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réactions à l'article «Chronique des ravages annoncés de la "modernisation" universitaire en Europe»

  • Chronique des ravages annoncés de la "modernisation" universitaire en Europe

    12 mai 2008, par Jean-Claude

    Analyse tres interessante. Je me pose quelques questions. J’espere que quelqu’un y repondra.

    En quoi le fait que l’elite des chercheurs soit titulaire d’un poste et les moins bons sous contrats precaires est-il choquants ?
    C’est la loi de la concurrence qui tire faire le haut.

    En quoi le fait d’augmenter les droits d’inscription est-il choquant si le service rendu aux etudiants est meilleur ?

    2 recompenses internationales (1 Nobel,une medaille Fields) ca ne fait pas lourd pour un systeme parait-il excellent, non ? Comparer a la GB ou aux USA.

    J’ai verifie le nombre de postes fournis dans mon domaine : le meme -1 que celui de l’annee derniere. Comment pouvez vous dire que la recherche est sacrifiee en France puisque tous les departs a la retraite sont remplaces ?

    Le seul probleme que je vois est le credit d’impots pour les entreprises. Tout le monde reconnait que son attribution doit etre revu. Seules les grandes entreprises en profitent, alors que pour tirer l’economie, ce devrait etre les PME-PMI qui devraient en etre beneficaire car les plus necessiteuses, et les plus porteuses d’emploi.

    Voici mes quelques reflexions.

    Merci de m’apporter vos eclairages

    Jean-Claude

    • Réponse à "Jean-Claude"

      15 mai 2008, par Alain Trautmann

      En quoi le fait que l’elite des chercheurs soit titulaire d’un poste et les moins bons sous contrats precaires est-il choquants ? C’est la loi de la concurrence qui tire vers le haut.

      Une petite "élite" de titulaires faisant travailler une masse de post-docs en CDD, c’est un système qui peut marcher si les CDDs en question ont de bonnes perspectives d’embauche, parce qu’il y a de l’embauche dans le public ou le privé, lorsque le doctorat a une valeur reconnue et qu’existe une recherche privée forte et qui embauche. L’ensemble de ces conditions sont à peu près réunies aux USA, mais pas en France, ni dans la majeure partie de l’Europe. Indépendammment de ce que l’on peut penser sur une société coupée en deux, avec une masse croissante d’exclus, c’est simplement un modèle qui ne marchera pas en France : les étudiants ne sont pas fous, ils se détourneront d’un système de recherche sans perspective d’emploi sérieux, et feront autre chose de plus raisonnable.

      En quoi le fait d’augmenter les droits d’inscription est-il choquant si le service rendu aux etudiants est meilleur ?

      Le système universitaire actuel sert largement, dans les faits, à la reproduction d’une élite sociale. On pourrait attendre d’une réforme de ce système sa démocratisation, cad une augmentation de la part encore beaucoup trop faible d’étudiants venant de milieux défavorisés. Les évolutions récentes vont à l’encontre de cette attente. Des droits d’inscription élevés font partie d’un ensemble de mesures anti-démocratisation. Dans les faits, ils ne sont jamais compensés correctement par des bourses (en voie de suppression dans de nombreux pays) ni par un système d’emprunts à taux préférentiel, dans lesquels beaucoup craignent de s’engager. Pourquoi faudrait-il considérer comme normal qu’un Etat décide que la connaissance, l’enseignement, la recherche, sont des priorités nationales, mais qu’il ne souhaite pas augmenter fortement ses investissements dans ces domaines ?

      2 recompenses internationales (1 Nobel,une medaille Fields) ca ne fait pas lourd pour un systeme parait-il excellent, non ? Comparer a la GB ou aux USA.

      Je n’ai pas de bonne réponse à cette question. Les systèmes de recherche en France et en Allemagne ont beaucoup de caractéristiques communes (sous-financement, existence d’organismes de recherche en dehors des universités, administration tatillonne, etc…). Dans de nombreux domaines, le nombre de publications dans les meilleurs journaux est très comparable pour ces deux pays, ce qui indique que les niveaux de qualité de la recherche sont très proches dans les deux pays. Et pourtant, depuis 1985, l’Institut Max Planck a obtenu 9 prix Nobel (2e au monde, derrière le MIT avec12prix Nobel), très loin devant la France. Comment des recherches que je crois de niveau comparable aboutissent à de telles différences en terme de prix Nobel ? Il y a là qq chose que je ne comprends pas. Si qq a une explication à ce phénomène, cela m’intéresserait de la lire.

      J’ai verifie le nombre de postes fournis dans mon domaine : le meme -1 que celui de l’annee derniere. Comment pouvez vous dire que la recherche est sacrifiee en France puisque tous les departs a la retraite sont remplaces ?
      Le nombre de postes créés est le résultat d’un rapport de forces (voir les suppressions de postes décidées en 2003, qui se sont transformées en créations en 2004). Il n’y a aucun doute sur la volonté gouvernementale de réduire le nombre de postes dans la fonction publique, y compris l’enseignement supérieur et la recherche, alors qu’il serait indispensable de l’augmenter. Vous avez raison de dire que la recherche n’est pas encore sacrifiée, mais le chemin qui est pris est bien celui du sacrifice de secteurs entiers de la recherche. Doit-on attendre que qq chose de difficilement réversible soit accompli pour le dénoncer ?

      Le seul probleme que je vois est le credit d’impots pour les entreprises. Tout le monde reconnait que son attribution doit etre revu. Seules les grandes entreprises en profitent, alors que pour tirer l’economie, ce devrait etre les PME-PMI qui devraient en etre beneficaire car les plus necessiteuses, et les plus porteuses d’emploi.
      Le CIR représente une grande partie de l’effort annoncé par le gvt en facveur de la recherche. La réforme récente du CIR montre que, par rapport aux objectifs affichés, ce CIR est devenue une véritable escroquerie. Pour plus de détails, voir Le Crédit Impôt-Recherche, mesure pertinente ou véritable escroquerie ?