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réactions à l'article «Du Pacte à la crise du CNRS»

  • Du Pacte à la crise du CNRS

    19 janvier 2007, par anne-hélène

    D’accord sur tout, mais les sciences humaines ?
    Sommes nous déjà morts ?
    Nous n’apparaissons jamais dans les débats clairement. Ou sommes nous englobés dans "les scientifiques" ?

  • Du Pacte à la crise du CNRS

    11 décembre 2006, par P.C

    Le CNRS n’est pas, aujourd’hui, un établissement de recherche fondamentale. En tout cas rien dans le décret de création ne permet de le qualifier de la sorte, au contraire. Il n’est pas fait allusion où opposition entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée. La France a impérativement besoin de développer ces deux grands domaines scientifiques pour assurer le développement du pays et la qualité de vie des citoyens.

    Il me semble que c’est l’histoire et la volonté politique, par la création d’établissements publics à visé plus finalisée (INSERM, INRIA, CEA, CNES..), qui ont conduit le CNRS à se qualifier d’établissement de recherche fondamentale. Mais suivant les disciplines les recherches effectuées par les laboratoires oscillent entre fondamental et appliqué.

    Le CNRS est devenu un établissement très imposant et probablement aux marges d’évolutions très étroites. Les orientations sont imposées par des groupes de pression aux vues à court terme plus que par une vision stratégique au service de la société. De même le budget du CNRS est très conséquent, mais l’usage qui en est fait peut être contesté. Plus que les montants attribués aux laboratoires ce sont les critères de répartition et les conditions d’exécution qui peuvent être critiqués. Le développement de l’affectation des moyens par projets aurait pour les équipes de recherche l’avantage de rééquilibrer les chances d’obtenir des financements sur des critères scientifiques et non sur la base du poids de l’histoire qui veut que plus le laboratoire est ancien plus il a de chance d’obtenir des crédits.

    Un CNRS, en faisant abstraction de la problématique sociale, transformé en agence de moyens chargé de développer la recherche fondamentale, en complément des actions conduites par l’ANR, aurait sans doute une influence et une efficacité plus pertinentes sur la recherche publique. Tout le monde en convient, le statut d’UMR est une vraie mauvaise idée en ce qu’elle complique terriblement la gestion, pénalise la visibilité des laboratoires et freine la réactivité nécessaire à la recherche.

    Il est impératif de revoir l’organisation de la recherche. Il n’est sans doute pas utile de tout casser, mais comment imaginer qu’un système aussi ancien puisse résister indéfiniment au temps. Les frontières de la recherche ne sont plus nationales mais au moins européennes.

  • Du Pacte à la crise du CNRS

    7 décembre 2006, par catherine Godinot

    Félicitation pour votre article et pour son analyse raisonable de la situation de la recherche en France.

    Par contre sur votre forum, merci de rectifier "à priori" en "a priori". Cette expression provient du latin et ne doit pas porter d’accent sur le "a". Excusez cette remarque, mais je pense que la qualité du langage est une exigence au CNRS !

  • Du Pacte à la crise du CNRS

    6 décembre 2006, par Jacques Leroy, CR1 CNRS

    Je suis chercheur au CNRS depuis 1974, au dernier échelon des chargés depuis 1987. J’ai postulé 15 fois sans succès au grade de DR2. Croyez vous qu’un jour quelqu’un se soit étonné de cette situation plutôt dégradante pour moi, malgré des travaux reconnus. Bien sûr que non. Ceci n’est qu’un exemple (personnel) parmi d’autres et l’on est donc en droit de se poser quelques questions sur un fonctionnement sain du CNRS. Pas étonnant que les politiques successifs le regardent de haut. En ce qui concerne les salaires, venant du CEA, je savais dès le départ que CNRS rimait un peu avec misère. Mais il fallait bien manger. Fin 2006, on est est toujours au même point. La fonctionnarisation (que l’on ne peut regretter bien sûr) a malheureusement figé le système encore un peu plus puisque l’on est noyé dans la masse (des fonctionnaires), avec un statut certes dérogatoire mais extrêmement mal conçu. D’où notamment ce terrible barrage du concours CR1-DR2 qui a eu pour effet de décourager nombre de chercheurs. Pas de hors-classe pour les CR1, prime ridicule, indemnité de personnel enseignant de 3,56 euros, pas de prime d’encadrement doctoral, pas d’éméritat non plus. La porte à 65 ans...Bien sombre tableau si ce n’était la passion que certains ont peut être encore pour leur job. Jusqu’où ? Seul point positif ces derniers temps, l’augmentation de un point d’indice : je passe à 821 au bout de 32 de carrière. Génial, non ? Un dernier point, je pense qu’il faut laisser la parole aux chercheurs de base, ce que jusqu’à présent personne n’a fait, en tout cas pas le CNRS et ses directions successives. Les politiques encore moins. Mais probablement est-il bien trop tard. Le mal est fait depuis déjà longtemps faute de clairvoyance et de volonté politique, toutes tendances confondues.

