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réactions à l'article «Déclaration de soutien à la recherche de nos laboratoires»

  • Déclaration de soutien à la recherche de nos laboratoires

    15 décembre 2005, par Louis d’Hendecourt

    Bonjour
    J’ai déjà réagi une fois à l’appel des contractants ANR qui se proposent de mutualiser leurs crédits ANR au profit de leur labo. Bien évidemment, personne n’a répondu à mes remarques. Je pense que cet appel est soit carrément irresponsable soit parfaitement hypocrite parce qu’irréalisable.
    En étant contractant ANR vous vous engagez sur un projet, dans un cadre parfaitement défini. Je suppose que tous les contractants ont rempli un projet ANR défini (sinon je suppose qu’en déclarant mutualiser leur ANR ils n’auraient rien obtenu). Une fois le projet accepté, les contractants ont ensuite rempli auprès de l’USAR, des formulaires type pour préciser l’ utilisation prévisible du budget alloué. Les contractants reçoivent ensuite une notification administrative de leurs crédits qui, en plus de la notification, explique fort bien comment ces crédits doivent être dépensés.
    Il est stipulé qu’il y aura un contrôle a posteriori de l’utilisation des crédits (scandale !!! jamais en 20 ans de CNRS je n’ai eu le moindre contrôle à posteriori sur l’utilisation de mes crédits !!!!) et que l’USAR se réserve le droit de demander au bénéficiaire des ces crédits, le reversement de tout ou partie des crédits qui seraient utilisés pour autre chose que le programme ANR pour lesquels ils ont été donnés.
    Ainsi donc, la pétition des contractants est elle absolument irresponsable et très hypocrite. Il est impossible de détourner ces crédits vers les labos et il sera carrément illégal de le faire.
    Je pense que les signataires de la pétition sont eux mêmes très hypocrites. Clamant leur refus de l’ANR, ils ont soigneusement rempli les demandes pour en profiter néanmoins. Ils se refont une virginité à peu de frais en déclarant mutualiser les crédits reçus mais ils savent bien que c’est archi-impossible (cela ressemble fort à la démission parfaitement bidon des directeurs de labo au printemps dernier...des démissionnaires qui ont confortablement continué à toucher leurs salaires...c’est n’importe quoi).
    On aimerait un peu plus d’honnêteté dans ces prises de position à l’emporte pièce comme un peu plus de jugeotte dans le lancement de pétitions plus absurdes les unes que les autres. Louis d’Hendecourt, DR CNRS

  • Déclaration de soutien à la recherche de nos laboratoires

    28 novembre 2005

    Franchement je suis sceptique de lire un tel texte.
    Tout d’abord ceux qui n’étaient pas d’accord avec le système ANR auraient dû refuser d’y souscrire en ne soumettant pas de projets. En soumettant un projet, compte tenu de ce que l’on savait de l’ANR à l’époque, on acceptait tacitement le contrat liant une (ou des ) équipe(s) à un financement ANR hors soutien de base des labos. Certes, on peut critiquer les attributions sur des critères peu transparents mais, dans le fond, ceux qui ont décroché un financement ANR sont ceux qui se sont objectivement donnés du mal à remplir un dossier. On voit mal pourquoi alors remutualiser le financement vers des équipes qui n’ont pas soumis de projets.
    Par ailleurs, avant de me lancer personnellement dans une telle mutualisation, j’aimerais savoir si, à l’intérieur des labos, on ne va pas décider que le soutien de base ne s’appliquera plus aux équipes qui ont obtenu un financement ANR, au motif qu’elles sont déjà servies.
    Finalement, avec l’ANR, on signe bien un contrat qui engage légalement les parties. Vu celui que j’ai signé, et qui ne prévoit effectivement pas de mutualisation des crédits vers le labo, ni même le prélèvement d’un certain pourcentage (en dehors de frais de gestion), je présume qu’il serait illégal de procéder de soi même à une redistribution de ces crédits pour autre chose que la proposition pour laquelle ils ont été jugés, approuvés et financés.
    Bon, c’est mon opinion et je la partage
    Louis d’Hendecourt, DR CNRS, IAS Orsay

  • Déclaration de soutien à la recherche de nos laboratoires

    22 novembre 2005, par Kergomard Jean, DR CNRS, Marseille

    Je fais partie de ceux qui ont pensé qu’il fallait répondre à l’appel d’offres "blanc" de l’ANR, ne serait-ce que pour montrer l’importance de la recherche qui n’est pas dans la liste des priorités gouvernementales ou européennes. Je suis responsable d’un projet qui a été retenu. Je dois dire que je partage presque tout de la déclaration et la pétition, mais presque tout seulement, et je ne signerai pas la pétition, en tout cas pas maintenant. Ce qui suit n’engage que moi et pas les partenaires du projet.

