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réactions à l'article «Organisation de la recherche : bientôt la vente à la découpe.»

  • Organisation de la recherche : bientôt la vente à la découpe.

    18 novembre 2008, par Jacques

    Article très enrichissant que j’ai lu deux fois de suite, mes félicitations.

  • Organisation de la recherche : bientôt la vente à la découpe.

    27 mars 2008, par razlebol

    apparemment, presque toutes les actions menées par les acteurs de la recherche en France, Sauvons la Recherche en particulier, n’ont jamais été prises au sérieux par les gouvernements... et celà empire d’année en année
    il faut arrêter le massacre, et rattraper les conneries pour sauver l’avenir
    il serait temps de penser à de vraies actions, sinon Mister Sarkozy continuera à bien se marrer et à se fouttre de nous (excusez mes paroles) durant encore 4 longues années
    est-ce parce que les cheminots de la SNCF font perdre des millions d’euros à l’état qu’ils sont mieux compris ?
    fuite des cerveaux... on s’en fout ; on verra dans 20 ans les résultats
    salaire... on s’en fout, le chercheur vit de et pour la science, qu’est ce qu’il ferait avec 3000 euros/mois, voyons
    liberté du chercheur... on s’en fout ; il arrive à bien se démerder depuis des décennies
    j’en ai marre de lire de genre de message ; toujours en colère et jamais de solution
    n’essayons plus de sauver la recherche, mais agissons pour sauver la recherche

  • Organisation de la recherche : bientôt la vente à la découpe.

    20 mars 2008, par Bernard Jacq

    L’analyse d’Alain a le mérite de remettre dans un contexte plus général ce qui vient de se passer à l’INSERM (et qui est également prévu au CNRS, Mme Bréchignac le reconnait). Cette analyse pertinente de la situation actuelle et les projections possibles pour l’avenir ne peuvent que nous alarmer et doivent nous inciter à réagir.

    En effet, nous n’avons cessé, à SLR, de dénoncer depuis 2004 la mise en place par morceaux de ce qu’il faut bien appeler maintenant le nouveau dispositif de recherche Français (NDRF). Les différents éléments de celui-ci sont presque tous en fonction, la découpe des EPST qu’a analysé Alain étant un des derniers épisodes avant les modifications prochaines des statuts des personnels. Force est de constater que si nous avons pu, peut-être, retarder un peu quelques échéances, nous n’avons pu globalement empêcher la mise en place du NDRF.

    Osons ouvrir vraiment les yeux et porter un diagnostic :

    Le NDRF est un dispositif :

    • non démocratique : il ne reste presque plus d’instances scientifiques où des élus sont présents (que va t’il se passer dans les nouveaux instituts de l’INSERM ?) et le gouvernement prend systématiquement le contre-pied des propositions constructives que la communauté (via SLR, les états généraux, les syndicats) avait élaboré ces dernières années. Non seulement les réformes se font sans consulter la communauté, mais elles se font contre ses intérêts.

    • de nature politique, idéologique et non pas scientifique. Le contrôle de l’état est omniprésent dans tous les pans du dispositif et comme le souligne Alain, il s’agit tout d’abord de diviser pour mieux régner. C’est la peau des EPST que l’on veut, quel qu’en soit le prix et les incohérences pour y arriver. Plutôt que d’améliorer, on a délibérement choisi de casser ce qui marchait mais "gênait" politiquement. C’est un risque totalement inconsidéré pour l’avenir de la recherche !

    • qui veut la mort de la recherche fondamentale. Dans cette vision politique à courte vue, qu’aucun autre pays n’adopte, seules ou presque seront dorénavant soutenues les recherches "utiles" ou considérées comme telles, c’est à dire susceptibles de déboucher rapidement sur des applications concrètes. L’amélioration générale des connaissances est balayée et aucune leçon n’est tirée par ce gouvernement de la façon dont fonctionne réellement le lien entre recherche fondamentale et ses applications. L’exemple, pourtant très illustratif, du récent prix Nobel d’Albert Fert est, à cet égard, complètement ignoré.

    • élitiste car manifestement construit pour quelques-uns seulement à qui on donnera tous les moyens de travailler au détriment des autres. Cette vision s’oppose à la nôtre qui souhaite tirer l’ensemble du système vers le haut tout en défendant une recherche de qualité et en privilégiant les collaborations, l’émulation plutôt que les compétitions stériles à l’intérieur des (ou entre les) laboratoires.

    • générateur de précarité : Le nombre des CDDs explose à tous les niveaux, et principalement à travers l’ANR. Par contre, un des atouts intéressants du système français, très attractif à travers l’europe, la possibilité de recrutements stables à un âge jeune à travers le statut de "chargé de recherche" semble de plus en plus menacé.

