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Accueil / Actualités / Une première victoire

réactions à l'article «Une première victoire»

  • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

    21 juin 2008, par Igor babou

    Que cette proposition de grève administrative n’ait pas été faite lors de la contestation de la LRU par les universitaire montre bien à quel point SLR reste pris dans une pensée étroitement corporatiste. Même si SLR affiche dorénavant, plus qu’en 2003 il est vrai, une solidarité de façade avec les universitaires, force est de constater qu’on a vu bien peu de chercheurs CNRS se mobiliser dans les AG anti-LRU, et encore moins prendre la parole pour soutenir les étudiants. Dans mon établissement, en tout cas, pratiquement aucun chercheur CNRS n’est venu nous aider à lutter contre la LRU, alors qu’on voit aujourd’hui circuler des textes émanant de ces mêmes chercheurs qui n’ont pas jugé utile de se mobiliser à l’époque : résistants de la dernière heure...

    En ce qui me concerne, cette "victoire" sur le front de la recherche signe la fin de mon adhésion à SLR.

    Cordialement.

    • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

      21 juin 2008, par Emmanuel Saint-James

      La question de la grève administrative a été plusieurs fois abordée sur la liste SLR-débats, en particulier par vous-même. Je vous cite :

      http://www.sauvonslarecherche.fr/sp...
      http://www.sauvonslarecherche.fr/sp... (désolé de
      m’auto-citer, mais c’est mieux que de s’auto-flageller)
      http://www.sauvonslarecherche.fr/sp... (idem)
      Certains commentaires, qu’il s’agirait d’exploiter, sont également
      intéressants :
      http://www.sauvonslarecherche.fr/sp...
      http://www.sauvonslarecherche.fr/sp...

      Enfin, le site de Sauvons l’université a repris plusieurs de ces
      propositions.

      MAIS : aucune de ces propositions n’a jamais fait l’objet d’un appel
      formel ni de SLR, ni de SLU. Comme toute forme de résistance passive,
      ces propositions d’action ne peuvent être efficaces que si elles sont
      appuyées par des collectifs légitimes et menées par un grand nombre de
      personnes à la fois. Et là, on n’a vu ni SLR ni SLU soutenir réellement
      ces propositions, qui n’ont pas été votées en AG, mais sont simplement
      resté... des propositions.

      Vous étiez bien conscient hier que
      SLU et SLR avaient la même position sur ce point. Interpréter la position de SLR aujourd’hui comme du corporatisme est donc réécrire l’histoire. Je crois plutôt que le milieu scientifique est, contrairement à ce que certains voudraient faire croire, désireux de réformes, et beaucoup à l’époque de la LRU pensaient : n’importe quelle réforme plutôt que le statut quo. Maintenant que les pièces du puzzle gouvernemental commencent à s’assembler, la communauté prend conscience du piège qu’on lui tend. Dommage de vous voir partir à un moment où le slogan anti-LRU une autre réforme est possible gagne sa première bataille.

      • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

        24 juin 2008, par Igor Babou

        Certes, mais SLR n’a pas soutenu les demandes de grève administratives et n’a jamais pesé auprès des labos pour que, durant la lutte contre la LRU, il y ait effectivement des actions de ce type. Aujourd’hui on entend parler de 300 patrons de labos s’engageant à démissionner pour sauver le CNRS : ils étaient où, quand les CRS chargeaient les étudiants ? Alors : assez d’hypocrisie. Rebaptisez SLR en "Sauvez Mon Labo", ou "Club des Mandarins de l’INSERM et du CNRS", ça sera plus en phase avec la réalité !

        Enfin, je ne crois pas qu’une "autre réforme" soit possible : toute réforme issue du gouvernement de l’autre nabot ne peut qu’être nocive et aller à l’encontre des valeurs humanistes. Il me paraît donc idiot de vouloir négocier avec ce ministère au comportement totalitaire, or c’est ce que présuppose ce slogan de "une autre réforme est possible". C’est comme si on disait, en Afrique du Sud à l’époque de l’emprisonnement de Mandela, "un autre apartheid est possible", ou, autre analogie, "un autre génocide est possible" en parlant du Rwanda. C’est simplement idiot. SLR se comporte de la même manière que les syndicats, avec cette obsession de la négociation, du discours "responsable", "modéré", sans même avoir le peu de représentativité des syndicats : quel intérêt ? Quand on vous balance des bombes sur la figure, avec l’intention de vous détruire, celui qui prend sa plume pour riposter en argumentant n’est qu’un bouffon ridicule.

