour parler à un maximum de gens autour de moi, qu’il soit dans le domaine scientifique ou non, de cette actualité.

  • Tout de même : il faut donner l’adresse web du site présentant ce projet de loi

    12 octobre 2005, par Guillaume LIMOUSIN

    Il est évident que vous réagissiez légitimement à ce projet de loi, mais il faut quand même pouvoir laisser à chacun le droit de juger à la source. Voici donc l’adresse web à laquelle on trouve le projet de loi et ses annexes : http://www.pactepourlarecherche.fr/

    • Tout de même : il faut donner l’adresse web du site présentant ce projet de loi

      27 octobre 2005, par Olivier Cappé

      Oui d’ailleurs on y découvre un détail amusant, le site du pacte pour la recherche, celui du minsitère délégué et celui de l’ANR sont hébergés sur le même serveur :

      www.recherche.gouv.fr CNAME haustator.gasteropode.jmsp.net

      www.gip-anr.fr CNAME haustator.gasteropode.jmsp.net

      www.pactepourlarecherche.fr CNAME haustator.gasteropode.jmsp.net

      haustator.gasteropode.jmsp.net A 212.23.170.4

      et ils sont manifestement de la même source, ce que l’on confirme aisément en faisant "View Page Source" :

      « META name="Webmaster" content="Martine Gandon et Christophe Jacquemin" »

      « META content="MSHTML 6.00.2713.1100" name=GENERATOR »

      dans le genre explicite, on peut difficilement faire mieux.

  • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

    12 octobre 2005, par jbl

    Le projet est inacceptable, c’est évident, mais on se demande pour qui.......
    Recherche.., Chercheurs.., Post doc.. , Thesards.., Maîtres de conf..,.....et les autres personnels de la recherche ?!! les Techni-chiens !!!? n’existent-ils pas ? je croyais que nous representions la moitié des personnels...

    • Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable ?

      13 janvier 2006, par Thierry (IE dans une UPR SHS)

      Bien vu : les ITA sont toujours vus comme la quatrième roue du carrosse par nos chers « chercheurs »... pourtant sans nous rien ne tourne - vu d’en bas, c’est sûr, on a l’impression que sont ce sont souvent les chercheurs qui s’opposent à toute réforme, qui finirait bien évidemment par raboter certains avantages inhérents à leur statut. Rarement on ne s’inquiète de ce pense le CNRS « d’en-bas » sur les nécessités de la réforme (car « d’en-bas » on voit bien ce qui ne fonctionne pas au quotidien quand on vient tous les jours au labo...)
      Dans le texte « Pourquoi le projet de loi sur la recherche est-il inacceptable » les expresssions « ITA », « technicien », « ingénieur », « administratif » n’apparaissent PAS UNE SEULE FOIS alors que le mot « chercheur » apparait 16 fois ! Le mot laboratoire n’apparait que trois fois !!!
      Arrêtons le chercho-centrisme et réfléchissons de façon plus collective !
      [Je précise que je suis plutôt contre la réforme Larrouturou qui lui aussi se contrefiche bien des ITA]