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réactions à l'article «Plan licence : une naïveté déconcertante»

  • Plan licence : une naïveté déconcertante

    18 décembre 2007, par FM

    Après réflexion et constatation de la mort annoncée des matières fondamentales tradionnelles -pas assez professionnalisantes—il se pose un problème sérieux de compatibilité avec les autres universités européennes. Les échanges seront-ils toujours possibles dans ces conditions, est-ce que ce n’est pas la preuve que la France se fourvoie encore une fois.

  • Plan licence : une naïveté déconcertante

    15 décembre 2007, par Fiona McIntosh

    Ce plan tel qu’il nous est présenté est une imposture. Le tutorat existe déjà et s’il a des difficultés à se mettre en place, c’est aussi parce que les étudiants ne viennent pas aux séances... Je ne caricature pas : nous avions débloqué à Lille III un financement, trouvé des étudiants de haut niveau en M2 pour l’assurer, alerté les étudiants en difficulté et puis il n’y eut personne. L’absentéisme des étudiants plombe nos résultats et tant que les cours ne seront pas obligatoires (sauf dérogations pour les salariés) nous nous heurterons à cette réalité.

    Par ailleurs, on ne peut que souligner l’hypocrisie gouvernementale : toutes les dernières réformes qui ont été menées à budget constant ont conduit à la diminution des semaines de cours étudiants. Pédagogiquement c’est catastrophique parce qu’il n’y pas de temps de maturation intellectuelle possible, pour les enseignants cela veut dire plus de groupes et de ce fait un suivi des étudiants plus difficile.

    Enfin, soulignons toujours cette logique de plan qui a conduit à tuer le bac et qui menace la recherche. Qu’on soit enfin honnêtes les étudiants de L1,2,3 sont plus fragiles dans leurs compétences mêmes (orthographe, syntaxe, rédaction, logique, culture générale) qu’il n’ y a 8 ans. La sanction de la première année ne fait qu’illustrer ce état de fait et rien ne sert à le nier artificiellement (les enseignants de prépa se heurtent d’ailleurs dans l’ensemble au même problème) en imposant par décret le taux de réussite à venir en licence sous peine de sanction financière. Or pour remédier à ces lacunes que propose-t-on ? qu’on en remette une couche avec des cours de méthodologie qui existent déjà, comme s’il n’était pas nécessaire d’avoir des connaissances solides pour alimenter la machine intellectuelle...

    Mais derrière cette nouvelle campagne, se dessine une propagande visant à discréditer les enseignant chercheurs, propagande que les médias relaient très bien !! En effet, la démonstration a été la suivant : nos enseignants chercheurs sont non seulement nuls au regard du classement de Shanghaï, ils sont nuls pédagogiquement, j’attends la conclusion mais je l’anticipe déjà, modifions leur statut afin qu’ils ne soient plus des planqués inopérants.

    Mais regardons ce qui est comparable : avons-nous en France les outils de référencement qu’ont les pays anglo-saxons et qui servent à valoriser leurs travaux ? avons-nous soutenu mondialement nous éditions scientifiques (on a laissé sombrer les PUF dont les sites universitaires US faisaient volontiers l’éloge) ? avons-nous suffisamment d’équipes chargées de valoriser la recherche fondamentale ? Assez de personnel pour chercher les contrats en entreprise ? pour faire de la communication à l’extérieur ? Assez d’enseignants pour encadrer de façon personnelle les étudiants sans que cela empiète sur le temps de recherche ? Assez d’argent pour aider au déplacment des enseignants à l’étranger ? Non, non et non et je pourrai encore continuer.
    Oui, il faut se méfier de ce plan, parce que derrière les mots, il y a toujours le même mépris pour le personnel de très haut niveau des universités françaises.