        Quant à SLU, là non plus je ne vois pas le moindre résultat concret. Mais c’est une autre affaire : la lâcheté et la servilité universitaires étant, en gros, au même niveau que celle des chercheurs, on ne voit pas ce qui aurait pu constituer une masse critique face à la haine libérale et néo-conservatrice pour l’université.

        Je quitte donc toute forme d’action au sein de l’université et de la recherche, car cela n’a plus aucun sens dans la mesure où il n’y a plus rien à préserver aujourd’hui ni à l’université, ni dans la recherche : tout à été gaché par notre propre lâcheté, nos compromissions, par notre absence totale de clairvoyance tactique, notre manque d’imagination, et nos corporatismes mesquins. Pour un peu, je dirais que la recherche et l’université méritent ce qui leur arrive...

        Et je suis très en colère. Très...

        • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

          1er juillet 2008, par Henni

          Bonjour,

          je suis d’accord avec Igor Babou et en particulier avec ce qu’il dit à la fin du second paragraphe de la présente contribution : l’expérience de ces dernières années montre que, même s’ils feignent d’encourager parfois la concertation, la discussion, nos gouvernements ne négocient rien. Leurs soi-disant "reculs" qu’ici on ose appeler "victoire" me semblent faire partie d’une stratégie assez fine consistant à 1/ céder (pour un temps) sur des points secondaires, 2/ "reculer" sur les points importants... pour mieux sauter !

          Je pourrais disserter sur le sujet longtemps, mais regardons les faits concrets : en 2004, il y a eu un grand mouvement de protestation dont un point crucial était la "reprogrammation" des fameux 550 CDD en postes statutaires sous le prétexte que l’on ne saurait précariser à outrance les acteurs de la recherche. Le gouvernement de l’époque a cédé pour mieux faire passer ensuite l’ANR avec ses 70% de projets pilotes, véritable cheval de Troie pour la promotion de la recherche sur projet court dans les labos. Ceux qui s’offusquaient de la précarisation sont pour beaucoup associés à une ANR aujourd’hui ; ANR qui fait maintenant partie intégrante du paysage de recherche français. En outre, contrairement à ce qui se pratique dans les pays anglosaxons qui accordent une très large part aux projets blancs, en France un chercheur non-permanent ne peut demander son propre financement !

          En ce qui concerne l’enseignement, on transforme le 1er cycle supérieur en une continuation batarde de l’enseignement secondaire. A quand la récré à la fac pour que les étudiants se reposent après 2 heures de cours ? La conséquence est que les matières enseignées et les examens universitaires ne sont plus que le pale reflet de ce qu’ils étaient. Les gouvernants actuels veulent transformer les facultés en BTS avec sélection accrue à l’entrée, contrôle continu et abolition de la session de septembre. Les enseignants chercheurs n’ont pas vraiment râlé quand on les a mis à 192 heures équivalent TD il y a bientôt 25 ans et quand on a logiquement conditionné le recrutement au nombre d’étudiants inscrits, avec de telles charges d’enseignements. Pourquoi donc ne pas pervetir maintenant un peu plus les missions de l’Université ?

          Les chercheurs et enseignants chercheurs ont avalé un tas de couleuvres au cours des décennies, et on voudrait faire croire qu’avec des discours softs et mesurés on va maintenant faire changer de cap une équipe de gouvernants représentant la droite bien dure, la réaction, qui sait brillament faire passer ses régressions sociales pour du réformisme moderne ! Les acquis sociaux ont toujours été acquis de haute lutte et à y regarder de plus près, les réactionnaires ont toujours acquis leurs régressions de haute lutte ! Les chercheurs sont divisés sur un tas de problèmes, l’opinion publique est à des années lumières des subtilités du fonctionnement de la recherche, on ne peut qu’être pessimiste quand on constate que des gens de premier plan comme ceux à la tête de SLR, manquent de combativité et que leurs efforts soient parfois non seulement mal perçus, mais complètement inutiles.