    Je pense qu’un financement sur projet présente un intérêt certain : nous avons dû réfléchir autrement à notre recherche, notamment parce que nous avons soumis un projet avec d’autres laboratoires. Cela étant, nous devions calculer le coût total incluant les coûts de personnel permanent, et ces coûts sont près de 8 fois ceux de l’aide : ceci démontre qu’il faut aussi une politique à long terme, d’abord en termes d’emplois stables, mais aussi en termes d’infrastructures, grosses installations.... Cette politique à long terme, c’est en effet celle des laboratoires. Il est donc extrêmement négatif que les prévisions d’augmentations budgétaires n’aillent qu’à l’ANR, et pas aux organismes et universités.

    Mais je pense qu’il est très dangeureux de prendre comme fait acquis la diminution des crédits récurrents, car c’est presqu’un encouragement donné au gouvernement pour aller dans cette direction, et je crains que ça ne fasse son jeu : je préfère le prendre au mot quand il dit qu’il n’y a pas de diminution des crédits CNRS. A condition de recevoir l’accord de mes partenaires, je n’exclus pas de signer la pétition si les crédits CNRS de nos laboratoires baissent en 2006, auquel cas utilisant le règlement financier de l’ANR, j’informerai les responsables de l’ANR que j’ai dû revoir les prévisions de dépenses, limitant ainsi l’ambition des expériences projetées et/ou la durée des embauches de post-doctorants. Cette décision sera grave, car elle ne respectera pas le projet qui a été évalué. Je ne peux de ce point de vue qu’être étonné par la phrase attribuée à notre ministre par "Le Monde". Je précise enfin qu’embauchant un post-doctorant, je n’ai pas l’impression d’agir pour la précarisation des emplois scientifiques, car force est de constater que l’embauche immédiatement après thèse n’est pas vraiment très courante, et bien des doctorants ont besoin de travail et d’expérience, ce qui ne m’empêche pas d’être hostile à une politique d’empilement des post-doctorats.

  • Déclaration de soutien à la recherche de nos laboratoires

    19 novembre 2005, par Vincent Colot

    Je suis tout à fait d’accord avec cette déclaration, que je viens de signer sans hésitation. En revanche, je suis consterné par la demande faite par SLR d’un bloquage de l’augmentation des crédits alloués à l’ANR, alors même qu’à mes yeux l’ANR a prouvé dès sa première année, au travers de l’appel "blanc" notamment, son utilité dans le soutien à des projets de recherche fondamentale.

  • Déclaration de soutien à la recherche de nos laboratoires

    18 novembre 2005

    Je note de manière intéressante que la plupart des acteurs de SLR de premier plan n’ont pas hésité dès la première année à faire des demandes à l’ANR. Pour rappel certains chercheurs avaient emis l’hypothèse d’un boycott de cette agence. D’une manière ou d’une autre, le succès de l’ANR que l’on peut mesurer au nombre de demandes reçues semble contradictoire avec les discours très radicaux contre la création de cette agence. C’est d’autant plus vrai lorsque l’on découvre les auteurs de cette "charte". On peut bien sûr trouver positif le fait que ces chercheurs labélisés par l’ANR acceptent de leur propre chef de rétroceder une partie des ses crédits à leurs collegues même si cela reste de manière discrétionnaire. Je pense qu’il faudrait les en remercier dans la mesure ou leur action sincère illustre en creux les faiblesses voire les ambiguités, par toujours conscientes d’ailleurs, du mouvement SLR et des ses acteurs. Enfin, ces mêmes signataires pourraient nous expliquent dans quelle mesure leur crédits ANR seront affectés pour retribuer des chercheurs précaires rebaptisés post-doc. Il me semble en effet que le plus grand danger de l’ANR c’est d’être une forte machine à précariser avant toute chose. C’etait d’ailleurs un des points important portés par les etats-géneraux.

    Fabien TELL
    elu au comité national du CNRS