    • Plan licence : une naïveté déconcertante

      15 décembre 2007, par annick danjou

      Vous êtes arrivés à l’université au même stade que celui qui a détruit l’enseignement maternel et primaire en France et qui a fait que d’un sytème performant et exemplaire nous en sommes arrivés aujourd’hui à essayer de sauver ce qui peut encore l’être. Si les gouvernements successifs en sont pour une bonne part responsables, puisqu’il fallait toujours obtenir plus avec toujours moins de moyens, il faut reconnaître que le mal est venu aussi de l’intérieur. A force de ne pas dénoncer les dérèglements internes, de les couvrir même pour ne pas subir les conséquences réservées à ceux qui sortent du rang, de ne pas avoir pris en compte les problèmes des collègues de classes dites primaires... le mal a rongé peu à peu tout ce qui était sain et bon en laissant un systéme moribond qui aura du mal à s’en remettre !
      Je lis toutes les contributions sur ce site depuis plusieurs années, j’y trouve des arguments criant de vérité comme les vôtres et je me dis : mais pourquoi a t’il fallu attendre tout ce temps pour qu’enfin on réalise l’ampleur des dégâts ! J’ai pris ma retraite de l’éducation nationale il y a de cela 15 ans alors que je n’ai pas encore atteint l’âge requis pour la retraite générale. C’est vous dire si les problèmes ne datent pas d’hier !

  • Plan licence : une naïveté déconcertante

    14 décembre 2007, par Michel Berthiaud

    "Mme Pécresse sacrifie donc l’activité de recherche, alors même que nous avons besoin d’alléger le service d’enseignement des enseignants-chercheurs actifs en recherche." leurs

    Tout a fait d’accord avec ca. Mais pas besoin de recruter du personnel. Il suffit d’obliger les enseignants-chercheurs qui ne font que 50% de leur boulot (c’est-à-dire ne font pas de recherche) à doubler leur service d’enseignement. Comme ceci, ils auront un vrai service.

    Michel

    • Plan licence : une naïveté déconcertante

      14 décembre 2007, par YMTG

      Et comment évaluez-vous le temps que les enseignants-chercheurs passent à faire de la recherche ? On peut facilement vérifier le service annuel d’enseignement, mais tout le monde n’a pas un laboratoire où faire de la présence visible (notamment en lettres et sciences humaines), et la quantité de publications n’est pas non plus un bon indicateur (on peut publier beaucoup sans y passer beaucoup de temps, et à l’inverse, passer beaucoup de temps sur une publication complexe qui sera le seul résultat visible sur plusieurs mois). Par ailleurs, il arrive aussi qu’on ait des périodes de grande activité de recherche, et d’autres moins denses, soit pour raisons personnelles (maladie, grossesse, enfants en bas-âge ou autres responsabilités familiales), soit pour des raisons professionnelles (cours de préparation aux concours de l’enseignement, qui existent encore, responsabilités administratives accrues, jurys de concours, etc...). Dès lors, la désignation de "ceux qui ne font que 50% de leur travail" ne peut que relever de l’arbitraire, ou dépendre des enjeux locaux et querelles intestines. En tout état de cause, cela ne peut que créer des rapports détestables entre collègues...
      Votre argument est exactement celui qui sous-tend le rapport Belloc, qui prévoit de distinguer à terme d’un côté les "super-chercheurs", qui enseigneront moins et chercheront plus, avec tout le prestige du statut ainsi acquis, et de l’autre, les enseignants tout court, à la charge de cours doublée, sans aucune reconnaissance supplémentaire, puisqu’ils auront "failli" à démontrer leurs qualités de chercheur et le "paieront" par une surcharge d’enseignement... Le jour où la mission d’enseignement bénéficiera de la même considération que celle de la recherche, le problème pourra éventuellement être reconsidéré, mais en attendant, rappelons qu’un enseignant qui enseigne apparemment plus qu’il ne cherche n’est ni un sous-esprit, ni un fainéant qui profiterait du système. Tant que le recrutement sera assuré par les pairs et passera par la validation du CNU, on peut en tout cas espérer éviter que ce soit le cas.
      Il y a des tire-au-flanc dans toutes les professions, il paraît même qu’il y a des parasites qui "se lèvent tard" et ne trouvent pas de travail exprès pour vivre au crochet de la société sans rien faire. Ce n’est pas en faisant la chasse à ces cas isolés qu’on résoudra les problèmes de budget et d’encadrement des étudiants !