          Cordialement,

          Henni

          • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

            1er juillet 2008, par Emmanuel Saint-James

            Et un message comme celui-ci est-il la marque d’une grande combativité ? A-t-il plus d’utilité que l’inutilité qu’il dénonce ? Le piège tendu par des politiques particulièrement habiles à diviser leur opposition était difficile à contrer. SLR a fait peut-être une erreur, mais quand on prétend se battre pour la science, on a vis-à-vis des erreurs une attitude beaucoup plus positive que la vôtre.

            • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

              2 juillet 2008

              Bonsoir Mr Saint-James,

              j’ai soutenu ma these de doctorat il y a plus de 6 ans. J’ai eu des ennuis de sante serieux, des circonstances personnelles difficiles, mais j’ai bosse dur, tres dur ces dernieres annees au point de sacrifier ma vie de famille en travaillant ces deux dernieres annees a 650 km du lieu de residence de ma femme et de mes jeunes enfants. J’ai subi et je subis toujours la tyrannie de vraies pourritures que sont les mandarins des labos. Ma femme, jeune postdoc, s’est faite traitee comme une moins que rien dans son labo quand seule elle a du faire face a la coqueluche d’un de nos enfants qui l’a retenue quelques jours eloignee de son ordinateur. Le financement du projet de recherche qu’elle a elle-meme initie s’etant arrete brutalement, elle bosse gratos pour son labo et nous avons finance en grande partie les quelques conferences auxquelles elle devait assister. En resume, nous avons, comme l’ensemble des precaires, une vie professionnelle de merde qui n’est pas sans consequence sur notre vie de famille. Le metier de chercheur est difficile et exigeant, et nous comme l’aimons passionnement nous nous battons tous les jours pour ne pas craquer contre la stupidite et la mechancete gratuite de certains de nos collegues. En tant que precaire, soit on avale des couleuvres, soit on demissionne et on met sa carriere en danger. Des concours, j’en ai passe pas mal. J’ai ete auditionne et classe un certain nombre de fois, mais je trouve toujours frustrant de savoir que les des decisions sont prises bien en amont, comme par exemple dans mon groupe actuel ou le chef a decide que son thesard aurait le poste : le concours etait une vraie mascarade (a laquelle je n’ai pas participe) mais l’Etat francais recrute maintenant un fonctionnaire sur la base d’un concours bidon car c’est le fait du prince local. Mon medecin de famille a meme fini par me prescrire des antidepresseurs !

              De l’energie j’en avais a revendre il y a quelques annees, mais vous comprendrez qu’a la longue, a force de me prendre des coups venant du monde de la recherche meme, ma combativite diminue de facon substantielle quand il s’agit de me battre pour le systeme actuel. Ma perception du mouvement SLR a change aussi : il y a 4 ans, j’etais impressionne ; maintenant je trouve que ce mouvement manque d’eclat et federe de moins en moins au sein de la communaute des chercheurs. Je ne doute pas que les membres de SLR et ses dirigeants consacrent du temps et de l’energie a faire du systeme francais un meilleur systeme, mais je rejoins l’analyse de Igor Babou quand il dit que les pseudo-negociations avec notre gouvernement se font en pure perte car ce dernier n’a fondamentalement que faire de vos positions aussi bonnes soient-elles.

              L’energie que je mettrais dans ma combativite pour la defense du systeme de recherche francais si j’avais le confort d’un poste permanent, je l’investi dans les efforts que je consens a pratiquer mon metier dans des conditions minables pour un salaire somme toute derisoire. Comme je l’ai deja dit ailleurs, en tant que precaire, ce que j’ai l’impression de voir dans les yeux de certains collegues permanents lors de situations de tension au sein du groupe quand le big boss met la pression au precaire que je suis, c’est ce sentiment de satisfaction un peu coupable de ne pas etre a ma place, si bien decrit par les fameux vers de Lucrece commencant par "suave mari magno...".