    Après ces constats, au moins deux conclusions s’imposent :

    - d’une part, le NDRF va très vite se révéler totalement inattractif pour les jeunes qui vont réfléchir à deux fois avant de s’engager sur la voie d’un métier ultracompétitif mais pourtant pas très bien payé, où seuls quelques uns peuvent espérer sortir de la précarité après 12-15 ans de galères. Ou est le plan pluriannuel pour l’emploi ou encore les mesures pour améliorer le recrutement des jeunes docteurs en entreprise ? Comment maintenir vivant l’intérêt pour la science et l’attirance pour la recherche dans un tel contexte ? Le nombre d’étudiants, qui déjà avait dramatiquement chuté ces dernières années risque de continuer à le faire, et ce de façon plus accentuée encore.

    - pour ceux qui sont actuellement dans le système, ils n’auront hélas pas tous vocation à y rester. L’objectif du gouvernement commence à apparaître de plus en plus clairement. Une stratégie d’étouffement à différents niveaux se met en place :

    • réduction du nombre d’étudiants qui, si elle n’est pas explicitement voulue est un résultat direct de la perte d’attractivité des métiers de la recherche pour les jeunes,

    • réduction des financements [moins d’une équipe sur deux bénéficie d’un financement ANR et les budgets des labos sont en baisse constante],

    • perte de la liberté de chercher hors de domaines "utiles" étroitement balisés,

    • généralisation d’une évaluation automatisée (bibliométrie) et hors-contexte,

    • disparition des membres élus des commissions remplacés par des "experts" imposés ....).

    Il est évident que le gouvernement veut une recherche aux ordres, pilotée par l’aval, resserée autour de moins de labos, moins d’équipes et probablement moins de 10 000 chercheurs statutaires dans tous les EPST à terme ( ... à qui on fera bien sûr miroiter qu’ils seront ainsi mieux payés !). Les autres seront priés d’enseigner ou bien encore seront invités à faire autre chose (Mme Bréchignac le suggère déjà : "Bon nombre d’entre nous peuvent souhaiter, à un moment ou un autre de leur carrière, participer à des activités autres que la recherche publique à plein temps. Cela peut-être, par exemple, la recherche en entreprise, la création de start-up, le management, l’enseignement"...).

    Nous sommes vraiment à la croisée des chemins maintenant :

    L’apparition d’instituts à l’INSERM (et leur extension probable au CNRS), qui auront leurs budgets, leurs thématiques finalisées, leurs recrutements, signe la mise à mal de la recherche fondamentale et la disparition des EPST comme opérateurs de recherche.

    Chacun doit se pénétrer de la gravité de la situation et s’interroger pour savoir s’il veut laisser passivement s’instaurer un système de recherche contraire aux intérêts de la majorité ou au contraire essayer de l’empêcher (résister). Les plus jeunes doivent avoir devant eux la perspective d’un système de recherche attractif, à dimension humaine, où ils peuvent sentir qu’ils ont leur place. Ce n’est pas ce système qui se met en place.
    Jusqu’ici, la communauté n’a clairement pas assez résisté aux attaques gouvernementales.
    Des initiatives récentes (par exemple réunion des DU du 4 mars) indiquent un frémissement. Il est urgent de se mobiliser maintenant pour empêcher l’irrémédiable et d’imaginer des modalités de résistance à la hauteur de la gravité de la situation.

    Bernard Jacq, DR CNRS, membre CA SLR

  • Organisation de la recherche : bientôt la vente à la découpe.

    19 mars 2008

    Bravo a Alain pour cette analyse concise et pertinente du saccage de la recherche que sont en train de mettre en place Sarkosy et son gouvernement. Il est plus que temps de reagir massivement, de mobiliser tous nos collegues, et d’alerter l’opinion publique ! Jusqu’ici, la mobilisation n’a pas bien marche, pour differentes raisons. Je crois que l’une de ces principales raisons tient au cote ’corporatiste’ de nos analyses et de nos reactions. Or, si nous ne depassons pas ce stade ’corporatiste’, aussi legitime soit-il, jamais nous ne pourrons resiter aux projets du gouvernement, nous sommes trop peu nombreux. Par consequent, je considere (avec bcp d’autres) urgent et prioritaire que la mobilisation des personnels de la recherche et de l’enseignement superieur ne reste plus confinee et soit des maintenant le plus possible coordonnee avec celle, actuelle, des enseignants du secondaire et d’autres secteurs (culture, magistrature, etc.). Ceci, afin de pouvoir demontrer a l’opinion publique que les problemes que soulevent les projets du gouvernement pour la Recherche et l’Enseignement Superieur relevent de la meme approche ideologique et autoritaire qui frappe les autres secteurs et acteurs de la societe francaise. Ce n’est qu’a cette condition que nous reussirons a mobiliser tout le monde, a gagner le soutien de l’opinion publique et, esperons-le (pourquoi ne pas essayer ?), a faire reculer le gouvernement !