L’Association "Sauvons la Recherche" Groupes de travail Comités loc. et transv. Université de printemps 2011 EUROPE
Accès thématique Emploi et précarité Communiqués de SLR Actualités communiqués partenaires
Médiathèque Les archives Documentation revue de presse Tribunes et Contributions
accueil contact plan du site admin
caractères +caractères -
article
réactions

réactions à l'article «A la recherche ... du temps perdu»

  • > du temps pour chercher des sous ou l’avenir du commercial

    6 février 2004, par Jean ROBIN

    Il y a beaucoup de façons de perdre du temps pour un chercheur. Au premier rang se situe la recherche des moyens de travail donc de financements. L’action de ce site en fait partie et j’espère bien que cette lutte sera efficace. Pour un chercheur « en place » les moyens dispensés par l’état couvrent surtout des salaires (et encore, et lesquels !). Pour être efficace il faut du matériel (de pointe) et des consommables . Il faut donc réclamer des moyens à l’employeur et proposer des contrats à divers niveaux : régional, national, européen, public et privé. Nous y consacrons de plus en plus de temps pour un rendement parfois dérisoire, vu le coût du temps chercheur que nous y investissons. Ceci au détriment de l’activité pour laquelle nous avons été formé et qui correspond à notre vocation. Ce n’est pas le tout de préparer des dossiers avec une compétence et une approche scientifique en béton. Si on ne sait pas bien les vendre, nous vendre, c’est peine perdue.

    Un chercheur est formé pour chercher pas pour vendre. Il faut des compétences en communication (en anglais pour l’europe), en gestion (parfois bien complexe dans certains instituts). Nous perdons d’autant plus de temps avec des activités de ce type, qu’elles ne correspondent ni à nos aspirations ni à notre formation.

    Peut être faudrait-il recruter des chercheurs dans les écoles de commerce si l’activité purement scientifique de ce métier devient secondaire !

  • >Combien de temps pour rattraper le temps perdu ?

    31 janvier 2004, par e

    Pur produit de la fac (pas de prepa), ancien eleve de l’ENS , je viens de finir ma these en math appli, et je pars pour le Japon faire un post-doc de 2 ans. C’est un choix personnel et je ne revendique pas mon expatriation. Je suis donc fraichement sorti du systeme universitaire, et je tiens a reagir en tant qu’ "eventuel futur chercheur pret a prendre la releve des anciens". Je soutiens le mouvement de toutes mes faibles forces, mais je n’ai pas a demissionner de grand chose...

    Ma contribution au debat sera essentiellement une question (multiple) qui part d’un constat personnel qui m’amene a bien plus d’inquietude qu’un simple (?!) probleme d’argent dans la recherche. Bien evidemment les problemes budgetaires passes, presents (et futurs ?) ne font qu’exacerber le probleme, mais la cause du mal est certainement bien plus profonde.

    Je viens d’un domaine (les mathematiques) ou l’argent n’est pas indispensable au bonheur du labo : papier, stylo, bureau, ordinateur et, c’est parti, on peut travailler. J’ai effectue ma these en partie au CEA ou l’argent n’est pas le probleme majeur. Et pourtant... Le recrutement des jeunes thesards ne peut que me laisser reveur. Combien ne maitrisent pas leur recherche ? Combien n’y arriveront jamais ? Combien ont-ils ete pris comme thesards (et donc immanquablement comme futurs Docteurs) a defaut de meilleur candidat ? Oui, les filières universitaires scientifiques sont exangues, mais est-ce une bonne raison pour faire de l’anti-chambre (la these) du recrutement des futurs chercheurs un systeme qui ne serait plus elitiste. Ne voyez-vous pas que, dans la cacophonie ambiante, meme les meilleurs doivent se battre a bac+8 pour se faire recruter alors que toute evidence l’ecremage aurait du avoir lieu depuis longtemps. Arretons la demagogie, l’elitisme a sa place dans la recherche.

    Si le but est d’utiliser ces thesards pour faire un travail d’ingenieur de recherche, alors creons ces postes d’ingenieurs (mais pour ca il faut des sous). Ils y gagneront : ils seront mieux payés. Profitons-en au passage pour augmenter les bourses de these de ceux qui seront selectionnes pour devenir Docteur. Les bourses actuelles sont trop bien payees pour ceux (il y en a !) qui ne produisent rien pendant leurs trois, ou plus, annees de these, mais sont par contre scandaleusement reduites a la portion congrue pour ceux qui travaillent a marche forcee pour produire du neuf, et esperer un jour obtenir un poste. Dans l’etat actuel du systeme, ne faudrait-il pas reduire le nombre de thesards scientifiques pour rester un minimum credible quant a l’excellence de la recherche francaise ?

    Voici ma question : imaginons qu’un effort financier considerable soit fait pour la recherche francaise, que les problemes structurels des differents organismes de recherche soient regles de facon efficace, qu’un nombre de postes substanciel soit cree, alors, dans un tel monde idyllique, pourrait-on instantanément pourvoir ces postes par des jeunes scientifiques a la hauteur des ambitions de grandeur que tout le monde affiche ? Dans la négative, combien de temps faudrait-il pour remettre en marche la pompe formatrice des fututrs cerveaux, pour un renouvellement de generation, renouvellement des jeunes motives par la science et, aussi et surtout, au niveau de la tache qui les attend ?