              Cordialement,

              Henni

              • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

                2 juillet 2008, par Emmanuel Saint-James

                Merci de votre témoignage, qui devrait faire réfléchir beaucoup d’entre nous. Il est évident que dans votre situation il est prioritaire de sortir de la précarité, et que c’est d’abord aux membres de votre labo de mener le combat contre la politique actuelle.

                Je reviens sur un point de votre précédent message. La décision de renoncer au blocage du CA du CNRS a peut-être été une erreur, mais n’est pas due à
                un manque de combativité. SLR est encore souvent accusée d’être un groupe de mandarins du CNRS défendant leurs privilèges ; partant, dans la mesure où une victoire, aussi petite et temporaire soit-elle, était obtenue en ce qui concerne le CNRS, il nous a semblé qu’il serait contre-productif de dépenser encore de l’énergie dans un positionnement maximaliste sur le seul CNRS, et qu’il fallait préparer des actions sur d’autres fronts, en particulier (je ne dis pas ça rétrospectivement, regardez les mails sur SLR-débats) la question des précaires. Que justement quelqu’un comme vous y voit un renoncement est évidemment mauvais signe, nous allons en tenir compte au maximum.

                Bien à vous.

        • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

          1er juillet 2008, par Emmanuel Saint-James

          Ce qui m’apparaît comme un corporatisme mesquin quant à moi, c’est de quitter toute forme d’action au sein de l’université et de la recherche quand on est bien au chaud sur un poste de statutaire dans une université. Lisez donc sur ce site ou d’autres le ressentiment des docteurs précaires à l’encontre de statutaires comme nous : déjà qu’ils peinent a voir la différence entre les mandarins qu’ils subissent dans certaines commissions de recrutement très critiquables, et les membres de SLR qui, au moins, dénoncent la politique actuelle, ils ne verront aucune différence entre vous si vous ne faites plus rien et ceux que vous dénoncez. Libre à vous de laisser faire cet amalgame.

          • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

            6 juillet 2008

            Si vous preniez la peine de consulter le site de Mr Babou vous verriez qu’il fait autre chose que "rester bien au chaud sur un poste de statutaire dans une université".

            Il propose un espace d’expression ce qui n’est pas le cas de SLR.
            Je sais c’est pas le but de SLR mais dans ce cas a quoi bon publier des commentaires et y répondre ?

            CC

            • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

              6 juillet 2008, par Emmanuel Saint-James

              M. Babou écrit lui-même qu’il quitte toute forme d’action au sein de l’université et de la recherche ; si finalement il s’active en direction des précaires de la recherche scientifique, c’est une bonne nouvelle mais pourquoi a-t-il alors éprouvé le besoin de se déclarer plus égoïste qu’il ne l’est ?

              La suite de votre message me laisse perplexe. Chaque article de ce site possède un forum de discussion ; les mandarins dont sont victimes les précaires ne peuvent en dire autant : le site de la Conférence des Présidents d’Université n’en a pas, et la plupart de ceux qui sont à des postes clés se gardent bien, c’est encore plus simple, d’avoir un site. Le rôle de ces forums est de confronter les points de vue, et partant de trouver en commun des solutions qui règlent l’ensemble des problèmes qui affectent le monde de la recherche scientifique. Je ne comprends donc pas votre assertion qui semble dire qu’un espace de débat est moins important qu’un espace d’expression.
              Nous pourrions publier tous les messages qui nous parviennent sans même les lire, estimeriez-vous qu’ainsi on vous rendrait plus service qu’en essayant de nouer un véritable dialogue ?

              • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

                6 juillet 2008

                Ce qui me rendrait service ce serait que SLR comprenne qu’aucun combat ne sera gangné pour la recherche sans le concours des précaires du savoir en particulier mais surtout des précaires en général.
                Ce qui permettrait de clarifier les choses serait une déclaration de SLR dénonçant clairement les conditions d’exercices inacceptable de la recherche découlant sur la cessation logiques des activités de recherche et d’enseignement...
                SLR pourrais placer en tête de ses revendications les points suivants produit ici

                Le boycott de l’ANR et de l’AERES, l’abandon de TOUTE fonction administrative, la grève des enseignements, des diplômes, oui même la sacro-sainte recherche, les publications, les revues, comme ça ils (les chercheurs) auront le temps de militer, ce sera même bien vu.. jusqu’à obtention des revendications suivantes...