    • Plan licence : une naïveté déconcertante

      14 décembre 2007, par Igor Babou

      On pourrait aussi obliger tous les chercheurs du CNRS à enseigner tant qu’on y est, ou supprimer les organismes de recherche et les transformer en universités, ou je ne sais quoi d’encore plus totalitaire : comment est-ce possible qu’on n’envisage plus que des solutions coercitives à des problèmes qui demandent de l’intelligence, de l’analyse, et la compréhension de situations avant tout sociales et pas seulement, loin de là, pensables à travers l’obsession naïve et positiviste du chiffre, de la performance, et de la brutalité bureaucratique ?

      Ce que tout observateur d’organisation sait, c’est qu’il n’existe aucune forme de rationalisation des pratiques qui puisse éviter les différences d’investissement dans le travail. Ce que l’observateur des organisations sait également, c’est que dans un système où certains travaillent moins que d’autres (momentanément, ou pour diverses raisons souvent légitimes), il y a compensation par le surinvestissement de certains. Et cela est sans doute à comprendre et à observer dans la dynamique, souvent changeante, des organisations et du travail.

      C’est pourquoi il serait absurde de vouloir forcer une catégorie de personnel, dont on ne sait d’ailleurs pas si elle existe (qui ne fait réellement aucune recherche ? Quels sont les critères consensuels et transdisciplinaires de la définition du chercheur "efficace" ? Le nombre de publication ? On sait bien qu’entre un anthropologue qui part travailler 1 an sur un terrain, puis revient pour travailler un an sur ses données, pour prendre ensuite 1 ans d’écriture d’un livre, et un sociologue quantitativiste qui pondrait trois statistiques à la va-vite pour en tirer, par copier-coller, 12 articles de revues dans l’année afin de pouvoir être déclaré "publiant", la masse et le sérieux du travail ne correspondent pas à la quantité de publications (mes exemples sont bien entendu purement fictifs : je n’ai rien contre la socio quanti et ne suis pas anthropologue). D’autre part, qui peut prétendre sérieusement qu’il fait le maximum ? Pourquoi d’ailleurs devrait on attendre un fort investissement dans le travail quand on est confronté à la brutalité anti-démocratique de l’actuel gouvernement, ou à tout ce qui contribue depuis des années à vider notre métier de son sens en nous transformant en techniciens de nos disciplines au lieu de nous permettre d’être des chercheurs, des intellectuels ?

      On ne résoudra rien par la matraque, et encore moins par le prêt à penser sécuritaire et quantitativiste de la "traçabilité" du chercheur. On ne pourra avancer qu’en comprenant les pratiques sans les caricaturer et en réfléchissant sur leurs finalités.

    • Plan licence : une naïveté déconcertante

      15 décembre 2007, par Charzelwer

      Il faut une certaine outrecuidance pour ignorer la réalité et prétendre (comme dans les banlieues) que la seule solution, c’est la coercition. La réalité : le nombre d’étudiants a doublé en 20 ans, pas les personnels. Les enseignants ne sont pas accompagnés par des ITARFs pour faire les emplois du temps, répartir les salles, programmer les examens. Toutes tâches qu’ils ne devraient pas avoir à assurer.

      Des enseignants plein temps, cela existe déjà : les PRAGs qui sont des professeurs agrégés du secondaire. Ils assurent des cours sans avoir été eux-mêmes formés par la recherche (pas de doctorat). C’est bien là l’esprit de la réforme Pécresse de la licence : couper la licence du contact avec des enseignants-chercheurs, faire de la licence une prolongation de l’enseignement secondaire. Votre proposition de prévoir des enseignants à 100% de leur temps va bien dans l’esprit d’un enseignement supérieur étriqué, prolongation du bachotage et ne formant pas à l’initiative et à l’indépendance d’esprit. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a parfaite illustration de la méthode à laquelle nous sommes confrontés : on impose des aménagements d’apparence neutre pétris de bonnes intentions, mais il y a derrière des options fondamentales échappant à toute discussion et à tout débat. Il n’y a que les larbins du pouvoir pour masquer ces objectifs en maniant le mépris, le mensonge et le cynisme.