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Accueil / Tribunes et Contributions / Monsieur le président, je vous fais une lettre

réactions à l'article «Monsieur le président, je vous fais une lettre»

  • vous avez dit minoritaire ?

    12 décembre 2007

    Vous écrivez : "Parmi les raisons invoquées, le localisme et le copinage sont autant de travers depuis longtemps déjà dénoncés dans le cadre du fonctionnement de ces commissions. Ces imperfections, si elles pouvaient donner lieu à quelques inacceptables abus, restaient cependant largement minoritaires."

    Cependant, j’ai lu dans un rapport sur le recrutement des MCF dans lequel on pouvait lire qu’environ 50 à 60% des candidats recrutés étaient des locaux. Alors permettez moi de rire (voir même de pleurer) quand vous dîtes qu’il s’agit d’imperfections largement minoritaires ! Je pense qu’il s’agit là d’un réel problème de bonnes pratiques et je suis d’accord avec vous pour dire que la loi LRU ne le résolvera pas.

    Et même si les problèmes de pratiques étaient résolus, il y aurait toujours autant de gens sur le carreau à cause de la faiblesse des débouchés et des perspectives pour les jeunes docteurs.

    MC

    • vous avez dit minoritaire ?

      13 décembre 2007, par Emmanuel Saint-James

      Attention, le recrutement d’un candidat local n’est une condition ni nécessaire ni suffisante pour affirmer qu’il y a eu copinage, il est faux de laisser entendre que 60% des recrutements sont du copinage sur la seule base de cette statistique. Il vaut mieux recruter un bon candidat local qu’un mauvais candidat extérieur, il semble nécessaire de le rappeler.

      Le problème est plutôt que l’organisation actuelle pousse au recrutement local pour deux raisons. D’une part parce que les qualités des candidats locaux sont mieux connues des commissions ce qui permet de diminuer le risque d’un mauvais choix. D’autre part parce qu’aucune université n’a envie de voir que ses docteurs ne trouvent pas de travail, et sont donc portées à leur en fournir : si une seule université joue le jeu de ne pas recruter localement, mais que toutes les autres font l’inverse, la seule qui est méritante va se trouver condamnée par les statistiques du chômage de ses diplômés. C’est à cela qu’une loi intelligente devrait remédier.

  • Monsieur le président, je vous fais une lettre

    11 décembre 2007

    Bonjour, l’initiative me paraît très bonne, elle va dans le sens d’une action qui s’exercerait sur les tâches "associatives" multiples que nous n’avons aucun intérêt à assumer dans le mépris. Mais je pense qu’il faut la raccourcir et éviter la partie "le système est mauvais, nous avons été clientélistes et localistes" parce que les commissions ne fonctionnent quand même pas si mal, en tout cas celles auxquelles je participe. Ce qui va mal, c’est que nous ne faisons pas fonctionner à plein les instances collégiales. Et le localisme n’est pas si scandaleux quand les candidats sont bons !

    Par contre, est-ce qu’on ne pourrait pas compléter l’action par une inscription à une liste de démissionnaires des commissions ?
    Sinon on ne verra pas les actions, et elles n’auront pas l’effet d’entraînement qu’il y a eu par exemple au moment de la démission des directeurs de labo. Il faut que ça se voit et il faut qu’on sente que le mouvement est suivi, c’est tout l’intérêt de la pétition par exemple, il faut étendre le principe.

    Je me tourne vers le bureau le Sauvons la Recherche : est-ce qu’on ne pourrait pas afficher l’action (démission des commissions) et mettre en place la liste des acteurs.

    • Monsieur le président, je vous fais une lettre

      13 décembre 2007, par h

      bonjour,

      un court message pour vous rappeler que le recrutement MCF/PR est un concours de la fonction publique et que les arguments du type : "on prefere recruter un bon local qu’un mauvais exterieur" sont tout a fait grotesques !!! Qui oblige quelqu’un a recruter un mauvais exterieur ? Des bons a l’exterieur il y en a a foison. J’ai aussi vu des mauvais locaux etre recrutes : qui oblige la commission a le faire ? Il est evident qu’une ecole doctorale a un interet a recruter dans son propre "vivier" pour ne pas souffrir a terme de mauvaises statistiques de l’emploi de ses docteurs (comme le rappelle justement E. Saint James), mais a ce moment, il faut arreter les parodies de concours. Je suis actuellement dans un groupe ou le chef a decide que son etudiant (qui vient de passer sa these) aurait le prochain poste MCF dans quelques mois : comment peut-on appeler cela un concours de la fonction publique ? Le probleme est que nombre de ceux qui crient au loup ici se sont deja fourvoyes a un degre ou un autre dans ces pratiques minables de copinage et de marchandage. Pour etre passe devant des commissions de specialistes un certain de nombre de fois, je me demande aussi ce que certains y font : 1/ certains sont "specialistes" de pas grand chose (il suffit de regarder leur liste de publis) 2/ les decisions etant prises a l’avance, certains preferent bavarder dans le fond de la salle d’audition et ricaner (experience vecue) plutot que de se tenir correctement au moins en specialiste de l’attention et du respect. Beaucoup trop de candidats dans nombre de discplines ont des anecdotes de ce type pour que l’on puisse arguer d’un phenomene marginal.

      Cordialement,

      H.

      • Monsieur le président, je vous fais une lettre

        13 décembre 2007, par Emmanuel Saint-James

        J’ai moi aussi vécu des auditions de commission de spécialistes critiquables, et je ne cautionne évidemment pas le choix d’un candidat local sous de faux prétextes. Ce qui m’inquiète en revanche, c’est de constater que les abus qu’on a pu constater alimentent un ressentiment tellement fort qu’il débouche sur la posture : n’importe quelle réforme plutôt que le statut quo.

        Il me semble donc indispensable de rappeler qu’encore pire est toujours possible (l’Histoire le montre assez, hélas, et la LRU va rallonger la liste), et que la seule attitude scientifique n’est pas de céder à la colère, même quand elle est justifiée, mais de comprendre les mécanismes qui provoquent l’apparition d’un phénomène, pour pouvoir les bloquer de manière certaine. Autrement dit : les abus de pouvoir de telle ou telle personne ne sont jamais que la traduction de la situation politique dans laquelle il se trouve, savoir la pénurie de postes qui provoque des réflexes d’égoïsme. S’arrêter aux effets n’est jamais judicieux, il faut toujours s’attaquer aux causes.

        • Monsieur le président, je vous fais une lettre

          13 décembre 2007, par Igor Babou

          J’abonde dans votre sens : le fait qu’un système de normes dans une organisation soit susceptible de déboucher sur des contournements de cette norme, ne remet pas en cause la légitimité de la norme, mais doit nous interroger sur le sens de ces contournements, et la manière de les réguler. Ensuite, je trouve tout à fait dommage de se contenter d’anecdotes quand on prétend tenir un discours de généralité visant à réorienter l’action de collectifs institutionnalisés depuis de décennies. J’interviens dans plusieurs commissions de spécialistes depuis plusieurs années, et j’ai pu constater de l’anti-localisme primaire : on préférera parfois, à dossier équivalent, un candidat externe pour ne pas risquer la sempiternelle accusation de "localisme". On peut donc tous se jeter des exemples et des contre-exemples à la figure, en faisant des procès d’intention comme c’est le cas plus haut, mais je vois mal ce qu’on prouverait en faisant cela. En revanche, constater qu’on régressera vers des formes de gouvernance de moins en moins démocratiques et scientifiques avec la LRU, me paraît plus utile en ce moment que les guéguerres autour du localisme.