                — La publication de la carte des précaires des labos et fac françaises, les outils existent, les témoins ne manquent pas, par contre ils ont peur...

                — L’interdiction des postes précaires

                — L’interdiction des postes précaires (mieux vaut deux fois qu’une).

                — La titularisation massive sur dossier des chercheurs déjà surqualifiés.

                — L’ouverture massive de postes

                — La fin des "libéralités" remplacées en postes
                (travail au noir, sans droit appelé bourse pour les doctorants et post-doctorants).

                — La proposition d’un mode de recrutement interdisant le localisme.

                — L’abrogation du décret de la honte.

                — La fin du CNU.

                — La limitation du nombre de doctorants par directeur de recherche

                — la reconnaissance des années de thèse pour le calcul de la retraite

                Voilà pour mon/notre expression...

                CC

                • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

                  7 juillet 2008, par Emmanuel Saint-James

                  Il y a en effet matière à dialogue !

                  Il est évident que SLR est convaincu que les précaires sont essentiels au combat pour la défense de la recherche, tout simplement parce qu’ils en sont l’avenir.
                  Une des revendications de SLR a d’ailleurs toujours été les perspectives de carrière des jeunes. Il faudrait comprendre pourquoi cette évidence est aussi mal perçue.

                  En ce qui concerne le boycott de l’ANR et de l’AERES,
                  personnellement je l’applique depuis leurs créations, et n’ai jamais cherché à accéder à des postes à responsabilité dans la recherche vu ce à quoi on est contrait dans ces postes, notamment en ce qui concerne les précaires. Que toute la communauté adopte cette attitude est un souhait de SLR depuis longtemps, Mais il serait suicidaire de lancer un tel appel si l’on n’est pas sûr qu’un minimum de collègues y participe. Les convaincre est un travail de longue haleine dont on espère qu’il finira par porter ses fruits.

                  Je trouve en revanche contre-productif vos propositions de grève des enseignements et de la recherche. D’une manière générale, la grève dans la fonction publique est une arme très difficile à manier car, contrairement au monde de l’entreprise, on gêne peu son employeur et beaucoup les usagers. Avec un gouvernement qui souhaite clairement une privatisation de tous les services publics, cela me parait clairement la chose à ne pas faire. Vous reprochez à vos aînés de ne pas prendre en compte votre avis, avez-vous demandé le leur à vos cadets encore étudiants sur ce point ? J’en doute.

                  Je suis surpris par ailleurs de votre ressentiment envers le CNU, qui est beaucoup moins suspect de céder au localisme que vous dénoncez à juste titre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la LRU lui a retiré de fait beaucoup de ses prérogatives. Vos propositions sur ces points sont d’un flou extrêmement dangereux : le système actuel de recrutement est insatisfaisant, nous en sommes
                  d’accord, mais avant de le supprimer il faut être sur d’en avoir un meilleur, et vous n’en proposez aucun !

                  Enfin, toutes vos autres propositions ont un coût budgétaire important pour le pays. Je suis le premier à penser qu’il s’agit d’un investissement indispensable (ça fait plus d’un an que je le dis, voir Autonomie des universités : la démission des audacieux où je propose
                  qu’il soit exclus dans le calcul des critères de Maastricht).
                  Cela implique des choix fiscaux impopulaires, comment allez-vous les faire accepter ?

                  • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

                    7 juillet 2008

                    Il y a en effet matière à dialogue !

                    Voici quelques réponses à vos remarques

                    Il est évident que SLR est convaincu que les précaires sont essentiels au combat pour la défense de la recherche, tout simplement parce qu’ils en sont l’avenir. Une des revendications de SLR a d’ailleurs toujours été les perspectives de carrière des jeunes. Il faudrait comprendre pourquoi cette évidence est aussi mal perçue.