  • Du Pacte à la crise du CNRS

    6 décembre 2006, par Jean Guerdoux, professeur honoraire, Université Pierre et Marie Curie.

    Et alors ??

    J’ai lu avec intérêt l’excellente analyse concernant les décisions et les propos de Mme Bréchignac. Je la partage entièrement, en tout premier plan en ce qui concerne l’abandon programmé de la Recherche Fondamentale dans ce pays. Je me pose une seule question après cette lecture : quand les syndicats et SLR se décideront-ils à réellement AGIR ??

  • Du Pacte à la crise du CNRS

    6 décembre 2006, par stillnacht

    Voilà je finis ma thèse de doctorat en microbiologie en Suisse. Je suis français et j’ai effectué toutes mes études supérieures à l’étrangé (Belgique et Suisse). Je m apprète à faire mon post-doc aux US ! Et pourtant j’ai cherché en France et même dans les entreprises françaises. Ce n’est pas grave on adit de faire de la mobilité et si possible à l’étrangé, alors partons dans le temple de la science, Boston !

    Le bateau scientifique français coule !
    Les nouveaux jeunes chercheurs échappent à la France et je dirai même plus à l’Europe qui pratique une politique de la recherche peu AMBITIEUSE pour maintenir le potentiel en Europe. Il ne s’agit donc pas que de la France ! (Le Monde du 6 Décembre 2006 p 13).
    Avec la politique de dire "Fais ton post-doc dans un pays Anglo-Saxon ! Puis après tu reviens !" précaunisé par les entreprises françaises et les organisations publiques français, est une énorme bêtise ! Car après avoir fais ses preuves en tant que premier post-doc les meilleurs chercheurs resteront dans les meilleurs instituts, c’est une évidence ! Les retombés en termes de publication appartiennent à l’institution d’accueuil ! Nous facilitons donc la réussite scientifique de ces pays là ! Et je ne parle même pas des conditions salariales et de travail après et pendant le post-doc ! La france et même l’Europe ne font pas le poids face aux US, la Chine et trés bientôt l’Inde.
    Le CNRS est l’organisme publique le gros du monde avec une capacité interdisciplinaire très intéressante pour un chercheur qui aime son métier. Mais je dirai , et je m’en excuse avant, que le problème n’est pas la structure, mais le panier de crabes qui se battent entre eux ! Si nous voulons donc maintenir la structure du CNRS en place (c’est mon souhait) il faut absolement faire des réformes sur le statut du personnel qui le compose. Pourquoi ne pas revenir sur un système de contractuel où le CNRS à cette époque jouissait d’une bonne renommée par exemple. Car il y a bien une mentalité trés française qui doit changer, c’est celle de la place réservée au Poulain que l’on a suivi pendant toute sa formation même si celui-ci ne vaut rien en recherche pure. Il en est de même pour des postes vaccants !
    Tous ceci freinent la qualité de la recherche française publique qui pour moi devrait être une des meilleurs du monde vu la qualité des formations françaises.
    Et je pense que l’ANR a été créé justement pour faire le tri entre des équipes CNRS ou autres qui en veulent et des équipes qui "dorment" ! Sachez que je ne suis pas un partisant de cette structure budjétaire d’un style anglo-saxon inapproprié pour le système français, mais celle-ci existe partout dans le monde !
    Franchement j’ai plutot l’impression que de droite comme de gauche, nos politiciens n’ont aucune politique solide à long terme et précise pour améliorer la recherche en France.
    A quand le procès des entreprises françaises qui n’investissent pas en R&D et qui embauchent que des ingénieurs qui sortent des grandes écoles françaises prestigieuses ! Et les autres ingénieurs ? "On ne connait pas leurs niveaux. Ah d’accords !? Et les thèsards ? Pas assez d’expériences il faut qu’ils fassent 3 ans de post-doc après peut être on embauchera". Comme disait le témoignage de Cyrille Kuhn dans L’Enjeux, Les Echos Hors-Série n°2, La France dans le monde demain p90, "En France, si vous ne sortez pas d’une école d’ingénieurs, vous avez beau avoir dix d’étude derrière vous, il faut recommencer tout en bas et faire vos preuves".
    Oui tout à fait d’accords pour augmenter le budjet de la recherche, mais changeons aussi notre mentalité !

