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réactions à l'article «Un CA du CNRS aura lieu mardi 1er Juillet»

  • Un CA du CNRS aura lieu mardi 1er Juillet

    29 juin 2008

    Nous venons de recevoir le communiqué de la C3N évoqué dans le petit article de Bernard, communiqué que je reproduis ici. Qques commentaires à la suite sur ce communiqué pour le moins étonnant.

    ************

    Recommandations du C3N du 28/06/08

    Le C3N (bureau du CS du CNRS, bureau de la CPCN, Présidents des CSD) évalue de manière positive les engagements pris par Mme la Ministre de la Recherche dans sa lettre datée du 27 juin 2008 ci jointe, qui rappelle le caractère généraliste et pluridisciplinaire du CNRS et garantit son intégrité. Nous constatons que certaines des recommandations concernant la reforme du CNRS émises par la CPCN (30 avril), le CS-CNRS (14 mai et 10 juin) et les Présidents de CSD (13 juin) ont été prises en considération. Le C3N rappelle avec insistance que la réforme ne peut réussir sans une garantie sur les moyens financiers adéquats. Ceci suppose un rééquilibrage entre les moyens de l’ANR et ceux des autres acteurs de la recherche. L’autre condition capitale concerne des garanties sur une politique dynamique d’emploi scientifique statutaire. Le C3N réaffirme que dans le nouveau contexte, le Comite National doit garder un rôle essentiel au niveau de l’évaluation et de la prospective scientifique. Le C3N propose que la concertation de la communauté scientifique, réclamée et obtenue, soit engagée début septembre pour proposer des contours plus précis et des modalités de fonctionnement des instituts du CNRS.

    Au cas où les présentes recommandations et demandes de garanties ne seraient pas entendues, le C3N inviterait la communauté scientifique à des actions appropriées.

    Pour le C3N, Gilles Boëtsch (Président du CS du CNRS) et Yves Langevin
    (Président de la CPCN)

    *******

    Je rappelle que la C3N a rencontré la direction du CNRS hier matin, ce dont ce communiqué ne fait bizarrement pas état. Il devait s’agir d’une consultation sur la nouvelle mouture du trop fameux plan stratégique. Las, ce fameux texte est - sauf erreur - toujours dans les limbes, à exactement 39h du vote par le CA. La C3N se contente donc de commenter... la lettre de Bréchignac du 27 juin, qu’ils ont trouvé très bien. Ils ne font aucun commentaire sur l’absence de document écrit sur lequel ils auraient pu se prononcer, et sur le fait que le CS est appelé à donner son avis mardi, c’est à dire en même temps ou après le vote du CA, mais évoquent pourtant une "concertation réclamée et obtenue" ! Les vagues engagements de la ministres ne semblent néanmoins pas leur convenir totalement puisqu’ils finissent sur cette phrase, après avoir rappeler qques recommendations importantes : "Au cas où les présentes recommandations et demandes de garanties ne seraient pas entendues, le C3N inviterait la communauté scientifique à des actions appropriées."

    Georges

  • Pour un nouveau blocage du nouveau CA du CNRS

    29 juin 2008, par Eliane Daphy

    La ministre se moque de la communauté scientifique : plus de 12000 signataires du nouvel appel SLR, 546 médaillés inquiets, 474 directeurs d’unité, elle s’en fout, elle fera passer ses bulldozers.

    Jeudi 26 juin, une semaine après le blocage du CA du CNRS le 19 juin, la ministre recevait l’ensemble des organisations syndicales et des associations de l’enseignement supérieur et de la recherche. A grand renfort de sourires, elle affirmait à ses visiteurs qu’elle avait compris que ses projets et sa méthode avaient créé un climat de défiance. Pour y remédier, elle proposait de prendre le temps pour la concertation avec la communauté. La toujours souriante s’engageait à laisser les instances du CNRS décider de façon autonome du devenir de l’organisme. Victoire éclatante.

    Hier 27 juin, lendemain de sa pseudo-concertation avec les syndicats et les associations, dans Le Figaro, la ministre se glorifiait d’avoir le soutien officieux de nombreux chercheurs qui n’osaient contrer publiquement l’opposition des syndicats.

    Aujourd’hui samedi 28 juin, le CA du CNRS a été reconvoqué pour mardi 1er juillet à 8h, sans quorum exigé, alors que personne ne sait quel texte sera proposé au vote.

    Aujourd’hui samedi 28 juin
    au matin ont été réunis en urgence les membres de la C3N.

    Admirons la maitrise de l’artiste dans le rôle "diviser pour régner" : 1) les pauvres chercheurs réformistes qui ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent : coucou, revoilou la minorité silencieuse ; 2) la dénonciation du syndicalisme bloqué (entendre quelques fonctionnaires archaïques nantis défendant leurs privilèges) et de la minorité activiste (entendre ces manipulateurs de gauchistes).

    Heureusement, la communauté peut compter sur ses représentants pour bloquer la machine infernale : ils sauront être raisonnables, une fois de plus ils feront preuve de sagesse, et gentiment ils continueront à avaler couleuvres sur couleuvres. Bien enrobées dans une bonne sauce ("saucisson gout fumée"), servie avec des sourires et des promesses, c’est un plat délicieux, que les grands de notre monde ne se lassent pas d’apprécier.

    La direction du CNRS applique avec zèle. Les distingués membres de la C3N, représentants de la communauté, vont sans doute faire le dos rond, accepter de participer à la mascarade, collaborant ainsi à une nouvelle étape de la destruction. Prétextant l’importance des futurs combats à mener -plus tard, demain, à l’automne…- justifiant l’urgence d’attendre et de ne rien faire, ou agitant l’espoir des progrès probables d’un futur texte pour le moment inexistant.

    Qui sait, peut-être même qu’au nom de l’unité syndicale, les syndicats éviteront l’affrontement, et choisiront aussi d’être raisonnables.

    Pourtant, aucun élément nouveau lors de la rencontre avec la ministre, et la confirmation que rien ne sera au programme pour la recherche et l’enseignement supérieur, dans le domaine de l’emploi, des crédits, de l’autonomie. A part milieu juillet une nouvelle fournée de super campus d’excellence, sélectionnés parmi les projets parisiens.
    Et bien sûr, encore plus de crédits pour l’ANR, et de crédits impôts recherche pour les entreprises, pour le plus grand bonheur des actionnaires et des dirigeants des groupes industriels copains de notre président, parmi lesquels -merveilleux hasard- le papa de notre souriante, président de Telecom Bolloré-voyagiste-de-Sarkko (maritime, aérien).

    Quel désespoir si SLR n’est pas là pour appeler de nouveau au blocage du CA du CNRS. Pour amplifier la voix de ceux qui n’en veulent pas, de cette recherche et de cette université-là. Esclaves des pouvoirs politiques et des puissances économiques. Bien sûr, la souriante fera venir les forces de l’ordre pour protéger les gens raisonnables qui siègeront au CA… Bien sûr, une partie des collègues sera déjà en vacances… Est-ce une raison pour ne pas nous inviter de nouveau au CNRS, en occupant la rue, debout, assis, couchés s’il le faut ? Avec notre détermination, nos mégaphones, nos pancartes, nos banderoles et nos slogans. Qui est en mesure aujourd’hui de dire que la mobilisation du 19 était un feu de paille, que nous ne serions-nous pas mardi premier juillet encore plus nombreux dans la rue que le 19 juin ?