                    Peut être parce que certains des "jeunes" ont dix ans et plus de précarité dans le système et qu’ils se sentent instrumentalisés puis oubliés puis rappelés, puis envoyés à l’étranger... quand le vent des financements tourne...


                    "Si demain le CNRS n’est pas démantelé, l’université n’est pas privatisée, que l’enseignement secondaire et primaire sont restaurés, en somme que les engagements régaliens de l’états sont pérennisés et respectés, pensez-vous que les titulaires resteront mobilisés pour nous ? Non, car une partie de nos intérêts divergent, beaucoup de titulaires dépendent du travail gratuit des précaires, beaucoup de précaires connaissent les "petits arrangements" de leurs patrons titulaires. "

                    En ce qui concerne le boycott de l’ANR et de l’AERES, personnellement je l’applique depuis leurs créations, et n’ai jamais cherché à accéder à des postes à responsabilité dans la recherche vu ce à quoi on est contrait dans ces postes, notamment en ce qui concerne les précaires. Que toute la communauté adopte cette attitude est un souhait de SLR depuis longtemps, Mais il serait suicidaire de lancer un tel appel si l’on n’est pas sûr qu’un minimum de collègues y participe. Les convaincre est un travail de longue haleine dont on espère qu’il finira par porter ses fruits.

                    morceaux choisis...

                    Ce qui a mal tourné...

                    Ils ont oublié le principe travail égal salaire égal... Nous le vivons tous les jours, eux aussi mais pas du même côté du manche...

                    Aussi, ils ne doivent pas s’étonner qu’on les égratigne, devant notre mollesse à les soutenir... La précarité chatouille leurs doigts de pieds, alors il faut qu’on se mouille pour eux...

                    Nous attendons de VRAIES actions de la part de ceux qui prétendent se soucier de nous. Que personne ne puisse dire qu’il ignorait ce qui se passe dans son labo.

                    Comme je l’ai deja dit ailleurs, en tant que precaire, ce que j’ai l’impression de voir dans les yeux de certains collegues permanents lors de situations de tension au sein du groupe quand le big boss met la pression au precaire que je suis, c’est ce sentiment de satisfaction un peu coupable de ne pas etre a ma place, si bien decrit par les fameux vers de Lucrece commencant par "suave mari magno...".

                    Je trouve en revanche contre-productif vos propositions de grève des enseignements et de la recherche. D’une manière générale, la grève dans la fonction publique est une arme très difficile à manier car, contrairement au monde de l’entreprise, on gêne peu son employeur et beaucoup les usagers. Avec un gouvernement qui souhaite clairement une privatisation de tous les services publics, cela me parait clairement la chose à ne pas faire. Vous reprochez à vos aînés de ne pas prendre en compte votre avis, avez-vous demandé le leur à vos cadets encore étudiants sur ce point ? J’en doute.


                    Alors je vous pose la question si vous ne faite pas cela que pourrons nous faire, nous précaires ? On a quelques idées mais mouillez vous pour nous défendre quant les mandarins nous tomberons dessus, discrètement au détour feutré d’une commission quelconque, c’est bien beau les déclarations mais avec un RMI c’est plus la même chose...
                    J’attire aussi votre attention, si vous faite cours et que vous ne rendez pas vos notes que se passera t’il ?
                    plus de diplômes, plus de juristes, plus de bac, si vous arrêtez les expertises et la publication des revues ?

                    En ce qui concerne les étudiants "cadets" je pense que je les comprends bien mieux que vous car je partage la condition de la plupart d’entre eux... Que pensez vous qu’ils se disent avec des diplômes qui ne valent rien tant ils sont "inadaptés" au monde du travail... Il faut commencer par briser certains taboo, ce n’est pas aux humains de s’adapter, le chaumage technologique c’est une chance pas une malédiction, les études "inutiles" aussi... La pauvreté est organisée structurellement et idéologiquement, le pays est (nos pays sont) riche(s)... Rappelez vous du CNR et de la France en ruine de 1947...