  • Soutien à la manifestation nationale du 21 novembre 2006

    21 novembre 2006, par LE GUEZENNEC Xavier

    Avec ce genre de projet politique, ca me donne encore plus grise mine vue de mon post doc de singapour et je suis pas pret de rentrer en france. Je crois qu’il va falloir que je dise adieux a ma baguette, mon vin rouge voire meme que je change de nationalite puisque la france a decide de jeter tous ces chercheurs dehors et specialement ceux en biologie et par dessus tout a laisser les vieux profiter de tous leurs avantages sociaux jusqu’a leur mort. Apres un DSK pro biologie on se retrouve avec l’oppose, vraiment noir de noir ce climat.

  • L’avenir sombre de la recherche française

    19 novembre 2006, par Damien, Sydney

    Je suis tout a fait d’accord pour dire que l’avenir de la recherche francaise est tout sauf assure. Etant chercheur postdoctorant en Australie, je suis avec beaucoup d’interets les relations opaques entre le gouvernement et les organismes de recherche. Les propos de la Presidence du CNRS sont etranges. Ils contribuent a la reduction de ses propres moyens, a la devalorisation injuste de son personnel, et finalement a la remise en cause de l’independance des chercheurs vis-a-vis des politiques, allons nous devoir faire de la recherche de droite ou de gauche en fonction du parti au pouvoir. Allons nous devoir deviner l’impact financier de nos decouvertes avant meme de mener les recherches, allons nous devoir selectionner les projets "faciles" et "sexy" pour publier nos resultats vites et dans de bons journaux. Moi aussi je me livre au petit jeu de la boule de crystal : je predits que d’ici 20 ans, tout le monde (tout secteur confondu) travaillera sur les memes projets, de preference contenant les mots "nano" et/ou "bio", que notre travail consistera a admirer les decouvertes chinoises et americaines et a se debrouiller avec "leurs restes". Bien sur que la recherche a besoin d’evaluation de sorte a mettre en lumiere les difficultes de notre systeme et a pouvoir investir encore plus la ou nous en avons besoin, mais si l’evaluation a pour seul resultat de couper les vivres a ceux qui prennent "le risque" de la recherche fondamentale, alors je reste a l’etranger, et les francais qui auront paye de leurs impots ma formation, contribuerons a la croissance de l’Australie ou des Etats Unis.

  • L’avenir sombre de la recherche française

    19 novembre 2006, par Voltaire

    Je suppose que l’auteur de cet article, qui termine par un appel vibrant à l’unité de tous les chercheurs, inclut parmi les "scientifiques" les collègues chercheurs dans les matières dites "littéraires" (sciences humaines et sociales, littérature française et étrangère, philosophie) qui sont aussi des sciences puisqu’elles sont caractérisées par une démarche scientifique. L’unité des revendications des chercheurs s’applique aussi, pour ce qui est des moyens et des structures, à ces domaines très négligés dans la médiatisation du mouvement de contestation que les chercheurs mènent depuis des années. Sous prétexte que les "littéraires" ne coûtent pas grand chose (en fait, ils auraient besoin d’un budget accru pour améliorer leurs capacités de recherche et leur efficacité, notamment pour la numérisation des données, livres et articles)et du fait d’une discrétion qui leur est naturelle, le sort qui leur est fait est passé sous silence, ce qui est dommageable, y compris pour les chercheurs en sciences "dures".
    Il me semble que, depuis l’après-guerre, la recherche française était bâtie sur un consensus : payer relativement peu les chercheurs, mais en leur donnant de bonnes conditions de travail. Ces 2 branches financières se sont écroulées à présent. Les chercheurs ont des revendications vertueuses (c’est-à-dire qu’il protestent plus pour réclamer de l’argent pour leur recherche que pour leur salaire) mais même là, les autorités de décision bloquent. Et l’appel (dans le discours) croissant à des modes de financement privé ne tient pas compte de l’éloignement entre les sujets de recherche des "littéraires" et les intérêts d’éventuels financeurs privés.
    C’est-à-dire que les "littéraires" doivent être entendus, mais que les solutions qu’on peut leur apporter ne sont pas forcément celles qui peuvent s’appliquer aux "scientifiques".
    J’ai rédigé il y a un peu, sur ce même site, un article allant dans le même sens (l’unité de la recherche (suite)). J’espère vraiment que les collègues "scientifiques" verront qu’il est de leur intérêt de permettre aux "littéraires" de s’exprimer aussi dans ce débat.