                    Qui est responsable des perturbation du service publique, ces gouvernements au service des oligarques qui assèchent puis coulent les services publiques au nom du profit ou ceux qui essaient de les sauvegarder pour le futur... Que direz vous que vous avez fait quant on a détruit la recherche française (et la secu, et l’énergie, les transports, la culture, l’éducation, le logement, la retraite...) , des pétitions ?

                    Je suis surpris par ailleurs de votre ressentiment envers le CNU, qui est beaucoup moins suspect de céder au localisme que vous dénoncez à juste titre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la LRU lui a retiré de fait beaucoup de ses prérogatives. Vos propositions sur ces points sont d’un flou extrêmement dangereux : le système actuel de recrutement est insatisfaisant, nous en sommes d’accord, mais avant de le supprimer il faut être sur d’en avoir un meilleur, et vous n’en proposez aucun !

                    Chacun a le CNU qu’il peux, en ce qui me concerne le mien correspond à ceci
                    Enfin je ne suis pas sur que cette exception française soit à conserver...

                    Enfin, toutes vos autres propositions ont un coût budgétaire important pour le pays. Je suis le premier à penser qu’il s’agit d’un investissement indispensable (ça fait plus d’un an que je le dis, voir Autonomie des universités : la démission des audacieux où je propose qu’il soit exclus dans le calcul des critères de Maastricht). Cela implique des choix fiscaux impopulaires, comment allez-vous les faire accepter ?

                    En commençant par les énoncer, si on en parle pas cela ne risque pas d’arriver. Il est un moment ou il faut dire les choses, oui une société égalitaire ça coute plus d’argent aux riches qu’une société inégalitaire, en échange il s’y produit moins de bains de sang.... Ne peut on sortire des critères de Maastricht, SLR peut aussi porter cette revendication au cœur des problèmes qui nous amène ici

                    Alors aujourd’hui les précaires du savoir ont une alternative - se battre pour une place dans un bunker qui prend l’eau de toute part, ça s’appelle la "sécurité de l’emploi", et c’est une vaste fumisterie , en tout cas les emplois proposés auront de moins en moins à voir avec le savoir et la recherche. - ou défoncer les murs et réaliser que personne ne pourra gagner seul. Le savoir est une arme, faites en profiter les précaires...

                    Pourtant les conditions d’exercice se dégradent de jour en jour et pour tout le monde... Même si les précaires du savoir le sentent davantage que les titutlaires, "l’activité scientifique" concerne de moins en moins les sciences et de plus en plus les rapports d’activités perpétuels et la gestion de la pénurie organisée politiquement. Mais jusqu’à quel point ??????

                    Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer." (Guillaume d’Orange)

                    CC
                    Avrel.

                    • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

                      8 juillet 2008, par Emmanuel Saint-James

                      Je publie votre message bien que je déplore que votre conception du dialogue consiste à recopier des citations qui ne répondent qu’approximativement aux questions posées. Pour résumer celles-ci : croyez-vous que des actions radicales d’un nombre de personnes inférieur au seuil provoquant l’intérêt des médias et l’inquiétude du gouvernement soient plus efficaces que des actions un peu moins radicales d’un nombre de gens suffisant pour atteindre ce seuil ? Moi non, et c’est pourquoi je trouve en particulier qu’attaquer le CNU au lieu d’en faire votre allié est contre-productif. Le seul fait que l’exploitation des précaires de la recherche soit un phénomène international suffit à montrer que vous vous trompez de cible.
                      Les gouvernements ont toujours eu recours au diviser pour régner, en particulier en opposant jeunes et vieux. Je regrette que votre génération n’ait pas redécouvert un des slogans de la mienne : on n’est pas contre les vieux, on est contre ce qui les fait vieillir .

                      • Une première victoire (à la Pyrrhus...)

                        8 juillet 2008

                        Bonjour,

                        cela devient illisible ! On arrive a un mot par colonne. Si quelqu’un peut y remedier en ne repondant pas directement mais en ecrivant sa prochaine contribution sans en faire une "reponse a". Merci.

                        Cordialement,

                        Henni

  • Une première victoire

    20 juin 2008, par Julien Brossard

    Vidéos réalisées lors de la journée du 19 juin 2008 (Paris, Toulouse ...)